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Éditoriaux

Oscarisé.

Éditoriaux

Oscarisé.

Chères spectatrices, chers spectateurs, 

Un seul événement cette semaine, mais remarquable car nous recevons le réalisateur du seul film français couronné d’un Oscar : Michel Hazanavicius pour The Artist. Nous reverrons cet hommage au muet en sa compagnie jeudi soir, dans le cadre d’un Ciné-club ESEC. Michel dialoguera avec la salle avant la projection de L’Aurore, œuvre mythique de Friedrich Wilhelm Murnau. Pour le reste, on retrouve nos succès des semaines précédentes, avec The Souvenir, part I et part II, le diptyque de Joanna Hogg, Licorice Pizza et un cycle Paul Thomas Anderson, Michael Cimino, un Mirage Américain, et quelques autres…

Non content de voir Thomas Langmann, producteur de The Artist, aller chercher une statuette, Michel Hazanavicius eut la joie d’applaudir Jean Dujardin, couronné pour son rôle (Bérénice Bejo, sa partenaire, ne fut que nommée, ce qui es déjà énorme !), avant de monter lui-même chercher l’Oscar que l’Académie lui décerna pour sa réalisation. C’était le 26 février 2022, et ce fut une grande soirée ! 10 ans plus tard, quasi jour pour jour, une autre se tiendra jeudi à 19h30 au Grand Action, lors d’un Ciné-club ESEC. Après la projection de The Artist, prouesse narrative, filmique, plastique, servie par un excellent duo de comédiens qui pastichent avec talent le cinéma des années 30, Michel évoquera cette acmé (pour l’instant) de sa carrière. Il introduira aussi la projection d’un vrai film du passé dont la beauté est d’une criante modernité. L’exceptionnelle lumière de L’Aurore aurait pu valoir un Oscar à Friedrich Wilhelm Murnau. Mais en 1927, année de sa réalisation, les prestigieuses statuettes n’existaient qu’à l’état de projet. Ce n’est que deux ans plus tard que Les Ailes, de William A. Wellman, fut le premier film oscarisé.  

Notre programme de la semaine regorge de très bons films, dont certains marqueront l’année 2022. Nul doute que ce sera le cas de Licorice Pizza où, comme souvent, Paul Thomas Anderson fait montre d’une incroyable créativité. Cette histoire d’amour, étrange et drôle, dans le L.A. des 70’s, motive un Cycle consacré à ce jeune cinéaste (51 ans) qui nous ravit depuis près de 30 ans. Vous êtes nombreux à plébisciter ses films et à avoir vu ou revu Hard Eight (son premier long de 1996), Magnolia (99), Punch-Drunk-Love (2002), There Will Be Blood (2007), The Master (2012), Inherent Vice (2014) et Phantom Thread (2017). Les plus vigilants d’entre vous auront noté l’absence de Boogie Nights (1997) ; désolé, on n’a pas trouvé de copie disponible. 

Nous avons eu un coup de cœur pour la sonate filmique en deux mouvements de Joanna Hogg, The Souvenir, part I et part II. Et tous les fans de Michael Cimino suivent ses traces dans Michael Cimino, un Mirage Américain, où Jean-Baptiste Thoret capte les fantômes de son cinéma. Samedi à 21h, le distributeur Marc Olry, toujours enthousiaste, viendra introduire ce documentaire. 

The Card Counter, nouvelle déclinaison du thème de la rédemption cher à Paul Schrader conserve quelques séances, tout comme Neige, copie restaurée de cette plongée dans les années 80 de Juliet Berto et Jean-Henri Roger. Ham on Rye, le bizarre (weird, dirait un anglophone) teen-movie de Tyler Taormina répond toujours présent, tout comme le western mélancolique de Kelly Reichardt, First Cow.  

Un mot sur la semaine prochaine et la sortie nationale de Belfast, où Kenneth Branagh revient sur son enfance dans l’Irlande déchirée des années 60. 

L’Enfance de l’Art  nous propose 3 séances, dont l’extraordinaire Roi et l’Oiseau de Paul Grimault (parents, mercredi à 10h30, faites ce cadeau à vos enfants !). Jeudi à 10h30, on verra Le Carnaval de la Petite Taupe, d’un héritier de l’école d’animation tchèque, Zdenek Miler, et dimanche à 14h, un autre très joli dessin animé, Le Chant de la Mer, de Tomm Moore. 

Excellente semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action