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L'Édito

Le gay printemps de Sean Penn.

L'Édito

Le gay printemps de Sean Penn.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Dimanche, lundi et mardi, nous fêterons le Printemps du Cinéma, et toutes les séances seront à 3,50 €. L’occasion rêvée pour aller voir Harvey Milk, le petit bijou de Gus Van Sant, inspiré de la vie du premier homosexuel à avoir été élu en l’avouant. Sean Penn s’impose dans ce film par une impressionnante et subtile composition. Mais s’il fut couronné par un Oscar pour son interprétation de Milk, cet immense acteur avait une belle carrière derrière lui. Carrière dont nous vous proposons de redécouvrir les pièces maîtresses à travers notre festival Into Sean Penn.
Deux nouveaux films de ou avec Sean Penn viennent rejoindre ceux déjà programmés la semaine dernière. Et pas des moindres puisqu’il s’agit d’abord de La Ligne Rouge (jeudi), cauchemar de guerre filmé par Terrence Malick, cinéaste rare et mythique qui évoque la bataille de Guadalcanal, le Verdun du Pacifique. L’autre arrivée de notre programmation est The Indian Runner, premier très beau long-métrage de Sean Penn, qui en est également scénariste et producteur. Dans les déserts glacés du Nebraska et servi par une excellente bande son (notamment signée Yo la tengo, si nos souvenirs sont exacts), Penn narre les relations conflictuels de deux frères (David Morse et Vigo Morgensen) que tout oppose. Vous retrouverez par ailleurs Sean Penn troublé dans The Assassination of Richard Nixon, de Niels Muller, et troublant dans La Dernière Marche, de Tim Robbins. Du côté brillant de la camera, il joue le frère de Michael Douglas dans The Game, de David Fincher, et un amoureux prêt à tout dans le délicieux She’s so Lovely, de Nick Cassavetes. On le voit aussi au cœur d’une tragédie dans Mystic River, de Clint Eastwood, et l’on devine sa présence lorsqu’il dirige le plateau, comme dans The Pledge, ou le magnifique et fatal voyage d’Into the Wild.

Mais, cette semaine, Sean Penn est d’abord Harvey Milk, vu par Gus Van Sant et Dustin Lance Black, le jeune auteur du scénario. Bien qu’il n’ait pas connu Milk, le message de ce charismatique leader a changé la vie de Black, qui trouva le courage, comme tant d’autres, de faire son coming out et de vivre son homosexualité au grand jour. Le combat de Milk contribua à l’évolution des mentalités et à faire naitre une société plus tolérante. C’est bien sur cela qu’insiste Gus Van Sant qui, au-delà du biopic et grâce au remarquable travail documentaire du scénariste, reconstitue avec justesse et sensibilité une époque, les années 70, où tout semblait possible. Justesse et sensibilité s’imposent également pour qualifier la prestation de Sean Penn, mais nous avions promis, il y a quelques semaines, de ne plus dire qu’il était le meilleur acteur du monde.

D’autant que la concurrence est rude dans le monde du comédien Américain. Prenons, au hasard, le magnifico Benicio Del Toro, qui a pris le risque d’interpréter un Che Guevara plus vrai que nature, en espagnol, en deux parties et plus de 4 heures, dans un double film réalisé par un chouchou du cinéma Hollywoodien, Steven SoderberghChe L’Argentin et Che Guerilla, leçons d’histoire et de cinéma, sont toujours à l‘affiche de nos salles. Et pour le jeune public, l’Enfance de l’Art poursuit son cycle d’animation japonaise avec Goshu le Violoncelliste, de Isao Takahata, le réalisateur du Tombeau des Lucioles.

Bonne semaine

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action