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Semaine du 25/04 au 01/05/07
Pour ne pas oublier les Oubliées.
Chères spectatrices, chers spectateurs,
Cette semaine, des femmes anonymes, exploitées, parfois
torturées et assassinées, ont les honneurs
de notre écran. Les
Oubliées de Juarez (Bordertown) est un thriller
qui s’inspire de faits réels. Juarez est une
ville Mexicaine, toute proche de la frontière américaine.
Profitant des accords de l’ALENA qui favorisent les échanges
entre les deux pays, de nombreuses multinationales y ont
créé des usines. Dans ces “maquiladoras“,
de jeunes Mexicaines des bidonvilles travaillent à bas
prix afin de fabriquer les produits électroniques
dont raffolent les Yankees. La chose pourrait déjà révolter,
mais, malheureusement, le scandale va bien au-delà.
Des centaines – sans doute des milliers - de ces travailleuses
sont violées, assassinées et sommairement enterrées à la
sortie des usines. Les autorités minimisent les faits… Sans
doute pour protéger quelques tordus issus des riches
familles de Juarez. C’est en tout cas la thèse
développée par Gregory Nava dans Les
Oubliées de Juarez. Il a imaginé le personnage
d’une journaliste américaine (Jennifer Lopez,
très convaincante) qui rencontre une revenue de parmi
les morts, sortie de sa pauvre tombe de sable après
avoir été victime des monstres comme tant de
ses consoeurs. Évidemment, la journaliste s’attire
de nombreuses inimitiés, mais elle peut compter sur
son vieux copain et ancien amant (Antonio Banderas) qui dirige
le quotidien local. Ensemble, ils vont s’opposer à la
passivité de la police, à l’animosité du
pouvoir et à la violence de ses sbires. La survivante,
elle, devra affronter le diable. Film choc et engagé, Les
Oubliées de Juarez veut dénoncer, mais
ne renonce pas à produire du cinéma. Mené tambour
battant, l’intrigue haletante maintient le spectateur
en halène pendant près de 2 heures… Afin
que l’on oublie plus jamais les oubliées.
Notez aussi pour les enfants notre prochain
ciné-concert-goûter du 13 mai, avec une sélection
de burlesques de Charlot, Keaton, Laurel et Hardy, toujours
accompagnés par la contrebasse facétieuse d’Eric
Recordier et les gâteaux de l’Intendance Suivra.
Parmi nos autres rendez-vous de mai, Club-Positif
le 8 autour de Douze Hommes en Colère, chef d’œuvre
de Sydney Lumet, et sortie, le 2 sur nos écrans, d’un
film coup de poing à l’estomac : Notre
Pain Quotidien, une charge sobre et violente sur le cheminement
de ce qui finit dans nos assiettes. Edifiant.