Herzog, les odyssées.
Chères spectatrices, chers spectateurs,
Aussi spectaculaires que celle d’Ulysse, les Odyssées de Werner Herzog continuent de captiver le public, ce dont nous nous réjouissons. Pour le deuxième volet de cette vaste rétrospective, Herzog aborde Le Chaos, un thème qui lui est cher ; au programme, entre autres, L’Enigme de Kaspar Hauser que le critique Emmanuel Burdeau viendra nous présenter dimanche à 18h30. Josh Safdie poursuit toujours le bondissant Marty Supreme, alias Timothée Chalamet, et le Cycle Kelly Reichardt retrouve son intégralité pour accompagner The Mastermind.
Le premier événement de la semaine aura lieu samedi à 19h, quand Best of Doc proposera de voir l’un des 10 meilleurs documentaires de l’année. En l’occurrence ce sera un inédit, Back Home, film contemplatif tourné au Laos par Tsai Ming-Liang. La séance sera animée par Pierre Guidez de la formidable revue Tsounami.
L’indépendance est une de nos valeurs et, quand Le SDI s’engage, nous sommes à ses côtés. Marc Orly, digne représentant du Syndicat des Distributeurs Indépendants) a choisi de nous montrer Stella femme libre. En 1955, Michael Cacoyannis avait offert un rôle magnifique à Mélina Mercouri, qui le porta avec son talent et sa fougue. Ce sera dimanche à 16h, avec débat à suivre.
Lundi à 19h30, le Directors’ Club a invité la réalisatrice Marine Francen pour échanger avec Laurent Larivière autour de Trois Femmes. En 1977, Robert Altman avait demandé à Shelley Duvall, Sissy Spacek et Janice Rule d’incarner ce trio féminin.
Le Ciné-club des Écoles bouclera la huitaine cinématographique mardi à 20h avec Time Indefinite, de Ross McElwee. Cet étonnant et passionnant documentaire intime et familial sera commenté par Natacha Thiéry, maîtresse de conférences et réalisatrice.
Nous avons une tendresse particulière pour Werner Herzog. Dans la mouvance du Nouveau cinéma allemand (Neuer deutscher film) qui réveilla les écrans d’outre-Rhin dans les années 60-70, il a créé une œuvre protéiforme, d’une grande richesse formelle, et imposé un ton singulier pour parler de ce qui le passionne. Après la Nature, le premier volet des Odyssées de Werner Herzog, voici Le Chaos, un de ses sujets de prédilection. Parmi les fictions et documentaires, on trouvera des classiques : Les Nains aussi ont commencé petits, Nosferatu, fantôme de la nuit, ou Échos d’un sombre empire – celui de Bokassa – et Ennemis intimes, sur ses rapports avec Klaus Kinski. Dimanche à 18h30, le critique Emmanuel Burdeau viendra nous présenter L’Enigme de Kaspar Hauser, sorte « d’enfant sauvage » interprété par un incroyable comédien sorti d’un hôpital psychiatrique. Herzog lui consacrera un film : La Ballade de Bruno. À voir absolument.
Nous avons déjà évoqué l’extraordinaire abatage de Timothée Chalamet dans le Marty Supreme de Josh Safdie. Le plus francophile des comédiens américains a mis toute sa puissance pour smasher la carrière d’une authentique star du ping-pong dans le New-York des années 1950, magnifiquement restitué par la lumière de Darius Khondji. Un film aussi survolté que son héros, qui procure un grand moment de plaisir ; d’ailleurs, Gwyneth Paltrow en prend aussi beaucoup à incarner une star vieillissante attirée par la jeunesse de Marty.
Egalement au programme le Cycle Kelly Reichardt qui revient avec les 6 films qui précèdent The Mastermind, Thomas Lacoste qui nous invite toujours aux Soulèvements, tandis que John Woo nous promet Une Balle dans la tête. Ne ratez pas non plus les suites hongroises de Márta Mészáros, ni L’Engloutie qui refuse de disparaitre. Tant mieux.
On boucle avec les trois séances de L’Enfance de l’Art. Mercredi à 10h30, fêtons Le Carnaval de la petite taupe, de Zdeněk Miler, jeudi à 10h30 soyons joyeusement dégoûté devant Beurk ! et, dimanche à 14h, revenons aux sources du burlesque avec Laurel et Hardy : Premiers coups de génies.
Belle semaine.
Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action