Arthur, Tom et Lucas du court au long
Chères spectatrices, chers spectateurs,
A l’occasion du cycle Arthur Harari, nous vous proposons dès mercredi de voir ou revoir deux courts-métrages d’un entomologiste des relations humaines, qui travaille en famille. Dans le stupéfiant La main sur la gueule, sorti en 2007, dont on doit la photographie à son frère ainé Tom, le tout jeune Lucas, benjamin de la tribu Harari, incarne un adolescent dérouté, spectateur des tumultueux rapports qui unissent et désunissent le personnage principal, Bruno, et son père, Jean-Louis. Parcourus de tension et de tendresse, ces derniers virent de la rancœur à la reconnaissance, du mépris à l’admiration et de la violence à l’affection. L’ambivalence des émotions pourrait y confondre dans un seul geste une tant attendue caresse sur la joue avec un poing dans la gueule bien mérité… Les six années qui séparent ce film de son court-métrage suivant, Peine perdue, n’auront pas fait perdre la main à la fratrie. Sous la caméra de Tom, nous retrouvons Lucas dans le rôle d’un jeune adulte ou vieil adolescent au désir (é)perdu, absent à lui-même mais guidé par un mentor aussi mystérieux qu’improvisé. Les deux premiers longs-métrages d’Arthur Harari resteront en outre au programme de la semaine : la quête vengeresse et familiale de Pier dans Diamant noir, sorti en 2016, ainsi que le très ambitieux Onoda, 10 000 nuits dans la jungle (2021) où le personnage éponyme mène un combat littéralement perdu d’avance, aveuglé par son patriotisme.
En attendant d’avoir un jour le plaisir de vous proposer l’unique court-métrage de David Robert Mitchell, nous sommes ravis de vous présenter trois de ses long-métrages correspondant à des propositions très différentes : The Myth of the American Sleepover, longue errance somnambulique d’une poignée d’adolescents la veille de la rentrée scolaire, le très glaçant It Follows, dont il prépare actuellement la suite They Follow, et Under the Silver Lake, en compétition officielle au Festival de Cannes 2018, dans lequel notre héros, campé par Andrew Garfield, va entreprendre un voyage initiatique, à la poursuite de sa voisine disparue, l’ensemble prenant la forme d’un fantasme de cinéphile aux allures lynchiennes.
Si le très pictural Dry Leaf restera à l’affiche, cette semaine est votre dernière chance pour voir les deux précédents films d’Alexandre Koberidze : Sous le ciel de Koutaïssi et Let the summer never come again.
Retrouvez l’intégralité de notre programme sur le site du Grand Action et concluons avec les festivités que nous a concocté l’Enfance de l’Art. À quelques jours de la rentrée des classes, la plupart des séances seront accompagnées. Particulièrement destinée aux enfants entre 2 et 5 ans, la séance de mercredi 10h30 du film Les Nouvelles aventures de Gros-Pois et Petit-point, de Lotta et Uzi Geffenblad, sera précédée d’un memory géant : saurez-vous retrouver les pairs ?
A partir de 9 ans, votre descendance pourra venir dimanche à 14h suivre les fascinantes péripéties du héros miniaturisé, aux commandes d’un submersible de poche, injecté dans l’organisme d’un lapin : ce sera la séance de L’Aventure intérieure de Joe Dante, qui sera suivie d’une sandwich party !
Belle semaine.
Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action