Si vous ne visualisez-pas cette lettre cliquez-ici
Semaine du 19/03 au 25/03/08
Ceux qui s’aiment
prendront le train.
Chères spectatrices, chers spectateurs,
Cette semaine arrive sur nos écrans A
Bord du Darjeeling Limited, un film ferroviaire initiatique, étonnant,
attachant, différent, signé par Wes Anderson,
l’une des têtes de file de la nouvelle Nouvelle
Vague américaine. Mais cette semaine (mardi à 20h)
est aussi celle du Club Positif avec
le Brigand Bien Aimé, où Henri King filme,
dans un éblouissant technicolor de 1939, la légende
de Jessie James, que le film contribuera largement à faire
naître. Tyrone Power et Henri Fonda, respectivement
Jessie et Franck James, forment une fratrie de bandits-justiciers
qui fit date, et quant à John Carradine, il compose
l’un des plus formidable fourbe du cinéma. Ajoutez à cela
des images d’une stupéfiante beauté (Ha !
Le reflet bleuté des revolvers !) et vous comprendrez
pourquoi Marc Cerisuelo, grand connaisseur du cinéma
américain, aura tant de choses à nous dire
dans le débat qui suivra
le film. Cette rencontre se poursuivra autour d’un
cocktail préparé par le Buisson Ardent dans
notre Grand Bar et la réservation est vivement conseillée.
Wes Anderson est un drôle de cinéaste,
délicieusement déjanté et obsédé par
l’idée de la famille. Pour travailler, il s’est
inventé la sienne, qu’il retrouve film après
film. Son premier long-métrage (Bottle Rocket), réalisé en
1996 alors qu’il est à peine âgé de
27 ans, met en scène Owen Wilson, acteur de A
Bord du Darjeeling Limited. Avec le même Wilson,
il écrit son film suivant, Rushmore, avec Bill Murray
(qui tournera dans la Vie Aquatique, précédent
film d’Anderson) et Jason Schwartzman, repéré en
Louis XVI dans le Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Jason
et Roman Coppola, frère de la précédente,
sont l’un acteur, l’autre co-producteur du Darjeeling,
et tous deux en co-signent le scénario. Le cinéma
selon Anderson est une affaire de famille, et il adore raconter
des histoires de famille. Voici donc 3 frères, Francis
(Owen Wilson), Jack (Jason Schwartzman) et Peter (Adrien
Brody, un nouveau venu dans la tribu Anderson), qui ne se
sont pas parlé depuis la mort de leur père
et décident de faire ensemble un voyage en Inde pour
se retrouver. Mais ils partent aussi à la rencontre
de leur mère, devenue religieuse, interprétée
par la sublime, Anjelica Huston, membre d’honneur de
la bande de Wes, déjà vue dans La Famille Tenenbaum
et la Vie Aquatique. Armés de trop de bagages, dont
une imprimante saugrenue et des compagnons encombrants, les
trois frangins sont aussi encombrés de leurs problèmes
amoureux, familiaux, conjugaux ou personnels, dont Francis
porte les stigmates. Leur voyage en train dans un pays si
différent leur ouvrira de nouveaux chakras. Il ravira
aussi les spectateurs qui découvriront une comédie
dramatique hors norme, mise en scène avec une belle
maîtrise.
En salle Club, c’est aussi la famille
qui est à l’honneur avec Distant
Voices, Still Lives, le double film que Terence Davies
a réalisé sur la sienne en 1985. Tout n’est
pas rose dans la banlieue de Liverpool, mais chez les Davies,
on trouve toujours une chanson pour mettre un peu de soleil
dans la grisaille. Distant
Voices, Still Lives est un film intime et vrai sur la
vie ; il est cruel comme elle, et beau comme l’idée
qu’on peut parfois s’en faire. Autre vision sublimée
et sensible de la cruauté du quotidien, The
Kid, l’un des chefs d’œuvres de Chaplin
sur l’art de l’enfance, nous est proposé mercredi à 14h
par l’Enfance de l’Art. C’était
une évidence et The Kid demeure
un film essentiel.