affiche du film Ton Animal maternel

Ton Animal maternel

Avec :
Daniela Marin Navarro, Marina de Tavira, Mariangel Villegas
Année : 2026
Durée : 1 h 45 minutes
Genre : Drame BE, FR, CR, MX
  • Titre original : Siempre Soy Tu Animal Materno
  • / Couleur
Triple prix d'interprétation - Un Certain Regard - Cannes 2026

De retour au Costa Rica après des études en Europe, Elsa retrouve sa petite sœur Amalia, seule dans la maison familiale. De plus en plus insaisissable, celle-ci semble enfermée dans des croyances ésotériques. Elsa essaie d’alerter leurs parents, mais ni le père, trop occupé par ses nouvelles conquêtes, ni la mère, absorbée par la réédition des poèmes érotiques de sa jeunesse, ne semblent prendre la mesure de la situation. Le retour d’Elsa engage les trois femmes à interroger leur lien indéfectible.

A l’évidence, le jury d’Un Certain Regard du Festival de Cannes 2026 a pris la bonne décision : celle de récompenser d’un triple Prix d’Interprétation féminine les actrices principales de Ton Animal maternel de Valentina Maurel. A l’occasion de son deuxième long-métrage, la réalisatrice fait montre tout à la fois de ses talents de directrice d’actrice (davantage encore que d’acteur) et de metteuse en scène, en abordant les personnages et leurs sentiments par le prisme de la corporéité et du mouvement – approche certes exigeante mais redoutablement belle quand les actrices y répondent avec autant de talent et de sensibilité. De cette façon, tandis que le cadrage et les mouvements de caméra épousent une dynamique de la physicalité, les relations familiales et leur complexité sont recomposées par le dialogue qu’entretiennent les corps des personnages avec eux-mêmes ainsi qu’avec les espaces qu’ils occupent. Le récit et la progression narrative, par conséquent fondés sur les gestes plutôt que sur les mots, ne sont eux-mêmes permis que par le déplacement initial du retour d’Elsa dans son pays natal où la maison d’enfance se vide de sa substance de domicile familial, puisque, de famille, il ne reste rien, père, mère et fille aînée ayant déserté la maison. La distanciation ainsi imposée se matérialise par les intérieurs : la demeure décrépie et trop chargée où vit Amalia s’oppose en effet à l’appartement propre et ordonné de sa mère et aux pièces vides de celui d’Elsa. Accrochée à l’espace chargé d’un passé amèrement perdu, Amalia se laisse aller à des élans enfantins et tente en vain de faire perdurer ce temps révolu – elle exige le retour de sa nounou retraitée et recrée un semblant de famille avec un groupe de vieux jeunes déboussolés. Par ailleurs, la malédiction misogyne que le patriarcat fait planer sur les femmes empoisonne les relations filiales, sororales et maternelles, mais fédère Elsa, Amalia et leur mère, Isabel, autour d’une problématique commune ; celle des injonctions, souvent intériorisées, qui s’exercent sur le corps féminin, contraint à prendre une forme socialement déterminée. De la chirurgie esthétique de la mère s’essayant à résister aux effets du temps, aux reproches adressées à Elsa quant à ses cheveux, en passant par les remarques déplacées sur la jupe supposément trop courte d’Amalia, les exigences masculines (que l’intérêt rebutant du père pour une femme de l’âge de sa fille rappelle) pèsent sur leurs choix et leur volonté. En outre, un graffiti du mot « puta » réapparaît sans cesse devant la maison, tel une anaphore lancinante et brutale qui évoque le harcèlement de rue et nourrit l’angoisse d’une menace omniprésente : Amalia soupçonne ainsi tous les hommes de convoitise à son égard tout en étant victime d’hallucinations dont le récit – effrayant de vraisemblance – relate son viol perpétré par un esprit. Mais l’émancipation existe et Isabel semble en partie l’atteindre à travers la libération et la revendication de son désir sexuel, faisant pour une fois de la femme le sujet désirant et de l’homme l’objet désiré. Quant à ses filles, l’espoir ne peut résider que dans l’incertaine et pourtant inéluctable harmonie de la sororité, où les voix et les visages de toutes les femmes s’unissent en un geste collectif de résistance et de contestation, symbolique d’une lutte à corps perdu – ou peut-être enfin retrouvé.
Samuel Decourbe

Réalisateur(s)

Acteurs, personnages

Marina de TaviraIsabel
Daniela Marín NavarroElsa
Mariangel VillegasAmalia
Reinaldo Amien

Production

ScénarioValentina Maurel
ProducteurBenoit Roland, Grégoire Debailly
CoproducteurNicolás Celis
PhotographieNicolás Wong
MontageBertrand Conard
Montage sonSabrina Calmels, Ingrid Simon
BruitageJulien Baissat
DécorsJulián Gómez
ProductionWrong Men Productions, Geko Films Prodction
CoProductionPimienta Films
DistributionJHR Films

Projections à venir

Mariangel Villegas, Daniela Marín Navarro dans Ton Animal maternel
Mariangel Villegas, Daniela Marín Navarro dans Ton Animal maternel
Marina de Tavira, Mariangel Villegas dans Ton Animal maternel
Marina de Tavira, Mariangel Villegas dans Ton Animal maternel
Daniela Marín Navarro dans Ton Animal maternel
Daniela Marín Navarro dans Ton Animal maternel
dans Ton Animal maternel
dans Ton Animal maternel
Daniela Marín Navarro dans Ton Animal maternel
Daniela Marín Navarro dans Ton Animal maternel
Mariangel Villegas, Daniela Marín Navarro dans Ton Animal maternel
Mariangel Villegas, Daniela Marín Navarro dans Ton Animal maternel
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