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L'Édito

Le Club-Positif vous appartient.

L'Édito

Le Club-Positif vous appartient.

Chères spectatrices, chers spectateurs,
Vous l’aurez compris, cette semaine est marquée par le Club-Positif de décembre, le rendez-vous mensuel avec notre meilleure revue de cinéma. Mardi 17, nous reverrons La Nuit nous Appartient, de James Gray, que Jean-Christophe Ferrari viendra nous commenter. Autre nouveauté de la semaine, un cycle Philippe Garrel ; les spectateurs de la Jalousie (qui vient de sortir) pourrons ainsi mieux connaître l’univers de ce réalisateur exigeant. Par ailleurs, restent à l’affiche Les Petites Marguerites, un subversif vintage de Vera Chytilova, La Vénus à la fourrure, où toutes les faces du vice visent pile, et une séance pour Scarface, remake trash-culte.

Mardi soir (le 17), le Club-Positif nous invite à admirer et étudier un film musclé de James Gray, avec toujours son incroyable caméléon fétiche : Joaquin Phoenix. Dans La Nuit nous Appartient, il est Bobby Green, le tenancier d’une boîte de nuit de Brooklyn fréquentée par la mafia russe. Mais Green est un pseudo emprunté à sa petite amie (Eva Mendes). Car le père et le frère de Bobby (Robert Duvall et Mark Wahlberg) travaillent dans la police. Cornélien dilemme pour Bobby : qui doit-il trahir ? Au delà du polar, c’est bien un drame familial que raconte Gray, explorant un thème déjà abordé dans Little Odessa ou The Yards, ses deux premiers films. Pour nous éclairer sur le travail de ce cinéaste, l’un des plus inspirés de sa génération, Jean-Christophe Ferrari, rédacteur également inspiré de la revue Positif animera les conversations. Qui, comme toujours, seront inspirées. Facile quand La Nuit nous Appartient.

Nous aimons bien Philippe Garrel. Ne serait-ce que parce qu’il a su faire évoluer son cinéma et se détacher de ses premières influences (Godard pour n’en citer qu’une). Il a ainsi trouvé sa propre musique sans renoncer à l’intimisme qui fait sa force. Alors que son dernier film, La Jalousie, sort sur les écrans, nous vous proposons un résumé de sa carrière en trois temps. Dans Marie pour Mémoire, son premier millésimé 1967 et parfaitement en rythme avec son époque, il évoque les amours contrariées de deux adolescents sur fond de contestation. Maurice, son père, joue. En complément de programme, nous projetterons aussi Les Enfants Désaccordés, un court métrage de 1964. Petit saut dans le temps pour Les Hautes Solitudes, réalisé en 1974. Dans cette œuvre plutôt expérimentale, muette et en noir et blanc, Garrel réalise un portrait sensible de Jean Seberg. La boucle sera bouclée avec un film de 2005, Les Amants Réguliers, une évocation des mouvements de 1968. Avec Louis, son fils.

Les amants de Garrel nous ramènent à leurs contemporaines Petites Marguerites, fleurs goûtues de l’agitation situationniste, soviétique ou surréaliste pragoise de ces années là. Avec des séquences filmées comme des collages ou de l’animation (Ha ! l’école tchèque !), Vera Chytilova montre comment des perverties du système peuvent pervertir le système. Dans un autre conte pervers, Polanski offre à Emmanuelle (et non Mathilde, pardon pour l’erreur de la semaine dernière) le costume et l’essence de La Vénus à la fourrure. Amalric y est maltraitant et maltraité, manipulateur et manipulé, maitre et esclave. Du pur Polanski, vicieux et drôlement bien balancé. Toujours dans le genre pure (colombienne), vicieux (les tueurs), drôle (les costumes),  bien balancées (les cubaines), Scarface peut être considéré comme une référence.

Et si dimanche à 2h vous avez 2 heures à perdre, que vous êtes dans le quartier Latin (où le latin se perd), de préférence avec des enfants (de tout âge), et que vous avez envie ou besoin de rêver, il y a Fantasia. Merci Disney, merci l’Enfance de l’Art.
Take care.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action