L'Édito

James L. Brooks, l’inconnu célèbre.

Chères spectatrices, chers spectateurs, 

Il est de grands cinéastes discrets, même s’ils ont fait une entrée tonitruante dans le monde en glanant cinq Oscar pour leur premier film ! Ainsi est James L. Brooks, dont nous sommes heureux de vous proposer le dernier opus, Ella McCay, que le réalisateur Mikael Buch viendra nous présenter samedi à 20h30. Un Cycle James L. Brooks accompagne la nouveauté de ce cinéaste secret, et complète notre programme où vous retrouverez nos succès des semaines précédentes (dont le Cycle Jérôme Reybaud, qui accompagne son étonnant Balcon à Limoges), ainsi que deux rendez-vous. 

Mercredi à 20h, nous verrons la dernière Éruption solaire du Collectif jeune Cinéma. Sept films, expérimentaux forcément, réunis autour du concept de l’ erreur créative, que leur auteurices viendront nous présenter. 

On traverse la semaine pour l’événement suivant, un Ciné-club Nordique dont Zaida Bergroth sera l’invitée mardi à 20h. Cette jeune réalisatrice finlandaise nous montrera son dernier film, Tove, prénom de Madame Jansson, une de ses compatriotes qui, après-guerre, inventa les Moomins (Moumines en VF), de gentils trolls au physique d’hippopotames, assez proches de nos fameux Barbapapa, et qui connurent le même succès. Zaida raconte la vie d’artiste trépidante de Tove, et sera ravie d’en parler après la projection. 

Entre ces deux extrêmes, samedi à 20h30, le réalisateur Mikael Buch nous aura donc ouverts à James L. Brooks, et introduit son dernier film : Ella McCay, dont la sortie initialement prévue en janvier a été annulée. Nous vous proposons deux séances exceptionnelles, samedi donc et vendredi à 19h. Touche-à-tout talentueux et exigeant, Brooks nait en 1940 à New-York, et fait ses premiers pas de réalisateur à la télévision dans les années 1960. Une décennie plus tard, il s’essaye au cinéma et, bingo ! reçoit une pluie d’Oscar pour son premier film, Tendres passions (qui rejoint le cycle à partir du 20 mai). Sans lâcher la télé – il est notamment producteur, scénariste et co-créateur des Simpsons, merci à lui -, il poursuit sa carrière de cinéaste. En 1997, il signe Pour le pire et pour le meilleur, histoire d’amour impossible entre Helen Hunt et Jack Nicholson qui, tous deux, ramassent l’Oscar, chose plutôt rare. Brooks prend son temps pour peaufiner son film suivant, Spanglish (2004), l’histoire d’une intégration réussie, et encore six ans pour Comment Savoir, une rom-com dans le monde du sport. Aimant ciseler ses dialogues pour trouver le ton juste, il attend une quinzaine d’années pour réaliser Ella McCay, qui arrive sur nos écrans. Ella McCay (incarnée par Emma Mackey, ce qui est déjà assez drôle) fait de la politique par idéalisme et humanisme. Mais sa vie est un tourbillon familial, ce qui n’est pas simple quand elle devient Gouverneur. Cette délicieuse comédie qui motive notre Cycle James L. Brooks est emblématique du style de ce réalisateur rare mais précieux, considéré par Judd Apatow comme un maître de « l’entertainment ». 

Dans un autre genre, mais qui gagne aussi à être connu, Jérôme Reybaud nous a séduit avec Un Balcon à Limoges, drôle de comédie courte qui confronte une déglinguée inconséquente (Fabienne Babe, épatante) à une obsessionnelle déprimée (Anne-Lise Heimburger, tout aussi formidable). Qui fera basculer l’autre dans sa folie ? Les trois films du Cycle Jérôme Reybaud, (Poitiers, Qui êtes-vous Paul Vecchiali ? Jours de France) vous permettront de découvrir ce cinéaste singulier et prometteur. 

N’oubliez que La corde au cou, le dernier Gus Van Sant, Le Rêve, troisième volet des Odyssées de Werner Herzog, le Cycle John Woo et quelques autres films (voir notre site) gardent l’affiche. Derniers mots pour l’Enfance de l’Art qui, dimanche à 14h, nous fait visiter Le Royaume de Kensuké, de Neil Boyle et Kirk Hendry.  

Belle semaine. 

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action