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Semaine du 13/09 au
19/09
L’écran de fumée. Chères spectatrices, chers spectateurs,
Il sera bientôt interdit de fumer dans
tous les lieux publics, mais pas au Grand Action. Cette semaine
Thank You for Smoking
tiendra l’affiche de la salle panoramique.
Inspiré du livre éponyme de Christopher
Buckley sorti en 1994, ce film est une satire, non seulement
des lobbies, mais de la société américaine.
Le séduisant Nick Naylor met son talent, son sourire
et son entregent au service de la Big Tobacco. De plateaux-télé
en conférences de presse, il cherche à contrer
les campagnes de prévention anti-tabac. Mais Nick est
aussi père d’un petit garçon. Ses activités
et ses amis lobbyistes des Marchands de Mort (les représentants
des vendeurs d’armes et d’alcool) ne sont-ils
pas incompatibles avec l’exercice d’une paternité
modèle ? Une journaliste mal intentionnée va
lui poser cruellement la question…
Au-delà de l’histoire elle-même, Thank
You for Smoking s’attaque avec causticité
au monde des lobbies. Aux Etats-Unis, contrairement à
la France, les lobbyistes sont institutionnalisés et
entretiennent avec les politiques des rapports pour le moins
ambiguës. En finançant les partis ou en offrant
cadeaux et voyages, ils incitent les députés
à ne pas voter de lois trop dérangeantes pour
leurs employeurs, multinationales, banques, syndicats, ou
puissantes associations, comme la célèbre NRA,
qui défend le libre port d’une arme à
feu.
S’attaquer à ce petit monde (35000 lobbyistes
tout de même grenouillent à Washington), demandait
un certain culot. Jason Reitman, fils du réalisateur
Ivan Reitman et brillant court-métragiste, s’y
est collé, soutenu par un jeune producteur venu de
la net-économie. Avec un humour irrévérencieux
et quelques moments savoureux, il a réalisé
là un premier film ambitieux et offert un rôle
en or à Aaron Eckhart. Cette parodie fumeuse est une
bouffée d’air pur dans le cinéma indépendant
américain.
À côté, dans la salle Club,
la trilogie Coppolienne du Parrain
fait toujours des ravages, en attendant le décollage
vers La Planète
Interdite. Réalisé en 1956 par Fred M. Wilcox,
ce film très intelligent est un sommet de la SF. Départ
prévu le 27 septembre, et en fanfare, avec le soir
même à 20h30, un décryptage par Patrick
Brion, responsable du Cinéma de Minuit sur France 3.
La soirée se poursuivra par un cocktail, évidemment
de l’Intendance Suivra, et les réservations sont
ouvertes.
Plus près de nous, et même dès
dimanche, « L’Enfance de l’Art » est
une programmation spéciale jeune public. Jusqu’en
décembre, les dimanches matins du Grand Action seront
réservés aux enfants qui pourront découvrir
du vrai cinéma au prix unique de 5 €. Nous commencerons
le 17 à 11h par L’Homme
qui Plantait des Arbres, un très beau film d’animation
de Frédéric Back, d’après un texte
de Jean Giono dit par Philippe Noiret.