À bout de course

Sidney Lumet

Avec
River Phoenix, Christine Lahti, Judd Hirsch

Drame US | Durée 01:55mn
Année de production : 1988
Titre original : Running on Empty | Couleur | Mono | 1.85


Synopsis

On pourrait croire un adolescent comme les autres, si ce n’était cette tension matérialisée par un discret ballet de voitures banalisées. Mais Dany sait quoi faire : passer par le jardin de la maison, embarquer son piano muet, son petit frère sous le bras, prévenir ses parents et reprendre la route. Dany a la fuite dans le sang : il est né dans une famille en cavale, poursuivie depuis 15 ans pour un acte militant anti-guerre du Vietnam qui a mal tourné. Dès que la menace du FBI se rapproche, les Pope changent de maison, de ville, d’identité, de métier, d’école, d’amis, pour reconstruire ailleurs leur drôle de vie. Mais l’adolescent est lassé de cette existence faite de mensonge et de dissimulation. Il rêve de musique, d’études, et aussi d’amour, auprès de la fille d’un de ses professeurs. Mais comment devenir un adulte quand on est un fugitif, pourchassé pour un crime que l’on n’a pas commis ?

Le road movie est une thématique forte du cinéma américain des années 70. Il permet à Lumet de traiter ici ses thèmes de prédilection : le citoyen face à l’institution, l’opposition entre la morale et la loi. Mais dans à Bout de Course, le fugitif solitaire est une sympathique famille, très classique en apparence. Réalisé pendant les années Reagan, ce film dont le titre original est inspiré d’une chanson de Jackson Browne, tire un trait sur les illusions des enfants de Jack Kérouac, dont les dérives sont exprimées par le copain terroriste Gus.
La force du film vient d’abord du parti pris par Lumet : il nous raconte une histoire de famille et une histoire d’amour, non celle d’une cavale. Les amateurs de course poursuite seront déçus ; les méchants flics qui menacent la famille ne sont que de lointaines silhouettes dans leurs voitures noires. Lumet ne joue pas le suspens : la famille Pope, figure contemporaine du Juif errant, est condamnée à n’avoir aucun repos et qu’elle soit un jour rattrapée par la police n’a que peu d’importance.
L’attrait d’à bout de Course réside aussi dans la qualité de la distribution : Christine Lahti interprète finement la mère, touchante  dans ses conflits internes, Judd Hirsch est un père malheureux, psychorigide et gai, et la jolie Martha Plimpton, compose une convaincante amoureuse transgressive. Mais c’est évidemment le regretté River Phoenix, qui emporte le morceau. Sourire craquant, moue boudeuse, mèche rebelle, grand talent,  il s’ouvrait les portes d’une carrière prometteuse. Hélas, la drogue va couler River en 1993, et l’idole devint une icône, « forever  young ».

Bernard-Pierre Molin

Séances

Commentaires   

0 #8 Juliette 27-06-2009 14:06
le film passe t il ce week end (sam 27 dim 28) ?
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0 #7 fan 25-06-2009 16:32
Citation en provenance du commentaire précédent de Juliette :
IMMENSE RIVER !

C'est vrai qu'il était bon ! On le retrouve a la rentrée dans un autre immense film my own private idaho
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0 #6 Juliette 21-06-2009 11:13
IMMENSE RIVER !
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0 #5 groupusculepacifque 14-05-2009 16:56
on s'en fiche totalement de la qualité des copies. Passez toutes les copies que vous avez dès que vous les avez et en l'état. C'est très bien.
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+1 #4 IsabelleGibbal-Hardy 14-05-2009 00:05
Citation en provenance du commentaire précédent de Pierre :


Un très bon film, un sérieux bémol sur les conditions de sa ressortie, en attendant une copie neuve...


La copie neuve est précisément arrivée le 28 avril, après avoir été bloquée 2 semaines par les douaniers américains.
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0 #3 Pierre 27-04-2009 12:19
Très bon Sidney Lumet que l'on redécouvre avec plaisir.
On regrettera simplement qu'en lieu de la copie neuve on découvre le film sur une copie passable (malgré le mot annonçant une copie en bon état) avec un grain conséquent, des trous sonores et des sous-titres rarement fidèles au film.

Un très bon film, un sérieux bémol sur les conditions de sa ressortie, en attendant une copie neuve...
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0 #2 stan 23-04-2009 19:18
whaou immense Lumet
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+2 #1 susan luraschi 18-03-2009 22:56
One of the best (and earliest) films about militants from the sixties who have gone underground and live double lives.
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