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L'Édito

L’Amérique en fractal. 

L'Édito

L’Amérique en fractal. 

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Les États-Unis sont un sujet de cinéma en eux-mêmes. Et notre sortie de la semaine propose une vision délirante de cette Amérique post-Trump – que l’on n’espère pas pré-Trump – où cohabitent des mondes délirants. Lillian, l’héroïne de The Sweet East, premier film de Sean Price Williams, les traverse comme dans un conte, plus défait que de fées. Outre cette nouveauté, vous retrouverez bon nombre de nos récents programmes : La Mère de tous les mensonges, original doc intime et historique d’Asmae El Moudir, Il fait nuit en Amérique, expérimentation écologique d’Ana Vaz, Sans jamais nous connaître, amours fantômatiques d’Andrew Haigh, ainsi que nos deux incontournables – La Zone d’intérêt et May December – et quelques autres, à retrouver en bas de lettre. Cette semaine sera aussi riche d’événements, et commençons par eux. 

Dès mercredi à 20h, le Ciné-club AFCS, rendez-vous des cadreuses et cadreurs steadicam, donne la parole à l’un d’eux : Nicolas Savary. Ce manieur de caméra en mouvement commentera son travail sur Couleurs de l’incendie, adaptation de Clovis Cornillac du roman de Pierre Lemaitre.

Le lendemain à la même heure, le Ciné-club des Ecoles nous propose de revoir Vidéodrome, de David Cronenberg, et de bénéficier ensuite de l’éclairage du critique Michel Etcheverry sur ce film culte.

Vendredi, samedi et dimanche, le Grand Action accueillera le 13e Panorama du film grec et chypriote contemporain avec une sélection de films réalisés ces deux dernières années. Ainsi, Eva Nathena nous présentera La Meurtrière vendredi 19h, puis nous verrons à 21h À l’intérieur, de Vasilis Katsoupis. Samedi à 14h Sofia Exarchou sera avec nous pour Animal et, à20h30, Kyros Papavassiliou pour Embryo Larva Butterfly. Entre les deux, seront projetés Derrière les roseaux, d’Asimina Proedrou (16h15) et Mighty Afrin, d’Angelos Stavros Rallis (18h30). Dimanche, après Karagiozis, d’Akis Karras (14h15) et une sélection de Courts métrages d’animation (16h), l’acteur Makis Papadimitratos regardera avec nous The Detached House, de Ioakim Mylonas (18h), et son collègue Andreas Lampropoulos fera de même à 20h pour The Summer with Carmen, de Zacharias Mavroeidis.

Lundi à 20h, le Best of Doc a choisi Tutto apposto gioia mia, de Chloé Lecci Lopez, qui sera précédé d’Andy et Charlie, de Livia Lattanzio. Ces deux réalisatrices italiennes filment des histoires singulières – la première sur la vie carcérale, l’autre sur un duo érotique – et seront avec nous pour en parler. 

Un classique Ciné-club Louis Lumière fermera la semaine mardi à 19h30 avec un documentaire personnel et familial : Le Kiosque. Alexandra Pianelli, qui a vécu de l’intérieur la vie des vendeurs de journaux, nous racontera son intention. 

Ça commence gentiment par une bizarre scène de lit et le voyage scolaire d’une classe de teens à Washinton DC. Mais, tout dérape très rapidement, et Lillian, une jeune fille absente à elle-même, prend la tangente et disparait dans l’inframonde américain. Dans The Sweet East, Sean Price Williams, chef-opérateur bien connu du mumblecore (la pointe du ciné indé contemporain), entraîne Lillian de l’autre côté du miroir, et la trimballe de communautés cinglées en groupes délirants : conspirationnistes armés, activistes perchés, universitaires suprématistes, cinéastes illuminés, islamistes fan de techno… C’est totalement foutraque, mais d’une incroyable liberté narrative, parfois drôle, souvent touchant, toujours surprenant, transcendé par la présence lumineuse de Talia Ryder et une BO épatante. Cette tonalité a séduit le Festival de Deauville qui a décerné son Prix du Jury à The Sweet East. On a aussi eu un énorme coup de cœur pour ce film étrange, qui incarne une tendance du cinéma américain à explorer d’autres pistes, d’autres récits, d’autres filmages, et brosse en creux le portrait d’un pays qui se désagrège. « Tout finira par arriver » conclut le film.

On boucle avec l’Enfance de l’Art. Mercredi à 14h30, nous rencontrerons Dounia et la princesse d’Alep, de Marya Zarif et André Kadi, et dimanche à 14h, écouterons Michel Ocelot nous montrer Les Contes de la Nuit.  

Belle semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action