The Masterloose
Chères spectatrices, chers spectateurs,
Même quand elle filme un looser, Kelly Reichardt réussit toujours son coup ! Nous sommes fans de cette grande dame du cinéma et accueillons avec plaisir The Mastermind qu’elle eût la gentillesse de nous présenter en avant-première. Cette exclusivité est accompagnée, d’une part, d’un Cycle Kelly Reichardt, et d’autre part d’une autre sortie, Une Balle dans la tête, de John Woo, qui poursuit le programme de films hongkongais restaurés. Évidemment, les trois films de Márta Mészáros, égérie féministe du cinéma hongrois, gardent leurs séances (avec une présentation d’Adoption samedi à 18h45), parmi quelques autres. Et puis, bien sûr, nous vous proposons quelques événements, dont le premier est précédé d’un concert. C’est parti.
Jeudi à 20h, avant que Delphine et Solange, les deux sœurs jumelles, ne se lancent dans leurs enthousiasmantes chansons chorégraphiées, Assas de Concert ouvrira la séance en musique. Quelle joie de revoir Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy, surtout dans des conditions aussi festives !
Comme chaque mois, c’est le dimanche à 11h30 que nous retrouverons le GrecDoc. Avant de voir Le Prototype, où George Matsikas et Marilena Girlemi filment la jolie utopie d’une communauté festive et solidaire, nous découvrirons le touchant court-métrage de Takis Bardakos : L’Homme qui regardait les bateaux. Échange à suivre.
Le Directors’ Club de lundi 19h30 donne le choix et le micro à Mikael Buch, réalisateur de Simon et Théodore. Après la projection de Modern Romance, mi-comédie romantique, mi-critique sociale, réalisé par Albert Brooks en 1981, il débattra avec Gaël Lépingle… et le public bien sûr !
Nous sommes très heureux que le Ciné-club Louis Lumière de mardi 19h30 ait invité la cheffe opératrice Katell Djian à qui l’on doit la magnifique photo de Nostalgie de la lumière, de Patricio Guzmán. Dans ce documentaire essentiel tourné en plein désert d’Atacama, des astronomes observent les étoiles, tandis que des personnes fouillent le sol à la recherche de restes des disparus de la dictature de Pinochet. Entre ciel et terre, espoir et douleur, ce film de 2010 mérite un débat.
Dans The Mastermind, Kelly Reichardt quitte son cher Oregon pour le Massachussetts des années 1970. Kelly déconstruit l’image du braqueur, J.B. Mooney est un personnage rêveur, dilettante, étrangement absent à tout ce qui l’entoure, qu’il s’agisse de sa famille ou de la dense actualité de cette années 70 aux US : guerre au Vietnam, nombreux mouvements de contestation… Errance du protagoniste, interrogation sur la possession d’une œuvre d’art, écho d’une époque et de ses références filmiques, Kelly déploie son cinéma si singulier avec sa délicatesse habituelle, trouvant dans son nouvel acteur (Josh O’Connor, l’acteur anglais qui monte, également dans Rebuilding) une cible de choix. C’est incongru, touchant, drôle, incorrect… formidable ! N’oubliez pas le Cycle Kelly Reichardt pour revoir vos classiques.
Bien qu’il se soit brouillé juste avant le tournage avec son producteur Tsui Hark, John Woo réalise Une Balle dans la tête en 1990. Plus violent encore que The Killer, autre réédition récente du cycle « Honk-Kong » proposé par le distributeur Métropolitan, les fans vénèrent autant ces deux films, définitivement « culte ». Dans la séquence finale de Bullet in the Head, la « non balle » qui tue un protagoniste fit couler beaucoup d’encre…
Parmi nos autres films, citons la trilogie de Márta Mészáros, icone féministe des années 60 et 70. Que ce soit dans Neuf mois, Elles deux, et Adoption, la cinéaste hongroise propose d’incroyable portraits de femmes d’une société prétendument ouverte et pourtant terriblement corsetée. À 18h45 samedi, la créatrice de contenu Nuages flottants apportera un intéressant éclairage sur Adoption.
Belle semaine.
Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action