Si vous ne visualisez-pas cette lettre cliquez-ici
Semaine du 30/01 au 05/02/08
Rio Grande et Grand Action.
Chères spectatrices, chers spectateurs,
Le dernier film des frères Coen, No
Country For Old Men (Non, ce Pays n’est pas pour le
Vieil Homme) se déroule près de la frontière.
Cette ligne imaginaire, qui sépare les hommes et les
pays, ainsi que la non-zone qui l’entoure sont de remarquables
cadres de cinéma. D’où l’idée
d’un panorama des films où la frontière,
et particulièrement la très symbolique séparation
entre les Etats-Unis et le Mexique, joue un vrai rôle.
Mais, au-delà du Rio Grande, le Grand Action accueillera
aussi un petit-déjeuner. Ce sera dimanche à 10h30,
avant la projection de 8
courts-métrages d’Edouard Nazarov, maître
du cinéma d’animation Russe des années
70 et 80.
Vous avez lu la presse, entendu les radios,
bu les paroles des critiques. Vous savez donc que No
Country For Old Men (NCFOM pour les intimes) est un grand
Coen. En adaptant un livre noir de Cormac McCarthy, les deux
frères ont fait preuve d’une maîtrise
narrative et esthétique qui, en un seul film, résume
une large part de leur œuvre, de Blood Simple à Fargo.
Pour parachever NCFOM,
ils ont composé un casting à priori décalé et,
après visionnage, totalement évident. Josh
Brolin, acteur intello et auteur de poésies, est un
red-neck plus que nature. Le toujours impitoyable Tommy Lee
Jones compose un flic dépassé réduit à tenir
une macabre comptabilité. Quant au gentil Espagnol
Javier Bardem, il s’est mué en assassin d’anthologie
qui, précédé du bruit sourd de son arme
favorite (un pistolet d’abattoir), entrera au panthéon
des méchants de cinéma. Un des premiers grands
films de 2008.
Comme celui des frères Coen, la frontière
a nourri l’imaginaire de nombreux réalisateurs. À raison
d’un par jour, notre festival La Frontière,
ligne d’imaginaires sera l’occasion de voir ou
revoir certains des films qui se passent là où finissent
les états. Mercredi, les bandits sans foi ni loi de la
Horde Sauvage de Sam Peckinpah rôderont autour
de la frontière. Elle est au centre des préoccupations
de David Nava et des Oubliées
de Juarez, ces ouvrières mexicaines livrées à la
cupidité du Nord et aux pulsions du Sud. Vendredi,
l’évadé Kirk Douglas de Seuls
sont les Indomptés de David Miller cherchera refuge
de l’autre côté de la frontière,
tout comme, samedi, l’Indien Willie
Boy, d’Abraham Polonsky, accusé d’un
crime passionnel. Dimanche, John Ford nous racontera l’histoire
de la Prisonnière
du Désert et lundi, Tommy Lee Jones ira inhumer
dignement au Mexique feu-son compagnon qui aura droit à Trois
Enterrements. Nous finirons la semaine cinématographique
avec le monstrueux Orson Welles, notre guide frontalier vers la
Soif du Mal.
Notre seule petite parenthèse dans
le monde brutal de la frontière se tiendra dimanche
avec Il était
une fois… Nazarov, un programme de 8 courts-métrages
signés par l’une des grandes figures de l’animation
moderne. Et pour en profiter encore mieux sans petit creux,
la projection sera précédée d’un
petit-déjeuner. Rendez-vous dimanche à 10h30.
Bonne semaine.