Scroll down
Éditoriaux

Des Lang plein les yeux.

Éditoriaux

Des Lang plein les yeux.

Chères spectatrices, chers spectateurs, 

Si ce cycle Fritz Lang, le goût du noir, avec trois de ses films américains (dont certains présentés par la rédaction de la revue Apaches) illumine notre programme, il va y avoir d’autres occasions d’en prendre plein les yeux. D’abord avec un nouveau Festival du Cinéma Aborigène Australien, mais aussi avec Phase IV, unique et incroyable réalisation de Saul Bass proposée par le Ciné-club Image & Parole, tandis que celui des Producteurs convoque Les Patriotes d’Eric Rochant, et que celui des Ecoles nous fait revisiter La Chambre du Fils de Nanni Moretti. Et puis, pour ravir encore vos pupilles, nos autres films – Out of the Blue, le cycle Kelly Reichardt autour de First Cow, et Entre deux trains sont encore à l’affiche.  

Carlos Tello, notre camarade docteur en Littérature comparée et cinéma, ne nous contredira pas. Il y a deux sortes de cinéphiles : ceux qui ont vu Phase IV, et les autres. Vendredi à 20h, le Ciné-club Image & Parole invite la seconde catégorie à rejoindre la première en projetant l’unique film de Saul Bass, hyper-talentueux auteur de génériques (pour Hitchcock notamment), qui réalisa en 1974 cette fable cauchemardesque sur une guerre du futur entre l’homme et des fourmis mutantes. Stupéfiant.

Samedi, le Grand Action nous emmène dans le bush pour quelques projections du Festival du Cinéma Aborigène Australien, dont le réalisateur Warwick Thornton est l’icône. A 17h, Hugues Peysson, distributeur fondateur de l’Atelier de l’Image, et Allan Clarke, journaliste et descendant des peuples Murawari, conduiront un débat après la projection des 2 premiers épisodes de sa série Mystery Road. A 19h30, on enchaînera avec We Don’t Need a Map, documentaire du même Warwick Thornton qui, au son du punk-rock australien, décortique l’imaginaire cosmogonique de la Croix du Sud, cette Etoile du Berger de son hémisphère. 

Après deux premiers films prometteurs (Un Monde sans Pitié et Aux Yeux du Monde), et avant d’inventer la série Le Bureau des Légendes, Eric Rochant s’intéressait déjà à l’espionnage dans Les Patriotes. C’est ce film de 1994 que le Ciné-club Producteurs, l’âme des films nous propose de revoir dimanche à 16h30. Alain Rocca, fondateur de Lazennec et producteur historique de Rochant (notamment) sera avec nous pour parler de son travail. 

Lundi à 20h, le Ciné-club des Ecoles nous fait visiter La Chambre du Fils, bouleversant film de Nanni Moretti sur le deuil, qui remporta la Palme d’Or en 2001. 

Génial cinéaste allemand, Fritz Lang dut immigrer aux USA avant-guerre pour des raisons qu’on imagine. Il y réalisa une vingtaine de films, dont quelques chefs d’œuvre, avant de rentrer en Allemagne de l’Ouest. Louons l’ idée du distributeur de répertoire Théâtre du Temple de ressortir sur copie neuve quelques-uns de ses opus américains, regroupés sous le titre Fritz Lang, le goût du noir. Trois sont au programme cette semaine, dont deux présentés par des rédactrices de la Revue Apaches : L’Invraisemblable Vérité, solide polar manipulateur (introduit par Mahaut Thébault, mercredi à 19h), Le Démon s’éveille la Nuit, drame conjugal qui contribua à lancer Marilyn Monroe, et La Cinquième Victime, le dernier de ses films américains (1956), acide critique du monde journalistique, dont Agathe Presselin parlera mardi à 19h.

Entre deux trains, le délicat film de Pierre Filmon poursuit sa carrière. Pierre accompagnera la projection de vendredi 18h30, et celle de dimanche 16h, en compagnie de son acteur Pierre Rochefort. « Bombe punk » de Dennis Hopper, Out of the Blue, plongée dans les délires des années 80, répond aussi présent, tout comme First Cow, superbe « western » contemplatif, soutenu par un exhaustif cycle Kelly Reichardt

Et pour terminer, L’Enfance de l’Art propose aux tout-petits un merveilleux Voyage en ballon mercredi à 14h30 et, dimanche à 14h, Frankenweenie, une production Disney twistée par Tim Burton. 

Belle semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action