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Éditoriaux

Fêtes quand même.

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Fêtes quand même.

Chères spectatrices, chers spectateurs, 

Voici donc une fin d’année que nous terminons en beauté avec la réédition sur copies neuves de Laurel & Hardy éternels, pour faire découvrir aux plus jeunes ce mythique duo comique du premier âge d’or hollywoodien. Mercredi 29 décembre sera l’acmé de cet an terminant, avec la sortie de The Card Counter, dernier film de Paul Schrader, dont un cycle riche de huit opus annonce déjà l’arrivée. Par ailleurs, nous poursuivons les projections du programme Fritz Lang, le goût du noir, de First Cow, nouveau Kelly Reichardt, d’Out of the Blue, bombe punk de Dennis Hopper, d’Entre deux trains, touchante balade de Pierre Filmon et, bien sûr, d’Ham on Rye, où Tyler Taormina réinvente le teen movie avec un talent qui enthousiasme les cinéphiles.

C’est Hal Roach, producteur et fondateur du studio éponyme, qui revendique l’idée d’avoir, en 1927, réuni deux vedettes montantes du burlesque pour en faire un inoubliable duo comique. Si le binôme, aussi complice qu’antagoniste, doit d’abord son succès aux génies propres de Stan et Ollie, il convient de citer l’intervention du réalisateur Leo McCarey, à qui l’on reprocha toutefois de trop tirer la couverture de la gloire à lui. Quoi qu’il en soit, la centaine de « Laurel et Hardy » – terme générique qui symbolise leur extraordinaire popularité – a placé le couple au panthéon de la mythologie cinématographique. Il est donc bon de profiter des vacances pour faire découvrir aux plus jeunes et sur grand écran la vis comica du gros et du petit. Voici donc trois sélections de courts métrages compilées dans Laurel & Hardy éternels qui, bien que presque centenaires, réjouissent toujours les zygomatiques. 

Issu d’une famille chrétienne intégriste, Paul Schrader ne découvre le cinéma qu’à 18 ans. Une révélation, et une possible explication du thème de la rédemption qu’il développera dans bien des scripts. Car, Schrader débute comme scénariste et, après quelques premiers textes remarqués, signe un coup de maître pour la caméra de Scorsese avec Taxi Driver, Palme d’Or en 1976, une histoire partiellement autobiographique et écrite en un temps record (on parle parfois de 5 jours… ). Il profite de ce succès pour passer à la réalisation avec Blue Collar, un polar social de 1978, enchaîner avec Hardcore, où il confronte religion et porno, et obtenir un triomphe en 1980 avec American Gigolo, où Richard Gere se prostitue en écoutant Blondie. Tout en écrivant pour les plus grands (Scorsese, Spielberg, De Palma… ), Schrader poursuit son travail de cinéaste et dirige une vingtaine de films (dont Dog Eat Dog, Etrange Séduction, Auto Focus, First Reformed – Sur le chemin de la rédemption, et Patty Hearst), jusqu’à son tout dernier, The Card Counter, que nous sortirons mercredi 29 en exclusivité. Oscar Isaac, avec sa parfaite poker face, incarne un ancien militaire condamné pour une sale affaire. Il sut profiter de son incarcération pour travailler son art de maîtriser les cartes, qu’il exploite autour des tables de jeu avec la même retenue maniaque que dans sa vie. Deux rencontres vont sortir le solitaire de sa routine et faire émerger les fantômes du passé. Même si les enjeux diffèrent, si les folies se distinguent, si la dérive est autre, The Card Counter rappelle le Taxi Driver. Comme le second, le premier est un obsessionnel qui cherche à se purifier des cauchemars du passé en roulant seul dans la nuit, au rythme de lents fondus-enchainés, d’une musique entêtante et du flou des lumières. Tiens ! Scorsese produit le film de Schrader. Hasard ? Je ne crois pas. Plutôt l’hypothétique lueur rédemptrice vers laquelle se tournent les antihéros, qu’ils « drivent » des taxis ou « countent » des cartes. The Card Counter, notre coup de cœur du dernier Festival de Deauville, sera sur nos écrans le 29 décembre. Nous comptons sur vous !

Non sans vous inviter à regarder le détail de notre programme pour ne rater aucun des films qui ont illuminé les derniers mois de 2021, nous vous souhaitons d’entrer en 2022 le plus sereinement possible. 

Sur ces vœux, et pour ne pas déroger à la tradition, concluons avec L’Enfance de l’Art qui, vacances obligent, propose un beau programme aux minots de tout âge avec Les Trois Brigands, d’Hayo Freitag, Frankenweenie,de Tim Burton, Bonjour,de Yasujiro Ozu et Le château ambulant d’Hayao Miyazaki.

Nous vous souhaitons d’excellentes fêtes, fussent-elles masquées, et espérons vous retrouver début janvier pour une nouvelle saison au Grand Action. 

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action