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Éditoriaux

Une semaine fantastique.

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Une semaine fantastique.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Fantastique par sa richesse et sa qualité, bien sûr, mais aussi par le nombre de films apparentés à ce genre. Ils annoncent l’OVNI cinématographique qui atterrit dans nos salles mercredi prochain : The Lighthouse, de Robert Eggers, dont nous ressortons The VVitch. On en reparle plus loin, mais commençons par cette semaine, ses trois événements et sa douzaine de films.

La première soirée se tiendra vendredi à 20h avec un ciné-club Image et Parole. En présence de notre ami historien et sémiologue Carlos Tello, et d’Olga Kobryn, docteure en cinéma à Paris III, nous verrons Lettres d’un Homme Mort. Dans ce film post-apocalyptique d’une terrible noirceur mais d’une troublante beauté, l’humanité, confinée, condamnée, s’éteint suite à une catastrophe nucléaire. Constantin Lopouchanski fait porter son récit par les écrits (magnifiques) d’un vieil homme à son fils, dont il ignore le sort. Ce film russe a été réalisé en 1987, soit un an après Tchernobyl, et 2 avant la chute du mur. Ambiance fin du monde… Après le débat, un verre sera le bienvenu ; il est prévu !

Dimanche 11h30, c’est l’heure du GrecDoc. Cyril Lafon sera dans la salle pour nous présenter Nostos, le documentaire qu’il a consacré à la diaspora des jeunes Grecs qui fuient leur pays en crise. On estime qu’un demi-million de personnes, souvent diplômées, ont quitté la Grèce ces dix dernières années pour trouver un avenir. La rencontre avec Cyril se poursuivra par le rituel apéro-mezzé de « Brunos », notre Zorba cuisinier.

Le fantastique est un genre protéiforme et, en 2018, Bertrand Mandico en a donné une variante hallucinée avec Les Garçons Sauvages, proposé par notre rendez-vous Du décor à l’écran de dimanche 18h. Pour expliquer le travail visuel de ce film hors-cadre où une bande de jeunes délinquants est prise en main par un inquiétant capitaine de bateau pour un voyage que nous qualifierons euphémiquement d’initiatique, la décoratrice Astrid Tonnelier échangera avec le public et nous accompagnera au cocktail à suivre.

Également au rayon fantastique de cette semaine, Evil Dead 2 (Sam Raimi), Ad Astra (James Gray), ainsi que la version Director’s cut de Midsommar (une projection samedi à 16h), cauchemar new-age de Ari Aster. Mais la nouveauté, c’est bien sûr The Witch, figure de la malédiction d’une famille pieuse qui, au début du XVIIe siècle, s’installe en Nouvelle-Angleterre. Leur foi ne sauvera pas ces pionniers des terribles forces du mal qui hantent le pays, et la disparition de leur nouveaux né lancera le bal des maudits. En 2015, Robert Egger avait frappé un grand coup avec The Witch, repéré à Sundance. Quatre ans plus tard, son diabolique talent visuel et narratif est monté d’un cran. The Lighthouse, que nous sortirons mercredi prochain, est un film comme vous n’en avez jamais vu auparavant.

Il est toujours question de diable avec The Stunt Man (Le Diable en Boîte en VF), mais d’un tout autre démon, plus humain, mais non moins maléfique. En 1981, Richard Rush avait été nommé trois fois aux Oscar pour cette étrange histoire d’un fugitif qui devient cascadeur, et surtout l’objet des manipulations d’un cinéaste démiurge (excellent Peter O’Toole). Une curiosité vintage, recommandée par Quentin Tarantino, dont le Once Upon a Time… in Hollywood est toujours projeté en deux versions : numérique longue, ou courte en 35mm.

Non sans vous signaler que Moonrise, grand mélo hollywoodien au subtil noir et blanc de Frank Borzage, poursuit sa carrière, tout comme l’indéboulonnable Jour de Pluie à New York de Woody Allen, terminons avec l’Enfance de l’Art. Le très jeune public se réjouira des quatre dessins animés regroupés dans Le Rêve de Sam (mercredi 14h30) et les plus grands se reconnaitront dans les tribulations et atermoiement d’Aurore, l’ado Jamais contente d’Émilie Deleuze (dimanche 14h).

Fantastique semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action.