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L'Édito

Se connaître.

L'Édito

Se connaître.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

On vous connait, enfin un peu. Vous aimez les bons films, comme May December, le dernier Todd Haynes, ou La Zone d’intérêt, l’incroyable nouvelle création qu’accompagne un cycle Jonathan Glazer. Et l’on est sûr que vous allez adorer notre sortie de la semaine : Sans jamais nous connaître, la belle et étrange histoire d’amour et de fantôme d’Andrew Haigh. Outre ces trois exclusivités, ainsi que d’autres films toujours en exploitation (Priscilla, Past Lives…), nous vous proposons aussi deux ciné-clubs, et commençons par eux. 

Dimanche à 18h, le Ciné-club CMC, « Costume – Maquillage – Coiffure », a convié la cheffe costumière du Portrait de la jeune fille en feu à venir débattre après la projection.  Dorothée Guiraud obtint le César des meilleurs costumes en 2020 pour ceux de ce beau duo de femmes dirigé par Céline Sciamma, qui lui valu le Prix du scénario à Cannes.

Dorothée créa également les costumes de Comme un avion, de Bruno Podalydès, programmé mardi à 19h30. Mais c’est le réalisateur qui sera cette fois l’invité du Ciné-club Louis Lumière. Toujours un régal d’échanger avec Bruno, surtout après avoir vu cette comédie décalée comme il en a le secret. 

C’est en collaborant à l’écriture et au montage avec Ridley Scott qu’Andrew Haigh apprit le métier. On a connu pire formation. Il réalise en 2003 son premier court et présente son premier long (Greek Pete) 6 ans plus tard, au London Lesbian and Gay Film Festival. Homosexuel revendiqué, Haigh parle souvent d’amour entre garçons et son dernier film, Sans jamais nous connaître, n’échappe pas à cette ligne. Dans une tour qui semble abandonnée, Adam, un auteur trentenaire, solitaire et orphelin depuis ses 12 ans, rencontre son voisin Harry, avec qui il entame une relation. Pour nourrir son écriture, Adam retourne aussi vers la maison de son enfance, où il vit de bien étranges moments… Aux côtés d’Andrew Scott, Paul Mescal – le père maladroit d’Aftersun – interprète le troublant Harry. Les deux partagent l’affiche avec Jamie Bell (l’inoubliable Billy Elliot en 2000, qui a pas mal grandi) et Claire Foy, l’une des plus talentueuses actrices britanniques de sa génération, vue dans First Man et la série The Crown, où elle incarnait merveilleusement la jeune Elizabeth II. Sans jamais nous connaître est un film d’amour, de manque et de déchirure, qui flirte avec le fantastique sans jamais l’appuyer. Librement inspirée d’un roman de Taichi Yamada (Strangers), cette œuvre singulière et très personnelle circule habilement sur une corde tendue entre le désir et la souffrance. Salué par la critique et très apprécié du public anglais, Sans jamais nous connaître possède un ton particulier qui nous a séduit. 

Si vous avez connu Jonathan Glazer en voyant La Zone d’intérêt, vous serez ravis de découvrir deux de ses précédents films que propose le cycle consacré à cet important réalisateur, passé par l’exigence de la mise en scène théâtrale et la précision des clips musicaux (pour Radiohead, Massive Attack..). Avant de nous plonger dans l’effroyable banalité quotidienne et les soucis professionnels du commandant du camp d’Auschwitz-Birkenau et de sa petite famille (Christian Friedel et Sandra Hüller, exceptionnels) locataires de la Zone d’intérêt, Glazer nous avait gratifiés d’un somptueux thriller en 2000 (Sexy Beast). En 2013, il faisait de Scarlett Johanson la séductrice extraterrestre et exterminatrice de Under the skin. On retrouve dans ces deux opus le côté glaçant de Glazer. 

Allez jeter un œil plus bas pour voir les autres films à l’affiche, et terminons cette missive avec l’Enfance de l’Art et Le Sandwich Club, nos deux programmes destinés à la jeunesse. Le premier nous propose de rencontrer la Princesse Dragon, de Jean-Jacques Denis et Anthony Roux, mercredi à 10h30 et, le lendemain à la même heure, de suivre Ernest et Célestine en hiver, mis en image par Julien Chheng et Jean-Christophe Roger. Dimanche à 14h, Suzanne De Lacotte animera le Sandwich Club avec Un Jour sans fin, d’Harold Ramis ; ça risque donc de durer longtemps, mais quelle joie ! 

Joyeuse semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action