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L'Édito

Des bouts d’année

L'Édito

Des bouts d’année

Chères spectatrices, chers spectateurs, 

En ce bout d’année où L’Engloutie, excellent premier film de Louise Hémon, nous emmène au bout du monde, on sera À Bout de course pour commencer la prochaine. Ce grand Sidney Lumet, projeté lors du Directors’Club de Marie Monge lundi à 19h30, ouvre le bal des événements 2026, suivi le lendemain par la Reprise des Grands Prix de la compétition internationale d’Entrevues Belfort. Bien d’autres rendez-vous rythmeront la nouvelle année, que l’on vous souhaite excellente, et qui commence au Grand Action avec la poursuite de certains récents succès de 2025. Voir en fin de lettre. 

Lundi à 19h30, le Directors’ Club de Marie Monge, réalisatrice de Joueurs, sera le premier événement de l’année. Nous la remercions d’avoir choisi de nous parler de À Bout de course, dont le sujet n’est pas sans rappeler Une Bataille après l’autre, le dernier PTA, toujours à l’affiche. Ce film de Sidney Lumet (1988), où une famille poursuivie pour « terrorisme » fuit la police, est illuminé par la présence de River Phoenix, première étoile montante d’une fratrie de cinéma qui mourut quelques années plus tard. Nous évoquerons sa courte carrière et celle, beaucoup plus longue, de Lumet, lors du débat animé par Laurent Larivière.

Mardi à 19h30, grâce à la soirée Reprise des Grands Prix de la compétition internationale d’Entrevues Belfort, les spectateurs du Grand Action découvriront deux films qui ont marqué l’édition 2025. Nous débuterons avec Sweetie, habile documentaire de Zoé Filloux sur une performeuse érotique, puis enchaînerons avec Anoche conquisté Tebas, où Gabriel Azorín fait glisser des amitiés masculines dans le temps avec une remarquable audace formelle. L’équipe artistique du festival belfortin sera dans la salle pour expliquer ses choix, et échanger avec le public. 

La solidité que dégage Louise Hémon résonne dans le personnage d’Aimée, la jeune institutrice républicaine qui vient éduquer les enfants d’un hameau perdu des Alpes au tournant du XXe siècle. Et, lorsqu’on regarde la très belle image de la cheffe-opératrice Marine Atlan, on peut imaginer que la réalisatrice dût montrer une belle conviction communicative pour entraîner une équipe de cinéma à tourner dans de telles conditions. L’Engloutie se déroule en altitude, dans la neige, le froid, le vent, et dépeint, avec un troublant réalisme, un monde rude, solide mais fragile, pétri de superstitions et hostile au progrès du monde moderne qu’incarne Aimée. La jeune enseignante, magnifiquement incarnée par Galatea Bellugi, apporte le savoir, mais aussi la sensualité dans la petite communauté que les femmes ont désertée pour aller travailler dans la vallée. Un premier long-métrage ambitieux et troublant, plein de crainte et de désir, ou la menace des hommes et de la nature peuvent emporter L’Engloutie

On retrouve à l’affiche tous les films de la semaine dernière, dont Rebuilding, le western moderne de Max Walker-Silverman, où le propriétaire d’un ranch ravagé par les incendies tente de se reconstruire un avenir. Évidemment, nos bijoux asiatiques, made in Hong-Kong et façonnés par le producteur Tsui Hark, poursuivent leur carrière. Deux salles, deux ambiances : d’un côté, The Killer, thriller rédempteur de John Woo, de l’autre, la trilogie des Histoires de fantômes chinois, chorégraphiée par Siu-Tung Ching. Retrouvez plus bas toutes les affiches des films à voir cette semaine, sans compter ceux de l’Enfance de l’Art. Mercredi à 10h30, les petits se régaleront devant Le Grand Noël des animaux et, dimanche à 14h, les gamins de tout âge apprécieront le Hugo Cabret, où Martin Scorsese rend hommage à Méliès.

Bon début 26.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action