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Semaine du 21/11 au 27/11/07
L’Or de Cannes
et l’esprit de Guitry.
Chères spectatrices, chers spectateurs,
Cette semaine au Grand Action, L’Épouvantail
(Scarecrow), de Jerry Schatzberg, Palme
d’Or en 1973, est rejoint par d’autres primés
de la Croisette. Histoire de revenir sur quelques-uns des
plus grands films des soixante et unes dernières années.
Et pour doublement ravir les cinéphiles, mardi soir
se tiendra notre Club-Positif du
mois, autour de Quadrille, brillante
comédie de Sacha Guitry.
En 1973, le plus prestigieux des festivals de cinéma
décernait sa Palme d’Or à un (relativement)
jeune réalisateur, emblématique du renouveau
du cinéma américain. Après avoir été
photographe de mode, Schatzberg était passé
à l’image animée, en prenant le contre-pied
des stars et mannequins qu’il avait figés sur
la pellicule. Au cinéma, il s’intéresserait
aux paumés du rêve américain : les prostituées,
les drogués, les largués de la vie. Max et Lion
(respectivement Gene Hackman et Al Pacino), les héros
de Scarecrow, sont
de ceux-là et erreront dans un monde où ils
n’ont pas de place. Ce face à face drôle
et pathétique est un des films les plus libres du Nouvel
Hollywood.
À la fois exigeant et glamour, cinéphilique
et people, le Festival de Cannes a toujours eu de l’ambition
dans sa sélection comme dans son palmarès. Couronnant
tantôt des cinéastes reconnus (Buñuel
pour Viridiana en 1961
ou Imamura pour l’Anguille
en 1997), il s’est parfois fait découvreur
de talents, comme en décernant sa Palme à Delbert
Mann pour Marty, son premier
film en 1951, ou à Scorsese pour Taxi
Driver en 1976.
Outre les films déjà cités, nous vous
proposons cette semaine Le
Troisième Homme, de Carol Reed, scénario
tiré au cordeau primé en 1949, l’irrévérencieux
M.A.S.H, de Robert Altman, cinéaste
presque débutant lauréat en 1970 et Blow
Up, le sublime et déroutant film de Michelangelo
Antonioni palmé en 1967.
Chaque film est projeté une journée, donc vérifiez
bien les dates.
Outre cette série de Palmes d’Or
(nous vous en proposerons d’autres prochainement), le
point fort de la semaine aura lieu mardi à 20h, lors
de notre Club Positif de novembre.
Ce mois-ci, place au cinéma français et à
l’un de ses très spirituels représentants,
auteur, acteur, dialoguiste (génial), réalisateur
(inégal) : Sacha Guitry, mort il y
a tout juste 50 ans. À l’issue de la projection
de Quadrille, une virevoltante facétie
pour quatre comédiens réalisée en 1937,
Noël Herpe éclairera le cinéma
de ce grand manieur de mots. Historien du cinéma, Maître
de conférence à l’Université de
Caen et Commissaire de l’exposition « Sacha Guitry,
une vie d’artiste » à la Cinémathèque,
Noël Herpe a supervisé le dossier que Positif
a consacré à Guitry dans son numéro de
novembre. Un rendez-vous indispensable pour les fans de cet
incorrigible et charmant misogyne qui déclarait : «
mieux vaut lire entre les lignes, ça fatigue moins
les yeux », « il faudra bien un jour prendre les
comiques au sérieux » ou encore « les hommes
n’ont que ce qu’ils méritent, les autres
sont célibataires ». Allez, on arrête là.
Les citations de Guitry, c’est un puits sans fond, mais
pas sans fondement.
Un dernier mot à destination du jeune public, à
qui nous proposons cette semaine, Sa
Majesté des Mouches, la fable noire de Peter Brook,
et le Géant de Fer,
un film d’animation de Brad Bird, le réalisateur
de Ratatouille, projeté mercredi à 14h dans
le cadre de l’Enfance de l’Art.
Bonne semaine.