Notre salut, chronique de la collaboration ordinaire
Chères spectatrices, chers spectateurs,
En attendant le flamboyant Peking Opera Blues, un Tsui Hark inédit que nous sortirons mercredi prochain, Notre Salut, la descente du collabo ordinaire d’Emmanuel Marre, que nombre de critiques ont qualifié – à juste titre – de chef d’œuvre, continue sa carrière. On retrouve aussi Ton Animal maternel, où Valentina Maurel décrit avec talent la complexité des liens familiaux. Outre nos succès récents, nous aurons six événements, dont la soirée Home movie, pointue et féministe de vendredi soir, et deux avant-premières, à commencer par celle de Congo Boy jeudi soir.
En effet, jeudi à 20h, La Relève nous invite à découvrir en avant-première le deuxième film de Rafiki Fariala. Il suit le récit d’une initiation, celle de Robert, dit Congo Boy, réfugié congolais en Centre-Afrique, qui apprend la médecine et découvre la musique, le tout dans un milieu hostile aux étrangers. La projection sera suivie d’un échange entre Jean Roke Patoudem, producteur, réalisateur, et fondateur de notre ciné-club Écran d’Afrique, et Romain Poncet, professeur d’histoire au lycée Rodin, spécialiste de la colonisation française.
Vendredi à 19h, deux brillants esprits de la faculté, Olga Kobryn et Emmanuel Lefrant, ont programmé la soirée Home movie dans le cadre d’un séminaire de L’université Paris Cité intitulé « Cinéma au féminin engagé : pratique, discours, théories ». On s’interrogera sur des questions féministes, en s’appuyant sur huit films, souvent expérimentaux, tournés en pellicule. Car la défense du support argentique concoure à préservation de la mémoire et du sensible. Une soirée clairement engagée.
Nous avons déjà montré Soulèvements où Thomas Lacoste, à travers une série de rencontres de gens formidables, dresse un remarquable portrait du mouvement des Soulèvements de la Terre. Nous reverrons ce film de combat samedi à 16h30, en présence de ses productrices, Julie Paratian et Lucie Corman. Elles nous rappelleront que le combat continue : l’A69 vient d’ouvrir !
L’Association qui programme le Ciné-dialogue a pour mission de promouvoir la justice restaurative. Elle s’y engage, entre autres, par des projections-débats, toujours passionnantes. Dimanche à 10h30, les échanges seront lancés par Une Séparation, où Asghar Farhadi raconte remarquablement un divorce à l’iranienne.
Lundi à 19h30, le ciné-club Les Producteurs s’affichent nous montrera Sanguine en Avant-première. Marion Le Corroller suit les débuts d’une jeune interne en médecine, entre comédie et film d’horreur. Le scénario avait séduit Carole Lambert (Windy Production) et Alain Attal (Trésor films) qui ont produit le film et viendront échanger avec le public.
Mardi à 19h30, le Ciné-club Louis Lumière bouclera la semaine avec Pauline s’arrache, d’Emilie Brisavoine. Karen Benainous, monteuse de ce teen-movie inventif et punk, très remarqué à Cannes en 2015, sera avec nous pour en parler.
Quand il a lu les lettres échangées par ses arrière-grands-parents pendant la guerre, Emmanuel Marre a vite senti qu’il tenait un sujet. Elles servent de colonne vertébrale à Notre Salut, portrait sans fard d’un ambitieux sans envergure qui veut imposer ses idées managériales, au besoin en les mettant au service de Vichy. Swann Arlaud est parfait en collaborateur ordinaire dans un film à la tonalité très singulière.
Valentina Maurel a aussi su trouver un langage particulier pour écrire et réaliser Ton Animal maternel, qui nous plonge dans l’intimité d’une famille bancale à San José, ville du Costa Rica qui ne l’est pas moins. Non sans vous inviter à voir nos autres propositions, précisons que le fascinant documentaire de Nicolas Graux et Minh Quý Trương, Hair, paper, water, sera suivi d’un débat avec Close Up Science Po, dimanche à 16h50.
Il nous reste une traditionnelle ligne pour l’Enfance de l’Art qui, dimanche à 14h, persiste pour notre plus grand bonheur avec Les Lumières de la ville, de Charlie Chaplin.
Excellente semaine.
Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action