Zucca & Herzog : poésie et démesure
Chères spectatrices, chers spectateurs,
Nous sommes très heureux de vous proposer de (re)découvrir un cinéaste injustement oublié, Pierre Zucca, qui débuta comme photographe de plateau avant de passer aux 24 images/seconde. Deux séances de Vincent mit l’âne dans un pré seront présentées par l’actrice Virginie Thévenet. Cette semaine permet à nos récentes propositions, dont Le Syndicat du crime 1, 2 et 3 et le deuxième volet des Odyssées de Werner Herzog de poursuivre leur carrière, à des ciné-clubs de s’exprimer. Dans le cadre du Festival Forêt en scène, nous verrons en avant-première la copie restaurée de Fitzcarraldo, séance précédée d’un cocktail de Biocoop, et suivie d’un débat avec l’ONF. En attendant de nous mettre à table, demandez le programme ! Le voilà.
Mercredi à 20h, le Collectif jeune Cinéma, toujours ambitieux dans son approche, nous invite à une séance performative qui proclame Maurice Lemaître toujours vivant ! Deux membres de la Section Française du Front International des Jeunesses Supercapitalistes© (on adore !) rendront hommage à cet artiste protéiforme et libertaire, adepte du lettrisme, qui aurait 100 ans et qui, bien que mort en 2018, demeure donc vivant !
Le Festival Forêt en scène fait une halte dans sa promenade au Grand Action pour une projection de Fitzcarraldo. La fresque amazonienne de Werner Herzog se jouera vendredi à 19h30, et lancera un débat avec Alban Rangier, responsable de l’unité territoriale de Saint-Germain à l’Office National des Forêts. Nous sommes très heureux de recevoir un responsable du prestigieux ONF, et ravis que le Biocoop-Monge l’accueille par un cocktail à partir de 18h30.
Dimanche à 16h, le Ciné-club des Ecoles nous fait le plaisir d’inviter le critique Jean-Michel Frodon pour analyser Yi Yi, magnifique fresque qu’Edward Yang réalisa en 2000. D’un mariage à un enterrement, la vie épique d’un ingénieur taiwanais…
Mercredi prochain, nous sortirons Les Saisons, étonnant documentaire sur le peuple et l’histoire de l’Alentero, une région du Portugal. Maureen Fazendeiro, la réalisatrice, nous le montrera lundi à 20h en avant-première, avant d’échanger avec Anne-Violaine Houcke, maîtresse de conférences en cinéma-audiovisuel à Paris Nanterre.
Cap vers la suède mardi 20h, pour un documentaire poétique sur la culture des Samis, éleveurs de rennes. Nous voyagerons en compagnie de Thomas Jackson, réalisateur de Historjá et invité du Ciné-club Nordique, notre nouveau rendez-vous avec le monde scandinave.
Pierre Zucca est né en 1943 dans la chambre noire où son père développait ses portraits de studio. Pierre hérita de son sens du cadre, de l’esprit de la lumière… et d’un Leica avec lequel il arpenta les tournages. Lassé de ne saisir que l’instant, le photographe de plateau voulut capter le mouvement du cinéma. Il passa donc à la caméra pour composer des tableaux vivants qui, mis bout-à-bout, composent de drôles de récits aux accents rohmériens. Il s’appuie sur d’habiles comédiens, confirmés – Michel Bouquet – ou débutants – Fabrice Lucchini. Les deux sont à l’affiche de Vincent mit l’âne dans un pré, avec aussi Bernadette Lafont et Virginie Thévenet, qui viendra nous présenter les séances de jeudi 20h et samedi 19h. Outre ce film de 1976, la Cinémathèque en a restauré trois autres, distribués par La Traverse : dans Alouette je te plumerai, Claude Chabrol joue un vieillard cardiaque et taquin, dans Rouge-Gorge on louvoie entre le vrai et le faux, et les fantasmes traumatiques de Roberte, adaptés du livre de Pierre Klossowski, qui nécessitent l’ajout d’une alerte pour les publics sensibles. Singulier, intriguant, mais aussi marqué par son époque, le travail de Zucca s’inclut dans la néo-Nouvelle Vague qui, elle, hérite de la liberté d’oser de la première. Le réalisateur « filmait ce qu’il ne pouvait pas voir » et le cycle Z comme Zucca permet de redécouvrir sa vision malicieuse, qui rend « hommage à tous les menteurs ».
Ne ratez pas les autres films à l’affiche ni d’emmener vos enfants aux sources du burlesque dimanche à 14h pour les Premiers coups de génies de Laurel et Hardy proposés par L’Enfance de l’Art.
Belle semaine.
Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action