Une Invitation que l’on ne saurait refuser
Chères spectatrices, chers spectateurs,
Actrice et réalisatrice, Olivia Wilde nous lance une bien curieuse Invitation : vivre une soirée où un couple usé en reçoit un autre, beaucoup plus fougueux, dans leur appartement de San Francisco. Adapté d’une pièce de théâtre et d’un film espagnol, L’Invitation est un petit bijou d’introspection entre adultes… Outre cette nouveauté, très remarquée aux festivals de Sundance et Deauville, nous vous invitons, cher public, à découvrir nos nombreux événements de la semaine, dont deux projections commentées de Hair, paper, water, le touchant documentaire de Nicolas Graux et Minh Quý Trương sur les anciens savoirs d’une dame vietnamienne. Les réalisateurs en parleront vendredi à 19h30 et la séance de samedi 20h sera présentée par Ambre Guidicelli de la revue Tsounami.
Jeudi à 19h30, le Ciné-Club La Relève accueille, lui, Judith Godrèche, talentueuse dynamiteuse des abus mascu-paternalistes dans le cinéma. Après sa série post-me-too très réussie, Judith passe au long-métrage et nous présentera Mémoire de fille en avant-première, avant d’en débattre avec la salle.
Samedi à 17h, nous sommes ravis de retrouver Adrio Guarino et son Merci le court. Pour sa 18e édition, il nous propose de faire « un bout de chemin ensemble ». Joli titre pour une sélection où Tommy Baron nous partage sa Curiosity on Planet Mars, avant que Phane Montet suive La fille à la recherche de la cabane, que Joséphine Ha nous soigne via La cure thermale, et que Paul Rigoux constate (non sans humour) qu’Il manque toujours quelque chose (surtout quand on ne sait pas quoi chercher). Évidemment ces enthousiastes cinéastes échangeront avec la salle à l’issue des projections.
Départ pour le Viet-Nam avec le Ciné-club Yda dimanche à 16h. Nous serons guidés par Leon Le, réalisateur de Ky Nam Inn, l’histoire d’une rencontre dans le Saigon des années 1980. Débat à suivre.
Le voyage continue mardi à 20h, avec Patou, Capitaine des Ecrans d’Afrique. Il a invité Evans Ngnimpieba, lui-même atteint de drépanocytose – la plus répandue des maladies génétiques, notamment en Afrique sub-saharienne, qui dérègle la chaîne de l’hémoglobine. Evans en a tiré un intéressant documentaire, La chaussure du Drépano, et sera accompagné de son équipe pour en débattre mardi.
Olivia Wilde ouvre L’invitation avec une citation de son presque homonyme, Oscar : « on devrait toujours être amoureux. C’est la raison pour laquelle on ne devrait jamais se marier ». Ces mots conviennent parfaitement aux deux couples de voisins qui se retrouvent pour une soirée pleine de non-dits, de malentendus, de désirs, de rancœurs et d’incompatibilités, alimentaires entre autres. Les invités – lumineuse Penélope Cruz et éclairé Edward Norton – explorent leur amour sous toutes les formes, y compris les moins conventionnelles et les plus explosives. L’ambiance est toute autre, et beaucoup plus morose, pour la puissance invitante – Olivia Wilde (bravo pour la double casquette, et la confirmation de son talent de réalisatrice) et Seth Rogen. Usés par les échecs, élimés par la vie, confits dans leur certitudes et confinés dans l’appartement des parents, ils ne restent ensemble que pour leur fille (qu’on ne verra pas) et portés par la sale habitude de se faire mal, au dos et au cœur. Ce virevoltant vaudeville (et habile huis-clos) fut d’abord une pièce à succès créée en Espagne par Cesc Gay – qui l’a adapté en film -, avant de débarquer au cinéma américain indé. Tout en gardant l’idée du couple au bord de la crise de nerf (hommage à Penélope), Will McCormack et Rashida Jones ont revu le scénario pour donner un nouvel allant à cette Invitation, qu’Olivia Wilde, en maîtresse de cérémonie, met astucieusement en scène avec un jeu de miroir signifiant. C’est drôle, cruel, juste, et nous interroge sur notre vision du couple. Nul doute qu’en sortant de la salle, il devrait y avoir des débats.
Consultez notre programme complet sur le site du Grand Action, dont le Cycle Arthur Harari qui tire ses derniers feux, et bouclons avec l’Enfance de l’Art. Dimanche à 14h, elle nous emmène cueillir La colline aux coquelicots, de Gorō Miyazaki.
Belle semaine.
Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action