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L'Édito

Grandes ambitions.

L'Édito

Grandes ambitions.

Chères spectatrices, chers spectateurs, 

L’ambition est un excellent sujet de cinéma. Celle de défendre la planète, au cœur de Soulèvements, l’excellent film militant de Thomas Lacoste (suivi d’un débat dimanche à 16h45 et lundi 20h), comme celle, plus individuelle, de Marty Supreme. Ce portrait d’un ambitieux, magnifiquement incarné par Timothée Chalamet dans le très attendu dernier Josh Safdie, arrive mercredi au Grand Action. Vous pourrez aussi y voir la trilogie hongroise de Márta Mészáros (Neuf mois, Adoption, Elles deux), The Mastermind de Kelly Reichardt, et quelques autres affichés en fin de lettre. Et puis, bien sûr, il y a des événements…

Le premier se tiendra mercredi à 20h pour une soirée CinéMansA, consacré à l’artiste Elsie Haas. La séance s’ouvrira avec le documentaire de Safi Faye, Elsie Haas, femme peintre et cinéaste d’Haïti, enchainera avec Zatrap, un film signé Elsie Haas, et sera proplongée par une rencontre avec l’artiste accompagnée de l’archiviste June Givanni. 

Jeudi à 20h, le Ciné-Club La Relève a invité Thomas Lilti, cinéaste et médecin, qui réunit ses deux métiers en racontant sa Première année, comédie un peu amère mais juste et réussie avec Vincent Lacoste et William Lebghil. 

Vendredi à 21h, les universitaires Christa Blümlinger etNoah Teichner rendront hommage à Hollis Frampton (1936-1984), artiste protéiforme et théoricien du cinéma. Lors de cette soirée Hollis Frampton : From Form to Idea to Form of Idea, Noah nous montrera son documentaire Navigators sur le curieux destin d’un paquebot des années 1920, et nous verrons Surface Tension, réalisé par Frampton en 1968. 

Timothée Chalamet a fait assaut de son charme francophone pour promouvoir Marty Supreme. Egalement co-producteur, il s’est profondément investi dans ce film épatant promis à une pluie d’Oscar. Josh Safdie a réalisé avec son frère des longs-métrages remarqués (Good Time) avant que chaque membre du duo ne décide de poursuivre seul sa route. Benny Safdie a récemment réalisé The Smashing Machine, sorti au Grand Action, et c’est au tour de Josh de s’inspirer d’un sportif, le fameux Marty Supreme, un adjectif qui va très bien au véritable Marty Reisman. Dans les années 1950 Marty est dévoré d’une immense ambition qui passe par le tennis de table, sport marginal dans l’Amérique de l’époque. Avec une déroutante assurance, il va tout tenter, y compris les combines les plus approximatives, pour parvenir à ses fins et sortir de son humble condition. La lumière des salles enfumées de ce New-York 50’s, signée Darius Khondji, chef-opérateur star et collaborateur régulier des Safdie, donne une couleur épatante aux tribulations de Chalamet, formidable d’énergie, d’arrogance… et de drôlerie. Rythmé comme une partie de ping-pong de haut niveau et pleine de rebonds, Marty Supreme s’annonce comme un grand film de 2026. 

Thomas Lacoste et sa chef-opératrice, Catherine Georges, posent leur caméra au plus près des seize paysans et militants qui prennent la parole dans Soulèvements ; et ils laissent le temps de raconter. Ainsi nait leur cinéma engagé et sensible, qui raconte le combat des Soulèvements de la Terre, une association que le pouvoir, les lobbies de l’agro-industrie et les accrocs au surtourisme aimeraient dissoudre, mais qui résiste. Tant mieux. Dimanche à 16h45, la projection de Soulèvements sera suivie d’un débat avec l’antenne Jeune d’Amnesty internationale Sorbonne, et Léo Commune, activiste écologique. Lundi à 20h, le débat entre le réalisateur et le critique Jean-Michel Frodon, sera plus cinématographique que politique. Mais tout est politique. 


Restent donc à l’écran, évidemment, The Mastermind accompagné du Cycle Kelly Reichardt, les trois films de la pionnière du cinéma féministe hongrois (et mondial) Márta Mészáros (Neuf mois, Adoption, Elles deux) et, dans un genre plus masculiniste, Une Balle dans la tête, de John Woo. Une ligne pour la projection dominicale (à 14h) de L’Enfance de l’Art où Yasujiro Ozu nous donnera son Bonjour

On vous passe le nôtre. 

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action