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Éditoriaux

Drôles de jeux.

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Drôles de jeux.

Chères spectatrices, chers spectateurs, 

Parmi les drôles de choses qui se jouent sur nos écrans cette semaine, The Amusement Park risque de dérouter plus d’un spectateur. Le critique Philippe Rouyer viendra mercredi à 18h30 nous raconter l’histoire improbable de ce moyen-métrage halluciné de Georges A. Romero inédit en salle. Les jeux dangereux de Carey Mulligan, la Promising Young Woman d’Emerald Fennell, restent à l’affiche, tout comme les pratiques ludico-sadiques de The Wicker Man, dont la projection de dimanche donnera l’occasion de s’amuser en répondant à un quizz. Le troisième événement de la semaine se tiendra dimanche à 16h, lors de la projection d’Editeur. Commençons par là. 

Organisée dans le cadre du Festival Quartier du Livre, une initiative de la Mairie du Ve Arrondissement, la projection d’Editeur, film de Paul Otchakovsky-Laurens, donnera lieu à une rencontre avec Julie Wolkenstein et Santiago Amigorena, tous deux publiés chez P.O.L. L’occasion de mieux connaître cette mythique maison d’édition créée par Paul Otchakovsky-Laurens, grand visionnaire du livre décédé en 2018.

Soyez présents mercredi à 18h30 pour entendre Philippe Rouyer évoquer, avec sa fougue et sa passion, The Amusement Park, de Georges A. Romero, film inédit en salle depuis 48 ans ! On vous la fait courte pour ne pas divulgâcher Philippe. En 1973, soit 5 ans après l’immense succès de La Nuit des Morts Vivants, Romero, qui avait mal négocié son contrat, n’a plus un rond. Il accepte donc la commande d’une communauté religieuse de Pittsburg qui veut dénoncer les maltraitances aux personnes âgées. Louable intention ; sauf qu’il faut être luthérien (et passablement naïf) pour confier un tel projet à l’inventeur du film de zombies ! Romero va composer un cauchemar hallucinant, où un senior, plongé dans une fête foraine, vit un véritable enfer. Introduit par un long discours édificateur, le calvaire du bonhomme, filmé comme une suite de traumatismes, se termine de façon terrifiante… et sans message religieux positif ! Son absence, pourtant contractuelle, n’est sans doute pas la seule raison qui conduisit les Luthériens à ranger ce moyen-métrage, digne d’un épisode de La Quatrième Dimension, dans un placard et à l’oublier. Redécouvert par la veuve du réalisateur (décédé en 2017), The Amusement Park sort pour la première fois sur les écrans. Dérangeant, expérimental, fascinant (aussi par sa bande son), ce film ne plaira pas à tous les publics. Mais si vous aimez les objets cinématographiques étranges, ne manquez pas d’entrer dans The Amusement Park. Bon trip, gniark, gniark, gniark…

Cassy est une jeune femme charmante, prometteuse, mais un peu perturbée et prête à prendre des risques en jouant avec le désir des hommes et le consentement des femmes. Car Cassy, Promising Young Woman, a un secret et une vengeance à accomplir. Carey Mulligan prête ses traits et son charme à l’héroïne inventée par Emerald Fennell. Pour son premier film, cette actrice britannique – Camilla Parker-Bowles dans The Crown – a composé une histoire à tiroirs et à rebondissements, qui décrocha l’Oscar du Meilleur scénario original. Une récompense méritée pour cette comédie amère, portée avec conviction par Mulligan, une comédienne qu’on adore au Grand Action. 

On adore aussi Marc Olry, directeur de Lost Films, et ardent promoteur de The Wicker Man. Il sera encore parmi nous dimanche à 18h30 pour animer un quizz musical qui précèdera la projection du film de Robin Hardy, vertigineuse plongée d’un policier bigot dans une communauté païenne. Un autre cauchemar, tout aussi étonnant que celui de The Amusement Park, également réalisé en 1973. Etait-ce l’année du mauvais rêve ? 

Deux autres qu’on adore, ce sont Chloé Zhao et Frances McDormand. Nous les retrouverons dès mardi 18h30 pour l’avant-première de Nomadland – Oscar du Meilleur film et Oscar de la Meilleure réalisation pour la première et Oscar de la Meilleure Actrice pour la seconde. Il sera à l’affiche dès mercredi prochain, et on en reparlera. 

Concluons vite avec l’Enfance de l’Art. Mercredi à 14h30, ce sera Les petits Canards de Papier, trois courts-métrages des studios Shanghai, et dimanche à 14h, La Reine Soleil, où Philippe Leclerc nous raconte en animation l’histoire d’une souveraine égyptienne rebelle. Un régal.

Amusante semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action