L'Édito

Summer sex. 

Chères spectatrices, chers spectateurs, 

Si la nouvelle comédie policière érotico-déglinguée de Gregg Araki, I want your sex, nous rappelle que l’été est la saison des amours, c’est aussi celle des travaux. Au Grand Action, le gros œuvre est terminé, mais la rénovation se poursuit pour vous offrir dans quelques semaines un cinéma plus confortable et performant. La salle Henri Langlois, dite « pano », rouvrira le 2 septembre avec une organisation optimisée des sièges et dotée du Dolby Atmos, le top de l’équipement sonore. En attendant, les salles Vecchiali et Reichardt vous proposent également de retrouver le Cycle Alexandre Koberidze qui accompagne Dry Leaf, et nos autres succès de début juillet (Ghost Elephants, Blue Heron, Disclosure Day, Bouchra). 

Dans I want your sex (titre prometteur !), Gregg Araki, pionnier du New Queer Cinéma, nous raconte une histoire bien tordue, pleine de désir, mais surtout de soumission, de manipulation et de trahison. Elliot, l’excellent Cooper Hoffman révélé dans Licorice Pizza de Paul Thomas Anderson,  incarne un emblématique représentant de la GenZ, tourmenté par le sexe, inquiet de la vie mais tentant de poursuivre ses rêves. Il pense les toucher en intégrant le studio d’Erika Tracy, séduisante et vénéneuse artiste à la pointe de la hype provocatrice, à laquelle Olivia Wilde, prête son physique et sa personnalité. L’irrésistible Erika fait bientôt d’Elliot son esclave sexuel, incrédule et sublime de naïveté, et le conduit progressivement à sa perte… Depuis ses premières réalisations de la fin des années 1980, Gregg Araki explore le monde du sexe et du désir avec talent, humour et un certain goût pour la provocation, que l’on retrouve dans sa vie privée : homosexuel militant, Akari a vécu une grande histoire d’amour avec un actrice ! I want your sex ne fait pas exception à la règle, et entraîne le spectateur dans les turpitudes sadomasos qu’Erika impose à l’infortuné – mais bienheureux – Elliot. Sur une trame d’enquête – car il y a une mystérieuse disparition qui évoque le début de Sunset Boulevard -, le récit remonte en flashbacks la « romance » des deux personnages, qui forment un magnifique duo de cinéma. Une pétillante comédie policière punk, trash, sensuelle, dérangeante, intelligente, drôle, excitante et serrée, qui saura émoustiller votre été !

Dans un autre genre, mais tout aussi fou, vous pourrez opter pour Dry Leaf, le surprenant road movie d’Alexandre Koberidze, soutenu par un cycle réunissant deux des précédents films de ce réalisateur expérimentateur : Let the summer never come again, et Sous le ciel de Koutaïssi

Si vous préférez les pachydermes aux délires cochons, suivez la trace des Ghost Elephants, que Werner Herzog poursuit avec le docteur Steve Boyes sur les hauts plateaux de l’Angola ; pour les amateurs de récits familiaux traumatiques, le délicat Blue Heron, de Sophy Romvari, reste aussi à l’écran, tout comme Bouchra, le dessin animé queer d’Orian Barki et Meriem Bennani. Enfin, on ne sort pas monsieur Spielberg du programme sans prendre des pincettes : son Disclosure Day bénéficie encore de deux séances. 

Pour la semaine du 29 juillet au 4 août, nous vous proposons trois séances de l’Enfance de l’Art : mercredi à 10h30, nous verrons Rita et crocodile, de Siri Melchior, Jean de la lune, de Stephan Schesch et Sarah Clara Weber, jeudi à 10h30 et Pachamama, de Juan Antin, dimanche 14h. Consultez notre site pour les prochaines projections à destination du jeune public. 

Nous vous annonçons avec plaisir l’arrivée d’un cycle David Robert Mitchell le 12 août et le retour de notre lettre le 19 août après une pause estivale.

Bel été.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action