C'était les années 80. On était encore sous l'influence des années 68. A l'époque on commencait à réfléchir à l'audiovisuel. On se posait des questions. Le cinéma pouvait-il nous permettre à nous peuples de la Caraïbe de prendre nos images, notre imaginaire, notre représentation du monde en main ? Pouvait-il par effet de miroir nous aider à nous voir, à nous construire, à nous ressaisir ?
Volet Image Caraïbes - Fort-de-France
La séance sera précédée du film Elsie Haas, femme peintre et cinéaste d'Haïti (Safi Faye, 1985, 8 min). Rencontre avec Elsie Haas, plasticienne, peintre et cinéaste originaire de Haïti. À Paris, où elle est installée, l’artiste introduit le spectateur à son travail.
Intervenantes : Elsie Haas et June Givanni
Le film Zatrap, tourné en Noir et Blanc, en 16 MM, et en créole/ français cerne la problématique d'une Martinique départementalisée , qui ne produit plus rien et dépend des containers pour nourrir sa population
Une Martinique qui se prépare à "donner " à la Mère patrie, la France métropolitaine, ses filles et ses fils qui iront travailler aux PTT (poste) à la RATP (métro) , à l'AP (hopitaux). Césaire avait à l'époque appelé ce transfer, le génocide par substitution, parce qu'en même temps que s'exilaient ces jeunes, d'autres habitants venus de France s'installaient à la Martinique.
Zatrap est aujourd'hui un film d'archives. La plupart des Martiniquais n'imaginent même pas comment était Fort-de-France à cette époque. Ti Emile, le chanteur et musicien qui a composé la musique du film est mort et enterré et oublié. Donc c'est un plaisir d'offrir à tout un chacun ce moment d'histoire.
L'histoire du film a été écrite par un Collectif à partir d'histoires vraies. Et il a été financé grâce à Césaire, le PPM (parti progressiste martiniquais) et de nombreux professionels (médecins, avocats, professeurs et autres).
Elsie Haas