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Éditoriaux

Luttes.

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Chères spectatrices, chers spectateurs, 

Trois sujets de société occupent le haut de notre affiche cinématographique. Ariaferma, de Leonardo Di Constanzo, s’intéresse à l’univers carcéral italien, Armageddon Time, de James Gray, à l’injustice sociale, et Thorium, la face gâchée du nucléaire, de Myriam Tonelotto, présenté lors du Climax de mardi prochain, parle d’énergie. Ce rendez-vous important, avec un film qui ne l’est pas moins, est l’un de nos nombreux événements de la semaine. Voyons-les d’abord, mais non sans rappeler que Le Serment de Pamfir, de Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk, et Bowling Saturne, de Patricia Mazuy, nos deux récentes sorties, demeurent, parmi d’autres, au programme. 

Jeudi à 20h, le producteur Mathieu Bompoint viendra animer un Rendez-vous du cinéma Grec où sera projeté Holy Emy, drame où Araceli Lemos raconte l’histoire de deux sœurs très croyantes, dont l’une tombe enceinte. A propos de cinéma grec, signalons une projection spéciale de Xenia, de Panos H. Koutras, dimanche 20h, en sa présence. 

Vendredi soir, nous retrouverons notre cher Carlos Tello, docteur en littérature comparée et cinéma, et son ciné-club Image & Parole. L’occasion d’une nouvelle discussion vibrante après la projection de La Région sauvage, film fantastique mexicain d’Amat Escalante. 

L’automne peut-être la saison des expérimentations et c’est le propos de Novembre expérimental, un programme concocté par Cinédoc Paris Films Coop. Samedi à 19h30 et dimanche à 16h, deux projections de films de Michael Snow, cinéartiste protéiforme, seront présentées par Federico Rossin, historien du cinéma. Wavelength, obtint en 1968 le Grand Prix de Knokke, et La Région Centrale, fut l’un des grands chocs du cinéma expérimental de l’année 1971. Incontournables pour les amateurs du genre…

Pour les jeunes amateurs de rigolade intelligente, signalons, dimanche à 14h, le Sandwich Club avec une projection de Qui veut la peau de Roger Rabbit ? de Robert Zemeckis, suivie d’un débat avec Suzanne De Lacotte.

Le délicieux Cédric Klapisch est l’invité du Directors’ Club de lundi 19h30. Pour échanger avec la salle sur ses temps forts de cinéma, l’inventeur de Xavier, interprété par Romain Duris dont il révéla le talent, a choisi Les Nuits de Cabiria, inoubliable film de Federico Fellini qui, lui, pygmaliona la merveilleuse Giulietta Masina.  

Mardi à 19h30, le ciné-club Climax a réuni un plateau de choix pour débattre de notre avenir énergétique et du mystérieux Thorium, la face gâchée du nucléaire, que documenta Myriam Tonelotto. Après le film, la réalisatrice, accompagnée d’Yves Marignac, fondateur de NégaWatt, Daniel Heuer, spécialiste du nucléaire et Cédric Villani, mathématicien, échangeront sur ce sujet aussi crucial que vital pour nos lendemains à tous. Pour s’assurer qu’ils chantent…

Ariaferma, troisième long-métrage de fiction de Leonardo Di Constanzo, qui s’est d’abord fait connaitre par le documentaire, est notre sortie de la semaine. Une prison vétuste, dans un coin sublime et désolé de Sardaigne, doit fermer. Mais une douzaine de détenus n’ont pas été recasés. S’ouvre alors un huis-clos entre ceux qui restent : les prisonniers et les gardiens. Curieux face à face, oppressant, mais aussi terriblement humain entre des oubliés du système qui, même s’ils sont différents, partagent le même enfermement. Filmé avec élégance et finesse, Ariaferma vaut aussi pour son duel de chefs : l’imperturbable Toni Servillo, qui représente la loi, et Silvio Orlando, qui finit de purger une longue peine. « On ne pleure jamais en prison », conseille ce dernier à un jeune détenu, tandis que le réalisateur nous interroge sur l’absurdité du système carcéral. Les Cahiers du Cinéma s’enthousiasment sur cet étonnant film. Nous aussi. 

Évidemment, Armageddon Time conserve l’affiche. Dans son dernier film, intime et intimiste, James Gray évoque un souvenir d’enfance, et sa découverte de l’injustice. Deux gamins grandissent dans le Queens des années 80, un Noir, un peu abandonné, et un Juif, élevé par une famille intégrée. Issus de deux classes sociales différentes, ils commettent la même bêtise, mais ne connaîtront pas le même destin. 

D’autres films restent à l’affiche, et on termine vite avec une séance féérique de l’Enfance de l’Art, puisqu’il s’agit de Princes et Princesses, Mercredi à 14h30.  

Belle semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action