L'Édito

Les rêves de Werner

Chères spectatrices, chers spectateurs, 

Si le troisième volet des Odyssées de Werner Herzog – joliment intitulé Le Rêve – est le principal événement de la semaine, bien d’autres vont la rythmer, dont les 4 séances du Ganache Festival, vendredi et samedi soir. Nous aurons aussi une projection commentée de Zodiac,le génial polar de David Fincher jeudi à 19h30, et l’avant-première de Mi Amor, le dernier Guillaume Nicloux, que nous propose lundi soir le Ciné-club Les Producteurs s’affichent. Sans compter nos films récents, dont les deux de Graham Swon (The World is full of Secrets et An Evening Song), et bien sûr La corde au cou, le dernier Gus Van Sant qui reconstitue une prise d’otage 70’s. Demandez le programme ! 

Organisé par une bande de jeunes producteurices dynamiques, le Ganache Festival nous propose pour sa quatrième édition des films de 30 minutes maximum, réalisés par des cinéastes de moins de 35 ans. Seize ont été sélectionnés cette année, et nous verrons leurs œuvres programmées en 4 séances vendredi et samedi. 

Jeudi à 19h30, le ciné-club Salles Obscures Assas nous propose Zodiac, l’adaptation d’une enquête menée par un auteur-illustrateur obsédé par un tueur en série. Après la projection en 35mm de ce thriller hypnotique réalisé en 2007 par David Fincher, un journaliste membre du Canal Network Assas débattra avec le public. 

Lundi à 19h30, le ciné-club Les Producteurs s’affichent a invité François Kraus et Denis Pineau-Valencienne, producteurs du film de Guillaume Nicloux, à nous le présenter en avant-première. Venu du théâtre et passé par le roman, Guillaume Nicloux explore différentes voies, de la comédie au film noir en passant par le drame. Mi Amor est un thriller sur le monde de la nuit. À Ibiza, île pleine de mystères, l’amie d’une DJ disparait… 

Après la Nature et le Chaos, voici qu’arrive sur nos écrans le troisième volet des Odyssées de Werner Herzog, une rétrospective proposée par le distributeur Potemkine. Dans Le Rêve, Herzog explore d’autres chemins, comme par exemple celui, ardu, de Fitzcarraldo. Dans ses rêves, on découvrira Signes de vie, sa première fiction (1968) sur un soldat à la dérive et Le Pays du silence et de l’obscurité, son premier documentaire (1971) sur une dame sourde et aveugle. On verra aussi La Grande extase du sculpteur sur bois Steiner, par ailleurs champion de saut à ski, qu’il considère comme son meilleur film ; un drame d’époque, dans la Bavière du XVIIIe (Coeur de verre) ; un documentaire sur le mysticisme en Russie (Les cloches des profondeurs) et enfin Woyzeck, l’histoire d’un autre soldat fou, imaginé par le dramaturge Georg Büchner et incarné par Klaus Kinski. Chez Herzog, les rêves tournent parfois au cauchemar…

Après sept ans loin du grand écran (que c’était long !), Gus Van Sant revient au cinéma avec une improbable histoire vraie qui se déroula dans les années 1970. La Corde au cou, c’est celle qu’un homme ruiné utilise pour prendre en otage le fils de son courtier dont il s’estime victime. De ce fait divers, GVS tire une comédie satirique et noire, pleine d’énergie du désespoir de ces années où le rêve américain commençait à vaciller. 1h45 brillante que la presse et le public ont largement saluée. Qu’attendez-vous pour vous y ruer ? Vous en profiterez aussi pour découvrir deux films de Graham Swon (The World is full of Secrets et An Evening Song), drôle de cinéaste radical et prometteur ou, plus classiquement, replonger dans le polar vitaminé du Hong-Kong de la grande époque grâce au Cycle John Woo. Avec, dans un autre genre, le programme Z comme Zucca ou les oniriques Saisons, de Maureen Fazendeiro, plus quelques autres, vous avez le choix !

Et, grâce aux 3 séances de l’Enfance de l’Art, partagez le plaisir du cinéma avec les très jeunes (Gros pois et petit point, mercredi 10h30), les « un peu plus grands » (Les Petits contes de la nuit, jeudi 10h30, et les ados (Microbe et Gasoil, de Michel Gondry, dimanche 14h).

Excellente semaine. 

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action