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Semaine du21/02 au 27/02/07
Grandeur et misère des dictatures. Chères spectatrices, chers spectateurs,
La semaine est historique, avec deux films
qui, dans deux genres très différents, évoquent
l’histoire récente. Celle de l’Afrique
des années 70 avec le
Dernier Roi d’Ecosse (The Last King of Scotland),
de Kevin Macdonald, et celle de l’Europe de l’après-guerre,
avec The Good German
(l’Ami Allemand) de Steven Soderbergh.
Mais, même si ces deux films s’inspirent de faits
réels, ce sont bien des œuvres de fiction originales,
servies toutes deux par de grandes performances d’acteurs.
Forest Whitaker compose un terrifiant et attachant
Idi Amin Dada, sanglant maître de l’Ouganda de
1971 à 1979. Pour pénétrer l’intimité
du tyran, Kevin Macdonald a adapté le livre de Giles
Foden. Cette narration est organisée autour d’un
jeune médecin écossais fictif qui, pour échapper
à la pesanteur du cabinet familial, part à l’aventure
dans un dispensaire ougandais. Par hasard, il rencontre celui
qui se fait appeler – entre autres - le
Dernier Roi d’Ecosse et vient de prendre par un
coup d’état les rênes du pays. Le médecin
deviendra le conseiller personnel du dictateur. Aveuglé
par la carrure et le charisme d’Idi, à l’instar
d’une bonne partie de l’Occident, le jeune docteur
ne voit pas qu’il soutient un monstre sanguinaire et
paranoïaque. Près de 500 000 personnes en mourront.
Autre genre et autre époque, pour The
Good German et ses prestigieux amis : le craquant Clooney
et la séduisante Blanchett forment un beau couple,
menacé par le fourbe Tobey Maguire qui a troqué
son costume d’araignée pour celui d’un
authentique salaud. Mais l’affiche ment et joue. Elle
ment sur une nostalgie cinématographique et s’amuse
à en casser les codes. Dans le Berlin détruit
de l’après-guerre, les héros sont des
lâches et les méchants sont aussi des victimes.
Soderbergh compose un noir et blanc virtuose, mais il montre
la face grise d’un monde corrompu. Son Ami
Allemand est un très séduisant film en trompe
l’œil, qui emballe le vice dans l’élégance.
Toujours soucieux de son jeune public alors
que débutent les vacances, le Grand Action le convie
à venir dimanche matin Sur
la Piste des Mohawks (Drums Along the Mohawks). Armé
d’un technicolor que ne rendra jamais aucun écran
plasma et d’un Henry Fonda inoubliable, John Ford compose
un hymne grandiose aux pionniers de l’Amérique.
Du cinéma, du vrai, proposé dans le cadre de
l’Enfance de l’Art. Pendant ce temps, Al Gore
nous expliquera comment sauver la planète dans Une
vérité qui dérange (An Inconvenient Truth).
Février étant court, mars arrive
à grands pas, avec de nouveaux événements.
Notez notre ciné-concert-goûter
du mois, dimanche 11 à 16h, Charley
Chase Follies, des courts métrages rares de l’une
des stars du burlesque hollywoodien. Il travailla avec Mark
Sennett et Chaplin, avant d’inventer un personnage fringant
et sautillant dans un monde qui se dérègle.
Pour accompagner le gagman, un homme orchestre : Patrick Moriceau,
son piano, sa clarinette et ses petits instruments. Un spectacle
sur l’écran et dans la salle, suivi des douceurs
de l’Intendance Suivra.
Nous retrouvons notre fournisseur officiel de plaisirs gustatifs
le mardi 13 à 20h, à l’occasion du Club
Positif au Grand Action. Ce sera également un ciné-concert
puisque L’Eventail
de Lady Windermere (Lady Windermere’s Fan) est un
film muet, adaptation d’Oscar Wilde par Ernest Lubitsch.
Sublime, forcément sublime.
Excellente semaine.