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L'Édito

Sur mesure

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Sur mesure

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Le rôle du maniaque et mystérieux couturier anglais de Phantom Thread est sans nul doute taillé pour Daniel Day Lewis. L’envoûtant dernier film de Paul Thomas Anderson, encensé par la presse, triomphe sur nos écrans. Qu’il partagera toutefois cette semaine avec deux événements – jeudi, une projection du Collectif Jeune Cinéma et, lundi, un Ciné-club La Chambre Noire, avec Jean-Michel Frodon pour présenter Pickpocket de Bresson – ainsi que quelques un de nos récents succès. Outre Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du MandarinLa Dame de Pique et We blew it, citons 3 Billboards, qui amasse les récompenses, et Certain Women, que nous projetons pour la dernière fois mercredi à 19h30 en présence de son distributeur Adam Lablack.

Jeudi soir, nous rencontrerons un cinéma différent, entre recherches formelles, envolées poétiques, digressions philosophiques et engagements politiques. Le Collectif Jeune Cinéma défend l’expérience filmique à travers une sélection de courts-métrages, toujours étonnants, souvent déroutants et parfois enthousiasmants. Une initiative à découvrir et à soutenir.

Le Ciné-club La Chambre Noire, nouveau nom du rendez-vous cinéphilique de Sciences Po, célèbrera, lundi à 20h, le grand Robert Bresson, cet étrange et rigoureux cinéaste qui annonçait la Nouvelle Vague. Le portrait de son Pickpocket, son approche quasi-artistique du vol, ainsi que les compositions, le rythme et la photo qui ont fait la réputation d’un réalisateur qui demeure une exception dans le paysage cinématographique français, seront décryptés avec brio, comme d’habitude, par le critique Jean-Michel Frdon.  

Faut-il décrypter Phantom Thread ? Sans doute pas. Mieux vaut se laisser porter par la magie de ce superbe film sur le fil. Aussi secret que le fil brodé qu’il dissimule dans ses luxueuses créations, le lien qui unit le grand couturier Reynold Woodcock à une jeune femme rencontrée par hasard, demeure caché au regard du monde. Car leur amour puise sa force dans une quête d’absolu, métaphysique et mortifère, qui ne peut qu’échapper aux autres, y compris à la sœur de Reynold, pourtant si proche de lui. Il est en vérité difficile de parler de ce film qui ne ressemble à aucun autre, si ce n’est en évoquant le « chef d’œuvre », un mot bien galvaudé et néanmoins adopté, faute de mieux sans doute, par l’ensemble de la critique. En 8 films (doit 3 au cycle PTA que nous lui consacrons) Paul Thomas Anderson a construit son mythe. Il appuie son aura sur le rare et exigeant Daniel Day Lewis, dont l’élégance est aussi perçante que le talent, qui met en lumière celui de ses partenaires, Lesley Manville et Vicky Krieps, une découverte. Si vous n’allez pas voir Phantom Thread, vous raterez le film dont l’année 2018 se souviendra.

Serait-ce d’ailleurs une grande année ? En 6 semaines à peine, nous avons déjà connu deux perles. 3 Billboards conserve d’ailleurs l’affiche et vient de permettre à Frances McDormand et Martin McDonagh de glaner de nouveaux trophées aux BAFTA Awards. Le 4 mars prochain, les Oscar devraient sans doute récompenser les deux films précédemment cités, et peut-être aussi Lady Bird, de Greta Gerwig, que nous sortons mercredi prochain et qui fait partie de 5 nommés. 2018, déjà un grand cru pour le Grand Action.

Et sans vouloir nous envoyer des fleurs, nous pourrions, nous, recevoir le Prix de la Fidélité. Certain Women est programmé au Grand Action depuis exactement un an. Vous êtes 5 358 à l’avoir vu au Grand Action et nous vous attendons nombreux pour sa dernière séance mercredi soir.

Nous sans vous rappeler les titres cités en début de lettre qui font aussi notre programme de la semaine, terminons avec l’Enfance de l’Art qui, mercredi, jeudi et dimanche, nous raconte Le Kid, de Chaplin, précédé de Mr Hublot.

Bonne semaine. 

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du GrandAction