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L'Édito

La Passion cinéma.

L'Édito

La Passion cinéma.

Chères spectatrices, chers spectateurs,
La semaine dernière, nous clamions notre amour du cinéma. Cette semaine, c’est de la passion ! Passion, comme le titre du dernier film de Brian de Palma, une somptueuse variation perverse qui nous rappelle tout le talent du réalisateur. Passion aussi de la transmission, au travers d’une série de Master Class, où des professionnels viennent partager celle de leur métier autour d’un film. Ça commence lundi, avec les chefs décorateurs et Carnage, de Roman Polanski. Passion encore pour les Insensés, ces auteurs-réalisateurs qui pensent “à côté“ et que célèbrent les Editions Wombat. L’insensé de la semaine, c’est Woody Allen, dont nous verrons Annie Hall vendredi soir. Et c’est avec une passion intacte que nous poursuivons les projections de Django Unchained, le western décoiffant de Quentin Tarantino et celles de quelques rescapés des précédents programmes.

Par ordre chronologique, le premier événement aura lieu vendredi à 20h. Les Insensés passent à l’Action est un rendez-vous initié par les Editions Wombat qui dédient une série d’ouvrage aux Insensés, à savoir des artistes qui font bouger les lignes et, accessoirement, les zygomatiques. Après Topor, voici un volume sur Woody Allen, illustré au cinéma par Annie Hall qui, au second degré, est l’un de ses films les plus drôles. Frédéric Brument, directeur de la collection chez Wombat, et Jeanne Guyon, traductrice, viendront présenter la séance et poursuivront l’échange autour d’un verre au Grand Bar.

Il y aura aussi un cocktail lundi soir pour clôturer la première des Master-Class de la saison. Le principe d’une Master-Class, c’est qu’un expert et quelques professionnels viennent livrer à un public averti les secrets de la fabrication d’un film. Pour cette première session, la parole sera donnée aux décorateurs lors de la projection de Carnage, de Roman Polanski, où un rendez-vous bourgeois dans un appartement idoine tourne, justement, au Carnage. Sous la houlette d’Alexandre Tsékénis, historien du cinéma, plusieurs chefs décorateurs, dont celui du film, viendront parler de leur métier, de ses contraintes et de sa richesse. Sur deux semaines, les lundis et jeudis, nous aurons la chance d’organiser 4 Master-Class. Après celle des décorateurs, suivra celle des monteurs (le 21 février), celle des preneurs de son (le 25), et celle des chefs-opérateurs (le 28). Passionnés de cinéma, réservez vos soirées !

Ah la Passion! Il en est de dévorante, de fulgurante, et de destructrice. Et quand c’est Brian de Palma qui la met en scène, c’est un peu les trois. Voici donc venir sur nos écrans Passion, le dernier né de ce bon vieux Brian, à qui nous consacrons par ailleurs un cycle (voir plus bas). Dans Passion, il renoue pour notre plus grand plaisir et nos plus grands frissons avec son meilleur niveau, celui de ses grands opus des années 80 ou 90, alors que les esprits chagrins et les pisse-froid le traitaient avec un certain mépris de « sous-Hitchkock ». Passion est une histoire de pouvoir et de possession, celle que le désir, la hiérarchie et la perversité peuvent faire éclore. Le décor : une agence de publicité. Les personnages, deux, voire trois, femmes qui se challengent. Une blonde, la chef, Rachel McAdams, son assistante, la brune Noomi Rapace, et l’assistante de l’assistante, la rousse Karoline Herfurth. Dans le décor aseptisé et lisse de la communication, une lutte impitoyable s’est engagée. Mais à fleuret moucheté, et à grand coup de ces innombrables images que produit notre modernité. Les images peuplent le film et, malgré le talent des actrices, en sont peut-être les vraies stars. Elles débordent tellement que De Palma doit partager son écran (on dit “split screen“), pour inventer l’une des meilleures scènes du film. Des images, De Palma montre une fois de plus qu’il sait en fabriquer, et de sacrément fortes, où se mêlent rêves, fantasmes et réalités. Brian est revenu à ses fondamentaux : il s’est inspiré de Crime d’Amour, l’ultime film du regretté Alain Corneau, pour façonner un thriller sexy haletant et oppressant, comme lui seul sait les faire.

Et nous convions ceux qui viendraient à douter de son talent à venir le constater lors de notre Cycle De Palma. Un talent qui a le goût du sang dans Carrie, du stupre dans Pulsions, du mystère dans Blow-out, du sexe dans Body Double, du crime dans Le Dahlia Noir, et la saveur de l’action dans Mission Impossible.
Cette longue lettre ne nous laisse que peu de place pour vous répéter tout le bien que l’on pense de Django Unchained, l’excellent western tarantinesque de Quentin Tarantino, qui semble avoir ici atteint la maturité sans avoir perdu sa fougue. Pour le sujet, l’action et tous les acteurs (Foxx, Waltz, DiCaprio, Jackson…), ce grand film du début d’année mérite le voyage.
Vite-vite finissons avec les dernières séances de 4h44 Dernier Jour sur la Terre, d’Abel Ferrara et du remarquable César doit Mourir, des frères Taviani.
A la semaine prochaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action.