L'Édito

10 000 nuits dans les salles

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Arthur Harari, grand cinéphile dont le talent protéiforme s’exerce de l’écriture à la réalisation en passant par l’acting, aura bien passé 10 000 nuits au cinéma. Issu d’une fratrie de trois, Tom, Arthur et Lucas, il nait en 1981 et commence à réaliser des films Super 8 dès l’adolescence avec Tom derrière la caméra, et Lucas devant. Après ses études à Paris 8, il réalise des courts et moyens métrages qui viendront la semaine prochaine enrichir le cycle que nous lui consacrons. Il coécrit les deux derniers longs métrages de sa compagne Justine Triet, Sybil et Anatomie d’une chute. Son premier long-métrage, Diamant noir, sombre thriller de vengeance sur fond de drames familiaux immergé dans le monde des diamantaires anversois, révéla Niels Schneider aux César 2017. Il tournera ensuite Onoda, 10000 nuits dans la jungle dans les forêts philippines, en s’inspirant de l’histoire aussi vraie que sidérante d’un sous-lieutenant japonais qui refusa pendant 30 ans de croire à la défaite de son pays.
Sa filmographie est traversée par des questionnements autour du devoir, patriotique ou familial, de l’identité et du rapport aux autres.

Arthur Harari ne sera pas seul à se poser des questions cette semaine car nous poursuivons le cycle du fascinant David Robert Mitchell. Réalisateur américain à la filmographie éclectique, il réalise son premier long-métrage en 2010, The Myth of the American Sleepover, sorte de teenage movie sensoriel et hors du temps. Son premier grand succès, It Follows, sorti en 2014, où une entité sexuellement transmissible toute carpentérienne traque ses victimes lentement mais sûrement, ne devrait cependant pas vous faire fuir. Enfin l’enquête alambiquée menée par Sam (Andrew Garfield) à la suite de la disparition de sa voisine dans Under the Silver Lake témoigne du regard personnel sur Los Angeles du réalisateur qui déclare explorer « l’imagerie iconique d’une ville bâtie sur des rêves et des images animées ».

Restons à Los Angeles où l’excellent Cooper Hoffman, fils de Philipp Seymour Hoffman, devient le jouet de la vénéneuse Olivia Wilde dans le thriller érotique I want your sex de Gregg Araki ; changement d’ambiance avec Ghost Elephants de Werner Herzog où notre aventurier préféré nous entraine avec sa voix envoutante sur les hauts plateaux de l’Angola. Pendant ce temps, Sophy Romvari part, elle, sur les traces de la petite fille qu’elle était sur une île de la Colombie Britannique alors que son étrange grand frère lui offrait un Blue Heron, Alexandre Koberidze continue à arpenter les terrains de foot déserts de Géorgie dans Dry Leaf tandis qu’Orian Barki et Meriem Bennani explorent le milieu queer de New-York à Casablanca dans Bouchra. Steven Spielberg s’intéresse quant à lui pour la troisième fois aux habitants d’une autre galaxie qui viennent visiter notre planète dans Disclosure Day.

Nous vous proposons deux séances de l’Enfance de l’Art : mercredi à 10h30, nous verrons Les Nouvelles aventures de Gros-Pois et Petit-point, de Lotta et Uzi Geffenblad, et Le Voyage du prince de Jean-François Laguionie et Xavier Picard, dimanche à 14h.

Belle semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action