Dialogue de bêtes
Chères spectatrices, chers spectateurs,
Colette nous pardonnera de lui emprunter un titre pour annoncer la sortie de Bouchra, étonnant film d’animation d’Orian Barki et Meriem Bennani qui a séduit le Festival de Belfort. Les deux réalisatrices seront avec nous mercredi soir pour commenter cet OVNI cinématographique où des coyotes anthropomorphes – une mère et sa fille – dialoguent. Retrouvez le reste de notre programme sur notre site – avec notamment Morte e Vida Madalena, la comédie brésilienne de Guto Parente que l’association Jandaga viendra nous présenter vendredi à 19h – et voyons les rendez-vous de la semaine. Outre les deux déjà cités, il y en a cinq, dont une projection spéciale, mardi à 20h, de Glaciers d’Arctique, état des lieux, suivie d’un débat avec la glaciologue Heïdi Sevestre et le réalisateur Pierre Dugowson.
Orian Barki, est née en Israël, et Meriem Bennani, d’origine marocaine, vivent toutes deux à New York, où la première réalise des documentaires tandis que la seconde travaille comme plasticienne, en utilisant largement la vidéo. Ensemble, elles ont signé en 2020, à quatre mains et autant d’yeux, une série remarquée (2 Lizards) et arrivent aujourd’hui avec Bouchra. Bouchra est le nom d’une réalisatrice marocaine exilée à New York (tiens-tiens, mais l’autofiction est assumée), qui s’interroge sur sa création, ses origines et son identité de genre. Lors d’un échange téléphonique avec sa mère restée à Casablanca, Bouchra fait surgir des souvenirs, avance et semble se réconcilier avec pas mal de choses qui lui posent problème. Le traitement de ce film, animé sur Blender – un épatant logiciel libre de 3D – donne aux personnages l’aspect de canidés anthropomorphisés excessivement expressifs. Mercredi à 21h, jour de la sortie de leur film, Orian et Meriem débattront après la projection de la genèse de leur dialogue de bêtes. Une vraie surprise, emblématique de « l’univers surréaliste, jouissif et politique », selon Rose Hirgorom, programmatrice du Festival de Belfort.
Jeudi à 20h, le Ciné-club AFSI, qui réunit les professionnel.les du son à l’image, nous convie à voir To the North. Le réalisateur, Mihai Mincan, s’est inspiré d’une histoire vraie – celle de la traversée de deux clandestins sur un cargo – pour cette ode à la solidarité. L’équipe son du film animera un débat à la suite de la projection.
Le lendemain, toujours à 20h, le Ciné-club Al-Adab à l’écran nous propose le Best-of du Festival du court-métrage de Marrakech pour montrer la vitalité du cinéma du monde arabe. Après la diffusion de leur film – dans l’ordre Beneath the Mother’s Feet, Frères de lait, Rachid, Lady of the Graves et Crawling Birds – Elias Suhail, Kenza Tazi, Rachida El Garan, Mohamed Alalli et Karim Tajouaout échangeront avec la salle.
Dimanche à 10h30, nous avons rendez-vous avec les militants de la médiation et de la justice restaurative pour leur CinéDIALOGUE du mois. Nous verrons Dans les yeux de Dieu, documentaire de Carolyn Davies. Elle a saisi la façon dont le dialogue a su restaurer les liens entre les ennemis des conflits qui ont agité le Népal pendant dix ans. Débat, bien sûr, à suivre.
Le même jour à 18h, le Ciné-club CMC (Costume-Maquillage-Coiffure) a l’excellente idée de projeter Saint Omer, le très beau film où Alice Diop filme une romancière qui assiste au procès d’une infanticide, incarnée par la géniale Guslalgie Malanda. Annie Melza, créatrice costume de ce film, nous expliquera ensuite son travail.
Mardi à 20h, nous finirons la semaine en parlant de la fin du monde, mais de façon éclairée grâce à la lumineuse Heïdi Sevestre. Cette jeune glaciologue absolument passionnante débattra avec Pierre Dugowson, réalisateur de Glaciers d’Arctique, état des lieux, son inquiétant documentaire. Venez écouter le message d’alerte porté par Heidi et Pierre qui nous expliqueront qu’il est encore temps d’agir.
Ne manquez pas le reste de notre programme, et dernière ligne pour L’Enfance de l’art. La séance de dimanche 14h sera pour Le Château Solitaire dans le Miroir, jolie fable de Keiichi Hara.
Belle semaine.
Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action