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Éditoriaux

De belles choses.

Éditoriaux

De belles choses.

Chères spectatrices, chers spectateurs, 

Outre Beautiful Thing, film culte de la communauté gay réalisé par Hettie MacDonald en 1996 et réédité sur copie neuve, bien d’autres belles choses vont se jouer au Grand Action cette semaine, à commencer par la reprise de deux de nos ciné-clubs. Dimanche à 18h, nous retrouverons Du Décor à l’écran, rendez-vous des décorateurs de cinéma pour Le Parfum de la Dame en noir. Mardi, nous finirons la semaine avec le Ciné-club Louis Lumière où même Eva ne dort pas. 

Rappelez-vous il a quelques mois, les chefs-déco et les passionnés de décors au cinéma se retrouvaient un dimanche par mois pour débattre autour d’un film. Le dimanche 4 à 18h, Du Décor à l’écran reprend ses aises dans notre salle, avec Le Parfum de la Dame en noir, de Bruno Podalydès. Après la projection, nous aurons le plaisir d’échanger avec notre ami Riton Dupire-Clément, qui fut l’un des instigateurs de ce rendez-vous et a travaillé sur cette adaptation légèrement farfelue d’une comédie policière de Gaston Leroux. 

Mardi à 20h, Le Ciné-club Louis Lumière a invité Pablo Agüero pour nous présenter Eva ne dort pas. La Eva en question, c’est Evita Peron, mythe argentin morte en 1952 à 33 ans, et dont le cadavre fut l’objet d’un étrange trafic. Tout en clair-obscur, le film d’Agüero revient sur ce traumatisme national, notamment grâce à des images d’archive, qui vit de sombres forces s’affronter autour d’un corps mort… Le réalisateur évoquera le très beau travail de son chef-opérateur Ivan Gierasinchuk.

10 ans après le My Beautiful Laundrette de Frears, le cinéma britannique offrait une autre pépite à la communauté qu’on appelait pas encore LGBT+, et plus généralement à tous les cinéphiles. Beautiful Thing est l’adaptation de la pièce de théâtre éponyme, écrite par Jonathan Harvey et réalisée par Hettie MacDonald, d’abord pour la télévision. Mais, diffusé sur Channel Four, le téléfilm fut un tel succès que la filiale cinéma de la chaîne décida de le sortir en salle. Belle idée de Splendor Films de rééditer ce film culte, qui aida bien des adolescents à assumer leur orientation sexuelle comme le font les très attachants Jamie et Steven. Au-delà, Beautiful Thing dresse un beau portrait de l’Angleterre populaire des 90’s, avec une galerie de personnages bien campés, telle Leah, la jeune voisine déglinguée fan de Mama Cass (l’une des chanteuses de The Mamas & The Papas), et surtout Sandra, la mère de Jamie, formidable Linda Henry à l’abattage cockney, qui ne fit pourtant pas une grande carrière internationale…

Par ailleurs, notre programme des précédentes semaines se poursuit, avec d’abord Basic Instinct, le thriller psycho-sexuel de Paul Verhoeven. Sharon Stone y est absolument irrésistible en femme puissante, libre et peut-être meurtrière, et donne une réplique riche de sous-entendus à Michael Douglas, flic chasseur-chassé. Un film à redécouvrir, surtout sur la magnifique copie restaurée que nous propose Carlotta. 

Nomadland, Lion d’Or à Venise et film multi-oscarisé de Chloé Zhao est évidemment toujours à l’affiche. On peut donc encore suivre l’errance de Fern, la grande  Frances MacDormand arpentant dans son van l’immensité de l’Amérique qui l’a ruinée. Autour d’elle, de vrais exclus du rêve américain jouent leur propre rôle, celui des personnes qu’a rencontrées la journaliste Jessica Bruder, auteure de l’enquête menée aux côtés de ces migrants dans leur propre pays. Beaucoup de misère et de solitude certes, mais aussi infiniment de beauté, de générosité et de solidarité. 

The Amusement Park, le cauchemar de senior dans la fête foraine, ovni filmique de Georges A. Romero, ainsi que The Wicker Man, film clé de l’étrangeté fantastique de Robin Hardy, conservent aussi quelques séances. 

On termine, comme d’habitude avec l’Enfance de l’Art. Mercredi à 14h30, nous boxerons jusqu’au Dernier Round avec Buster Keaton et, dimanche à 14h, suivrons La Fameuse invasion des ours en Sicile, adaptation du livre de Dino Buzzati par Lorenzo Mattotti. 

Très bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action.