Feux et lumières sur la ville
Chères spectatrices, chers spectateurs,
Pour bien commencer l’année, le Grand Action sort deux films, une nouveauté intimiste et une réédition tonitruante, dont les titres résonnent avec celui de notre lettre. Le premier, Les Lumières de New York, de Lloyd Lee Choi, évoque la difficile arrivée d’une famille chinoise en Amérique. Le second, City on Fire, de Ringo Lam, est un polar qui s’inclut dans notre programme de réédition de classiques hongkongais des années 80-90. Comme on ne renonce pas aux bonnes habitudes, il y aura deux rencontres dimanche, le GrecDoc à 11h30, et Du décor à l’écran à 17h15 avec Le Pacte des loups. Nos récentes sorties restent à l’affiche, avec, en tête, L’Engloutie, le petit bijou enneigé (c’est de saison) de Louise Hémon. Mais voyons d’abord nos deux événements.
Kastellorizo est une petite île grecque de la mer Égée, toute proche de la Turquie, où la rivalité séculaire entre les deux pays est naturellement présente. C’est aussi le titre du documentaire d’Ivan Butel qui explore cette réalité. Cette proposition du GrecDoc de dimanche 11h30 sera précédée de Hippodamia, de Georges Salameh, et suivie d’un débat.
Ce même jour à 17h45, notre ciné-club Du décor à l’écran a convié Chloé Cambournac et Catherine Jarrier, cheffes décoratrices, accompagnées de Céline Barray, ensemblière jardin. Ces trois dames ont travaillé sur Le Pacte des loups, film d’époque, semi-fantastique et à grand spectacle, de Christophe Gans ; elles nous en parleront après la projection.
Notre nouveauté de la semaine, Les Lumières de New York,de Lloyd Lee Choi, rappelle certains autres films vus au Grand Action, comme L’Histoire de Souleymane, succès surprise de Boris Lojkine en 2024, et plus encore Take Out, de Sean Baker. Lu, immigré chinois à New York, vit d’expédients mais tient à donner le change alors que sa femme et sa petite fille viennent le rejoindre. Le quotidien dans la Big Apple n’est pas simple pour les pauvres, surtout étrangers, surtout au cœur de l’hiver. Filmé majoritairement en plans fixes dans la rudesse de janvier et présenté à la Quinzaine cannoise, Les Lumières de New York donne un portrait juste de la difficulté de l’exil, et de l’inéluctable enchaînement de problèmes qu’engendre la fragilité. La petite fille du couple est absolument bluffante, bien que ce soit sa première apparition à l’écran. Un film important, sans concession.
Autre film important, Quentin Tarantino s’en inspira pour Reservoir Dogs, City on Fire de Ringo Lam, qui fait partie du grand programme de restauration des classiques de Hong-Kong mené par le distributeur Metropolitan Filmexport. Ce thriller implacable rejoint The Killer et la trilogie des Histoires de fantômes chinois dans cet ambitieux programme. City on Fire – un flic infiltre un gang et se lie avec son chef – c’est du solide et de l’efficace servi par un duo de choc : Chow Yun-Fat et Danny Lee. Amateurs de polars toniques, on vous attend !
Évidemment, l’envoutant premier film de Louise Hémon, L’Engloutie, est toujours à l’affiche. Ne ratez pas cet audacieux premier long-métrage où une institutrice républicaine part évangéliser un hameau reculé des Alpes au tournant du XXe siècle. L’une de nos révélations 2025. Sont également sur nos écrans Rebuilding, le néo-western de Max Walker-Silverman, Une Bataille après l’autre, l’irrévérencieux Paul Thomas Anderson ainsi que deux opus de Werner Herzog, Fata Morgana et Les Ailes de l’espoir.
En l’absence (très provisoire) de l’Enfance de l’Art, nous en resterons là pour cette première semaine de janvier, qu’on vous souhaite excellente, comme les 51 à venir.
Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action