En 1900, Vienne est une ville bouillonnante,
prête à embrasser la modernité mais
encore engluée dans ses traditions et ses croyances.
Eisenheim, un mystérieux illusionniste aux pouvoirs
incroyables y triomphe. Mais ce succès agace
le Prince héritier, un rationaliste convaincu
qui brigue le pouvoir. D’autant que sa fiancée
n’est autre que l’amour d’enfance
du magicien. Décidé à écarter
ce rival, le Prince met son inspecteur de police de
confiance sur le dos d’Eisenheim. Mais l’inspecteur,
amateur de magie, se laisse fasciner par la virtuosité
de l’illusionniste…. Qui porte bien son
titre.
Pour son deuxième film (après le très
remarqué Interview with the Assasin), Neil Burger
a adapté une nouvelle du grand romancier Stephen
Millhauser, Prix Pulitzer en 1997. De ce récit
plein d’onirisme et de lyrisme, Burger a tiré
un film théâtral à suspens. En développant
le rôle de l’inspecteur, embryonnaire dans
la nouvelle, il offre à ses deux acteurs principaux
une belle confrontation. Edward Norton, tout en retenue,
donne à son personnage une aura mystérieuse,
presque divine. Paul Giamatti, récemment révélé
par American Splendor et Sideways, grand acteur de théâtre,
compose un flic corrompu et sans pitié, mais
troublé par celui qu’il doit poursuivre.
Les décors de Prague recréent une Vienne
plus vraie que nature. Filmés dans une palette
ocre et rouge, ils évoquent un ancien autochrome
qui accentue la féerie du film.
L’Illusionniste est un film étrange et
troublant, qui s’amuse à prendre à
contre-pied le spectateur.