L'Édito

Portraits de femmes.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Le titre de notre lettre annonce la sortie de Hair, paper, water, bouleversant portrait de Madame Hâu, née dans une grotte vietnamienne. Nicolas Graux et Minh Quý Trương viendront nous présenter ce documentaire de création à valeur ethnographique où l’on découvre des savoirs oubliés… N’oublions qu’il y a d’autres portraits de femmes dans les événements de la semaine, avec notamment deux avant-premières projetées, bien sûr, dans notre salle pano rénovée.

Nous commençons jeudi à 20h avec la reprise du Ciné-club FIDH qui défend les droits humains, et nous propose en avant-première de voir Minotaure. Grand Prix à Cannes, le film d’Andreï Zviaguintsev ausculte un couple qui se déglingue dans un monde non moins déglingué. La projection sera suivie d’un débat, dont le titre donne le ton : Dans le labyrinthe de la guerre – la Russie face à ses monstres.

Vendredi à 20h, rentrée aussi pour Les Rendez-vous du cinéma grec avec Bearcave, que Stergios Dinopoulos et Krysianna B. Papadakis ont adapté de leur court-métrage éponyme. L’histoire en version longue de ces jeunes femmes qui cherchent à échapper aux conventions sociales a été très remarquée à la Mostra de Venise (Label Europa) et a remporté trois prix au Festival de Thessalonique.

Dimanche à 18h, nous retrouverons Du décor à l’écran pour un hommage au chef-décorateur Olivier Raoux, prématurément décédé en 2011, qui décrocha un César pour La Môme réalisé par Olivier Dahan. Après la projection de ce biopic d’Edith Piaf qui valut un Oscar à Marion Cotillard, nous échangerons avec Laure Lepelley Monbillard et Stanislas Reydellet qui assistaient alors Olivier.

Laurent Larivière et Elsa Amiel animeront le Directors’ Club d’Iris Kaltenbäck, lundi 19h30. Elle a réalisé Le Ravissement en 2023, et a choisi de nous montrer Quand une femme monte l’escalier, de Mikio Naruse. Lors du débat à suivre, elle nous dira pourquoi ce portrait d’une « Mama-san » qui parvient à garder sa dignité tout en vendant ses charmes dans le Japon des années 1960, l’a bouleversée.

Le Ciné-club Nordique nous invite mardi à 20h à la seconde avant-première de la semaine. Le journaliste Clément Colliaux, rédacteur notamment à Libération, animera un débat après la projection de Low Expectations, d’Eivind Landsvik. La réalisatrice norvégienne suit le parcours d’une jeune vedette de la chanson (excellente Marie Ulven) qui craque et se reconstruit dans le lycée où sa mère enseigne.

Dès mercredi 14h, Nicolas Graux, co-réalisateur (avec Minh Quý Trương) sera dans la salle pour lancer l’exploitation de Hair, paper, water, étonnant documentaire sur une femme incroyable. Âgée d’environ 70 ans, Madame Hâu a passé les premières années de sa vie dans une grotte, au sein d’une région oubliée du Vietnam où l’on parle le Ruc, une langue dont elle est l’une des dernières locutrices. Mais Madame Hâu connait bien d’autres secrets, des légendes et des remèdes naturels. Quittant sa tanière pour s’occuper de son petit-fils, elle va transmettre son incroyable savoir aux générations suivantes. Filmé à l’épaule, sur le vif, mais hauteur de cœur, ce court film (1h11) dépasse l’observation ethnographique pour composer un touchant poème visuel et une ode à la mémoire qui s’enfuit. Nicolas Graux et Minh Quý Trương reviendront mercredi à 14h et 20h, et samedi à 19h30 pour débattre avec le public et raconter le succès de Hair, paper, water primé dans de nombreux festivals.

Consultez notre site pour voir le reste de notre programme. Outre les cycle Arthur Harari et celui de David Robert Mitchell, demeurent quelques rescapés de l’été qui finissent leur course (I want your sex, Dry Leaf…). Retour avant 15h, singulier dispositif qui permet à Gaël Lépingle de faire le deuil de son père, mérite votre vision ; la presse vous y invite ! Quant à l’Enfance de l’Art, elle nous ramène, dimanche à 14h, aux sources de la salle avec Cinema Paradiso, de Giuseppe Tornatore.

Belle semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action