Sur mesure

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Le rôle du maniaque et mystérieux couturier anglais de Phantom Thread est sans nul doute taillé pour Daniel Day Lewis. L'envoûtant dernier film de Paul Thomas Anderson, encensé par la presse, triomphe sur nos écrans. Qu'il partagera toutefois cette semaine avec deux événements - jeudi, une projection du Collectif Jeune Cinéma et, lundi, un Ciné-club La Chambre Noire, avec Jean-Michel Frodon pour présenter Pickpocket de Bresson - ainsi que quelques un de nos récents succès. Outre Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, La Dame de Pique et We blew it, citons 3 Billboards, qui amasse les récompenses, et Certain Women, que nous projetons pour la dernière fois mercredi à 19h30 en présence de son distributeur Adam Lablack.

Jeudi soir, nous rencontrerons un cinéma différent, entre recherches formelles, envolées poétiques, digressions philosophiques et engagements politiques. Le Collectif Jeune Cinéma défend l'expérience filmique à travers une sélection de courts-métrages, toujours étonnants, souvent déroutants et parfois enthousiasmants. Une initiative à découvrir et à soutenir.

Le Ciné-club La Chambre Noire, nouveau nom du rendez-vous cinéphilique de Sciences Po, célèbrera, lundi à 20h, le grand Robert Bresson, cet étrange et rigoureux cinéaste qui annonçait la Nouvelle Vague. Le portrait de son Pickpocket, son approche quasi-artistique du vol, ainsi que les compositions, le rythme et la photo qui ont fait la réputation d'un réalisateur qui demeure une exception dans le paysage cinématographique français, seront décryptés avec brio, comme d'habitude, par le critique Jean-Michel Frdon.  

Faut-il décrypter Phantom Thread ? Sans doute pas. Mieux vaut se laisser porter par la magie de ce superbe film sur le fil. Aussi secret que le fil brodé qu'il dissimule dans ses luxueuses créations, le lien qui unit le grand couturier Reynold Woodcock à une jeune femme rencontrée par hasard, demeure caché au regard du monde. Car leur amour puise sa force dans une quête d'absolu, métaphysique et mortifère, qui ne peut qu'échapper aux autres, y compris à la sœur de Reynold, pourtant si proche de lui. Il est en vérité difficile de parler de ce film qui ne ressemble à aucun autre, si ce n'est en évoquant le "chef d'œuvre", un mot bien galvaudé et néanmoins adopté, faute de mieux sans doute, par l'ensemble de la critique. En 8 films (doit 3 au cycle PTA que nous lui consacrons) Paul Thomas Anderson a construit

Ce qui est caché

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Certaines choses cachées au regard transcendent ce qui est visible. Il en est ainsi du petit fil qu'un grand couturier dissimule dans les doublures de ses somptueuses créations. Ce Phantom Thread, comme un message enfoui, donne leur âme à ses robes. Mais il est bien d'autres secrets, d'autres non-dits, d'autres subliminales sublimations dans le dernier film de Paul Thomas Anderson qui sort ce mercredi, littéralement porté par Daniel Day-Lewis. Très attendu, le nouveau PTA partage la vedette avec pas moins de cinq événements ! Par ordre d'apparition à l'écran : mercredi un Ciné-club Présences Extraterrestres, jeudi, un Ciné-club des Ecoles, vendredi et dimanche, La Dame de Pique projetée en présence de son réalisateur Pavel Lounguine, et mardi, un Ciné-Club Positif. Avec la poursuite des Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, fantaisie de John Carpenter, 3 Billboards, le drôle de drame de Martin McDonagh, l'indéboulonnable Certain Women, bientôt à l'affiche depuis un an, et un cycle PTA, quelle semaine !

Avant d'évoquer le détail de ce réjouissant programme, nous aimerions vous inviter à soutenir l'une de nos salles amies, menacée de fermeture. La Clef, lieu culturel indépendant et historique du cinquième arrondissement, est menacée de vivre sa dernière séance le 31 mars prochain. Mais nous pouvons encore agir, en signant la pétition en ligne. Merci pour eux, et pour nous tous : https://secure.avaaz.org/Sauvons_le_Cinema_La_Clef_a_Paris)

Reprenons, et commençons par les événements avec, mercredi à 20h, un Ciné-club Présences Extraterrestres. La projection de Pacific Rim, où Guillermo Del Toro imagine l'attaque de monstres cachés au fond des mers et la lutte télépathique que l'humanité va devoir mener pour survivre, sera suivie d'un débat avec l'astrophysicien Roland Lehoucq et le paléontologue Jean-Sébastien Steyer.

Le lendemain à 20h30, le Ciné-club des Ecoles nous invite à découvrir un film fondateur du cinéma perse, un peu oublié mais qui obtint le Prix du Jury à la Mostra de Venise en 1969. La Vache, de Dariush Mehrjui, est une plongée dans le monde iranien d'avant les Mollahs, dont nous parlera le critique Bamchade Pourvali avant de nous accompagner au Grand Bar.

De passage à Paris, Pavel Lounguine nous honore de sa visite et viendra, vendredi et dimanche soir, présenter sa Dame de Pique, du nom de l'opéra de Tchaïkovski dans laquelle l'héroïne de son film, chanteuse lyrique vieillissante, brilla jadis.

Le Ciné-Club Positif de mardi à 20h clôturera la semaine avec un tout autre type de cinéma, hommage à Jerry Lewis, génial clown décédé l'été dernier. Alice Laguarda, rédactrice à la revue Positif, animera la séance du Tombeur de ces Dames. Nous nous retrouverons dès 19h30 au Grand Bar autour d’une coupe de champagne Veuve Cheurlin ou d’un verre de jus de grenade Biguine Beauty et des pickles Les Trois Chouettes mis en musique par Bruno de l’Intendance Suivra.

Phantom Thread est un film sur le fil. D'abord le fil que Reynold Woodcock dissimule, comme un porte-bonheur caché, dans

Le droit à la différence.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Non content d'être un grand thème sociétal du moment, le droit à la différence est aussi une légitime revendication du cinéma que nous défendons dans toute sa diversité. Cette semaine, la différence s'exprimera notamment lors de la soirée du ciné-club Post-Humaniste de vendredi, lors de laquelle Lucile Hadzihalilovic nous présentera son Évolution, avant d'en débattre avec le chercheur Carlos Tello. Mardi, un Ciné-club Louis Lumière bouclera la semaine avec le magnifique Yeelen, de Souleymane Cissé, en présence de Jean-Noel Ferragut et Jean-Michel Humeau, ses deux directeurs de la photo. John Carpenter, star de l'horreur, a payé cher son envie de s'essayer à un cinéma différent. Ses Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin furent un échec en salle, mais devinrent cultes en VHS. Nous sommes contents de lui donner une deuxième chance sur grand écran. Par ailleurs,3 Billboards de Martin McDonagh, ainsi que Certaines femmes et We Blew it, sont rejoints par un Cycle Paul Thomas Anderson, cinéaste radicalement différent, qui le prouvera encore avec la sortie de Phantom Thread le 14 février, au Grand Action.

Cyberpunk, transhumanisme, post-apocalypse, développement numérique et progrès génétique sont au cœur des questionnements de notre Ciné-club Post-humaniste proposé par l'Université Paris 7-Diderot. L'un de ses chercheurs, Carlos Tello, sera avec nous vendredi, lors de la projection d'Évolution, pour débattre avec sa réalisatrice Lucile Hadzihalilovic. Dans ce film de 2016, étrange et déroutant, entre horreur et féérie, des garçons mènent une existence décalé sur une île peuplée de femmes, tout en recevant un mystérieux traitement. Plastiquement sublime, Évolutionse situe en marge de la production classique et innove, tant en terme de narration que de sujet et de mise en scène.

Yeelen a obtenu le Prix du Jury à Cannes en 1987. Nous sommes ravis du choix du Ciné-club Louis Lumière qui a invité le duo de chefs-opérateurs - Jean-Noel Ferragut et Jean-Michel Humeau - responsables de la photo de ce film, joyaux du trop rare cinéma africain. Avec une grande sensibilité, Souleymane Cissé a saisi la force des rites Bambara, et les rivalités qu'elles peuvent engendrer dans cette ethnie du Mali. Hors du temps, loin de notre monde et de notre culture, Yeelenporte une dimension shakespearienne qui touche directement au cœur. La séance et le débat se prolongeront lors d'un cocktail au Grand Bar.

Truculentes, baroques, fantastiques et fantaisistes, les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, sont un accident dans la carrière de John Carpenter. Après avoir brillé dans l'horrifique, le réalisateur-musicien (il compose presque toutes ses BO) voulut s'essayer au genre "aventure burlesque", sur lequel Indiana Jones régnait sans partage dans les années 80. Les fans de Carpenter refusèrent l'obstacle, et le cinéaste reprit sa caméra pour terrifier les foules. Il fallut l'émergence de la vidéo pour qu'on redécouvre et apprécie la réjouissante récréation déjantée

L'aventure, c'est l'aventure.

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Et quand ce sont Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, ça décoiffe ! Nous jubilons de ressortir ce film délirant devenu culte, hommage de John Carpenter à la série B et à Tsui Hark, mythique réalisateur d'origine vietnamienne. A côté de ce joyeux cinéma foutraque, nos amis de Ciné-Ma Russie nous convient jeudi soir à voir une adaptation soviétique d'Anna Karénine signée Alexandre Zarkhi et précédée du court-métrage Je te vois, présenté par son réalisateur Denis Koudryatsev. Evidemment, les 3 Billboards de Martin McDonagh garde l'affiche (normal, hahaha).

C'est grâce à la magie de la VHS et à ces longues soirées passées devant un magnétoscope que Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, après un relatif échec en salle, est devenu un film culte. Il faut dire que ce pauvre John Carpenter n'a pas eu de chance dans ses sorties, devant, par deux fois, souffrir de la concurrence d'un roi du box office. En 1982, Carpenter réalise The Thing, formidable film fantastique que nous vous avons récemment présenté. Pas de chance, face à sa monstrueuse créature, se tient E.T., le gentil troll vert de Spielberg qui emballe le public. Quatre ans plus tard, Kurt Russell endosse le débardeur de Jack Burton pour un film d'aventures délirant. Mais le genre a été préempté par le même Spielberg pour qui les années 80 sont (aussi) celles d'Indiana Jones. Du coup, Jack passe un peu à côté de son public. Qu'importe ! La sortie en vidéo du film le fera découvrir aux cinéphiles qui, emballés par la virtuosité de la réalisation, la drôlerie des situations et le caractère frontal du héros en feront un mythe. Ils ont aussi vu les références que Carpenter faisaient à Tsui Hark, réalisateur de Zu, qui renouvela le genre du film de combat asiatique, orphelin depuis la mort de Bruce Lee en 1973. Jack Burton est donc un camionneur musculeux et un peu balourd qui, parce qu'un sorcier chinois convoite la fiancée de son pote, va se retrouver dans d'improbables péripéties, duels aux sabres et affrontements à grands coups de magie. C'est spectaculaire et réjouissant. Et on adore le titre original, Big trouble in Little China, qui résume parfaitement le propos en donnant le ton.

Jeudi soir, nous retrouverons la séance mensuelle de Ciné-Ma Russie autour de l'adaptation par d'Alexandre Zarkhi d'un classique de Tolstoï, Anna Karénine. Tatiana Samoïlova, notamment connue pour

Les meilleurs films

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Alors que, cette semaine, Le Festival Télérama. prend ses aises dans nos salles, nous pouvons déjà vous assurer que 3 Billboards sera au programme de la sélection des meilleurs films de la revue en 2018. Le nouveau Martin McDonagh, drôlement désespéré et désespérément drôle, cartonne au Grand Action et c'est largement mérité, ne serait-ce que pour la prestation de Frances McDormand. A côté de ce qui s'annonce déjà comme un grand succès, d'ailleurs justement couronné de quelques prix en attendant une probable moisson d'Oscar, Le Festival Télérama. nous propose de revoir les perles qui ont illuminé l'année passée. Et n'oublions pas celles qui firent la joie de nos dernières semaines (Le Jour où la terre s'arrêta, No Country for Old Men, We Blew it) et une projection du Ciné-club Univers Convergents.

Débutons donc avec cette séance, mardi 30 janvier. Elle sera parrainée par Nathalie Palanque-Delabrouille, cosmologisque, tout comme Jean-Philippe Uzan. Ces deux scientifiques seront accompagnés de Cécile Denjean, réalisatrice du Mystère de la matière noire, un documentaire haletant sur cet étrange élément qui, selon les études, représenterait 96% de la masse globale de l'univers tout en demeurant, jusqu'alors, parfaitement indétectable. On parlera donc bien de mystère, lors de ce Ciné-club Univers Convergents, auquel seules les personnes dument inscrites pourront participer. Pensez donc à réserver ; les places sont chères.

Elles le sont aussi pour faire partie des heureux élus du palmarès Télérama. Parmi les 16 "meilleurs films de 2017" retenus par la revue culturelle, nous en avons sélectionnés 7 qui nous ont particulièrement marqués. Mais avant de regarder le passé, tournons nous vers l'avenir car Le Festival Télérama. propose aussi des avant-premières. Les Bonnes manières, vision brésilienne du mythe du loup-garou de Juliana Rojas et Marco Dutra, est distribué par nos amis de Jour2Fête. Ce film fantastique et baroque sera projeté samedi à 19h, en plein milieu du Festival. Nous y retrouverons par ailleurs The Lost City of Z, fascinante aventure amazonienne de James Gray que nous explorâmes l'hiver dernier, Barbara, le brillant et tortueux biopic d'Amalric,

Communiquer

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Issue du latin communicare (entrer en relation avec), la communication est omniprésente dans notre monde moderne et cette lettre hebdomadaire en est d'ailleurs un avatar. C'est donc en communicant via des panneaux publicitaires que l'héroïne de 3 Billboards, interprétée par la géniale Frances McDormand, compte faire bouger la police de son comté. Un film violent, drôle et étonnant de Martin McDonagh que nous sortons mercredi. Outre par la poursuite de nos films récents (Le Jour où la terre s'arrêta, No Country for Old Men, et quelques autres), cette semaine sera aussi marquée par 3 événements. Mercredi, le Ciné-club Présences Extraterrestres nous fait rencontrer The Thing de Carpenter, ainsi que deux éminents scientifiques du monde animal. Le lendemain, le critique Michel Etcheverry nous présentera Du Rififi chez les Hommes lors d'un Ciné-club des Ecoles. Lundi enfin, le Collectif Jeune Cinémanous emmène hors des sentiers battus avec une sélection de courts-métrages expérimentaux.

Barbara Le Maître, enseignante en cinéma à Paris X, et François Moutou, vétérinaire et épidémiologiste, participeront au débat qui suivra la projection de The Thing, de John Carpenter, mercredi à 20h. Le Ciné-club Présences Extraterrestres a fort astucieusement choisi ce film du maître de l'horreur pour introduire une causerie sur les formes de vie différentes. Une vie qui, dans l'œuvre de Carpenter, a souvent tendance à donner la mort. C'est le cas de The Thing, un terrifiant monument du genre, où l'on retrouve les fondamentaux du réalisateur : format scope, lenteur des travellings et musique signifiante. Notons que, contrairement à son habitude, il ne l'a pas composée lui-même, mais confiée à Ennio Morricone, qui sait y faire pour agencer les notes.

Du Rififi chez les Hommes est le premier film français de Jules Dassin, que la chasse aux sorcières gauchistes avait chassé d'Hollywood. Il transposa dans les rues de Paris sa maîtrise du film noir, remplaçant les gangsters par des caïds, tout en conservant les chapeaux mous, les règles dures et les flingues faciles. Jeudi à 20h30, dans le cadre festif d'un Ciné-club des Ecoles qui sera, comme à l'accoutumée, suivi d'un cocktail au Grand Bar, le critique Michel Etcheverry nous parlera de ce film emblématique du cinéma des années 50 qui obtint d'ailleurs le Prix de la Mise en Scène au Festival de Cannes 1955.

L'ambiance sera plus expérimentale lundi soir avec le Collectif Jeune Cinéma. Entre hommage et parodie, romance sous la douche et poursuites freaks, hystérie et bifurcation, Gabrielle Reiner et Olivier Cooper Hadjian viendront nous présenter 4 courts-métrages de recherche. Venu d'Amérique, d'Israël ou de France, chacun défriche à sa manière une voie encore vierge du cinéma. Parfois déroutant, mais toujours réjouissant.

Comme chaque chose en ce monde, les panneaux publicitaires s'altèrent et peuvent tomber en désuétude. La mère d'une jeune fille assassinée va en réquisitionner 3 - les fameux 3 Billboards - pour provoquer

Reprise en beauté

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Difficile de dire ce que 2018 nous réserve, mais on peut en revanche vous assurer que janvier commence fort au Grand Action avec deux événements cette semaine, la poursuite de notre programme des fêtes, mené par Le Jour où la terre s'arrêta, et une sortie du tonnerre mercredi prochain. Mais parlons d'abord de samedi 18h, qui verra le retour des doubles projections Vilmos Encounters : débat autour du documentaire que Pierre Filmon a consacré au grand chef-opérateur suivi d'un film, en l'occurrence Rencontres du troisième type. Mardi 16, la semaine se conclura avec un Ciné-club Positif, lors duquel Grégory Valens viendra nous présenter Blue Jasmine que l'on savourera après le cocktail au Grand Bar.

Pierre Filmon ne se contente pas de travailler au Grand Action. C'est aussi un réalisateur tenace qui, pendant une grosse année, a filmé les rencontres que Vilmos Zsigmond lui a accordées, et a aussi amassé une importante documentation sur le travail de ce chef opérateur qui donna sa lumière au Nouvel Hollywood. Il en a tiré un remarquable documentaire qu'il a bouclé juste avant le décès de l'artiste en 2016. Ce formidable témoignage et la proximité que nous avons avec Pierre nous ont donné l'idée d'une série de doubles-projections : samedi, nous verrons le doc de Pierre à 18h, Close Encounters with Vilmos Zsigmond, puis un film éclairé par le maître à 20h30. Mais, avant d'enchaîner avec Rencontres du troisième type dans la version director's cut de Spielberg magnifiquement restaurée, un débat réunira le directeur de la photo Laurent Dailland et le romancier Timothée de Fombelle autour de Pierre Filmon. Une belle soirée pour les passionnés de belle lumière.

Mardi 16, les habitués (même de fraîche date) du Ciné-club Positif se retrouveront au Grand Bar pour le rituel cocktail de bienvenue concocté par Bruno de l'Intendance Suivra, avec les Champagnes Veuve-Cheurlin, les pickles Les 3 Chouettes et le jus de grenade bio Biguine Beauty. Après avoir posé notre coupette, nous passerons en salle afin d'entendre Grégory Valens, rédacteur à la revue Positif nous introduire Blue Jasmine. Ce Woody Allen de 2013, porté par une Cate Blanchett en épouse délaissée et ruinée, sera l'occasion de parler aussi de cet infatigable et talentueux réalisateur de 82 ans qui sort un nouveau film fin janvier.

La vedette de la semaine demeure Le Jour où la terre s'arrêta, réalisé en 1951 par Robert Wise. Venu du montage (il a travaillé sur Citizen Kane), Wise est un cinéaste protéiforme qui

Le jour où l'année commença

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Et nous voilà en 2018, une année que nous vous souhaitons, évidemment, excellente et cinéphile. Elle commence en beauté avec un classique hollywoodien de la SF, Le Jour où la terre s'arrêta, dont nous vous avons présenté récemment la copie restaurée en avant-première. Cette semaine sera aussi marquée par un Ciné-club Louis Lumière de prestige puisqu'il nous donne l'occasion de recevoir le grand Peter Suschitzky, chef opérateur attitré de David Cronenberg. Mardi 9 à 19h30, Peter viendra nous présenter Faux-Semblants, l'un des chefs d'œuvre de son réalisateur fétiche. Le reste de notre programmation décline nos récents succès, avec notamment No Country for Old Men, Rencontres du troisième type, La Folle Journée de Ferris Bueller, Rose Bonbon et Les Bourreaux meurent aussi, un Fritz Lang de 1942, que vous êtes nombreux à venir voir, ce qui nous réjouit. La cinéphilie n'est pas morte !

Fils de Wolfgang, chef opérateur d'origine autrichienne, Peter Suschitzky naquit à Londres en 1941, fit ses études à l'IDHEC de Paris, mais la plus grande partie de sa carrière de l'autre côté de l'Atlantique, après avoir toutefois travaillé avec - entre autres - Boorman, Losey et Demy. Aux Etats-Unis, il éclaira le mythique Rocky Horror Picture Show, un Star Wars et Mars Attack. Mais c'est avec un Canadien, en l'occurrence David Cronenberg, qu'il trouva son meilleur complice. Parmi la dizaine de collaborations qui réunit les deux hommes, Faux-Semblants, que le Faux-SemblantsCiné-club Louis Lumière a choisi pour son rendez-vous de mardi 9 janvier. Deux jumeaux gynécologues - doublement interprétés par Jeremy Irons via une double prouesse, technique et d'acteur - partagent tout, y compris les filles de passage. Mais l'amour ne se partage pas et quand l'un des frères le rencontre, la route vers la folie est ouverte. Peter nous introduira la séance et participera au débat, l'occasion de parler, notamment, du beau et inquiétant générique. Un cocktail à suivre nous permettra de nous remettre des émotions de ce film trouble et troublant.

Après avoir débuté comme coursier à la RKO, Robert Wise devint un monteur très demandé, travaillant même avec Orson Welles pour Citizen Kane, le plus grand film du studio, voire de l'histoire. Le futur réalisateur de West Side Story arriva derrière la caméra un peu par hasard et via la série B, mais ne lâcha plus. Nous avons gagné ce soir, son premier film majeur et l'un des meilleurs consacrés à la boxe, lui ouvre de plus grandes portes en 1949. Deux ans plus tard, il signe ce qui deviendra un classique de la SF, Le Jour où la terre s'arrêta, qui raconte l'arrivée d'un extraterrestre sur

No Country for Old Men.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Nous vous proposons cette semaine la copie neuve et restaurée du grand film des frères Coen, No Country for Old Men, adapté d'un roman de Cormac McCarthy, dont on sait que la propension n'est pas à l'écriture de conte de fées. Son récit crépusculaire sur un trafic de drogue ayant mal tourné, et nécessitant l'intervention d'un tueur psychopathe afin de régler leur compte aux naïfs qui avaient cru pouvoir s'immiscer dans le game, ne pouvait tomber entre de meilleures mains que celles des Coen. Josh Brolin est nickel en bon idiot opportuniste, Tommy Lee Jones prête ses poches sous les yeux au shérif fatigué et Javier Bardem, arme improbable, coupe de playmobil et calme olympien, nous offre un meurtrier d'anthologie. "On est emporté par ce tsunami rageur, cette absurdité cosmique (…). Entre le rire désespéré et l'horreur cosmique, les deux cinéastes donnent leur vision de la comédie humaine : comédie, mais humaine ? C'est Peckinpah chez Folamour", écrit François Forestier dans l'Obs. No Country for Old Men obtînt 4 Oscar majeurs en 2008, dont un pour Bardem. C'est largement mérité, et c'est aussi un bonheur de revoir ce régal noir sur copie neuve.

Si la noirceur des Coen ne vous sied pas pour cet entre-deux fêtes, nous avons quelques propositions plus sucrées : la (re)découverte de ces fleurons du teen movie made in USA que sont La Folle Journée de Ferris Bueller et Rose Bonbon. Le premier, réalisé par John Hugues, est une sautillante comédie avec un tout jeune Matthew Broderick, le second, écrit par John Hugues, est une tendre comédie mélodramatique avec sa muse, Molly Ringwald, et le fantastique Harry Dean Stanton.

Nous fêtons cette année le dixième anniversaire de No Country for Old Men et le quarantième de Rencontres du troisième type. Pour l'occasion, nous vous proposons de redécouvrir ce chef-d’œuvre dans sa version director’s cut de

Cadeaux de Noël.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Pour cette semaine du 25 décembre, le Grand Action a placé quelques cadeaux rigolos au pied de son écran. Jeudi soir, nous vous proposons une excellente et méconnue comédie russe, Mélodie oubliée pour une flûte. La séance sera précédée de la signature du livre Cinéma Russe contemporain, (R)évolution et suivie d'un cocktail au Grand Bar, le tout orchestré par Ciné-Ma Russie. Si vous préférez le rire américain, optez pour notre petit hommage à John Hugues avec un film qu'il réalisé ( La Folle Journée de Ferris Bueller), et un qu'il a écrit (Rose Bonbon). Les deux bénéficient de copie neuve, tout comme Rencontres du troisième type, version "director's cut", et Les Bourreaux meurent aussi, qu'accompagnent toujours un petit Cycle Fritz Lang et nos indéboulonnables du moment  (We Blew it, Detroit et Certain Women).

On connait le talent de Ciné-Ma Russie pour dénicher des perles du cinéma de l'est de l'Oural. Jeudi à 20h, nos amis russophiles nous convient à la projection de Mélodie oubliée pour une flûte, comédie également un peu oubliée, où un ancien musicien est embarqué dans de drôles de pérégrinations. Signée par Eldar Riazanov, auteur de L'Ironie du sort, film culte en ex-URSS, la projection de cette curiosité de 1987 permet aussi à Eugénie Zvonkine de venir présenter son livre, Cinéma Russe contemporain, (R)évolution. La soirée commencera et se prolongera au Grand Bar.

Autre cadeau de la semaine, la ressortie sur copie restaurée de deux joyaux du teen movie made in USA, présentés en avant-première lors de notre Festival Smells Like Teen Spirit. John Hugues, spécialiste du genre qui, avant d'y réussir, fut rédacteur publicitaire et humoriste au National Lampoon, excellent journal satirique américain, est mêlé aux deux films. Il a écrit et produit Rose Bonbon, et réalisé La Folle Journée de Ferris Bueller. Dans le premier, Andie

Au delà des étoiles.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Si les stars humaines brillent sur les écrans et le Walk of Fame d'Hollywood Boulevard, les vraies étoiles du ciel ont inspiré nombre de cinéastes. Les êtres venues de l'autre bout de la galaxie seront au programme de notre semaine, et fixent à mercredi Le Jour où la terre s'arrêta, grand classique SF proposé par le Ciné-club Présences Extraterrestres. Nous verrons d'autres E.T. lors des Rencontres du troisième type, copie restaurée du "director's cut" de 1997, le plus proche de la vision de Spielberg, que nous ressortons avec le distributeur Park Circus à l’occasion des quarante ans du film. Dimanche à 18h, nous suivrons, avec le Ciné-club Positif et guidés par la présence de Robert Guédiguian, Le Promeneur du Champ de Mars. Et dans ce film-hommage à Mitterrand, on voit bien que l'ancien Président tutoyait les étoiles.

Réalisé en 1951, alors que la Guerre de Corée venait d'éclater, Le Jour où la terre s'arrêta sonnait comme un message de paix envoyé aux belligérants de la guerre froide. Dans ce classique hollywoodien, proposé fort opportunément par le Ciné-club Présences Extraterrestres, Klaatu, Martien christique, débarque d'une autre galaxie pour sauver les Terriens, qui le traquent comme un criminel. Quels idiots !  Perig Pietrou, et Wiktor Stoczkowski, tous deux anthropologues, le premier au CNRS et le second à l’EHESS, viendront débattre après la projection de ce film de Robert Wise, mercredi à 20h. ça peut nous emmener loin et tard, au Grand Bar, autour d’un verre...

Dimanche à 18h, le Ciné-club Positif nous invite à emboiter le pas d'un autre type d'extraterrestre, qui régna sur la France. Michel Bouquet incarne François Mitterrand qui, au crépuscule de sa vie, confiait ses fausses vérités malicieuses et sa foi aux "forces de l'esprit" à un jeune journaliste. Le réalisateur Robert Guédiguian viendra nous présenter son Le Promeneur du Champ de Mars, et prendra ensuite part au débat animé par Pierre Eisenreich, rédacteur de la revue Positif. Un cocktail orchestré par nos partenaires Le Champagne Veuve Cheurlin, Biguine Beauty, les Trois Chouettes et l’Intendance Suivra lancera la séance à partir de 17h30.

A l'instar de Robert Wise, de nombreux auteurs de cinéma ont tenté d'imaginer les conséquences de l'arrivée sur terre d'êtres venus d'une autre planète. Amis ou ennemis ?  Bons ou mauvais ? Et comment le savoir ? Stephen Spielberg a imaginé que trois notes de musique permettraient de communiquer avec une créature extraterrestre et en a fait le cœur sonore de ses Rencontres du troisième type. Récemment remontée par Spielberg lui-même,

Bon niveau de Lang.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Que nos lecteurs nous pardonnent ce piètre calembour, mais il nous permet d'annoncer le retour du Cycle Fritz Lang accompagnant Les Bourreaux meurent aussi, qu'il réalisa en 1943 et que nous ressortons sur copie neuve. Si certains de nos films anciens, et notamment We Blew it , conservent l'affiche, la semaine est marquée par un événement. Ce sera mercredi à 19h30 avec un Ciné-club Sciences-Po et la projection de deux documentaires de Henri-François Imbert en sa présence.

Henri-François Imbert  est un drôle de cinéaste, autodidacte et sensible, qui a développé son langage en réfléchissant sur l'art brut et en tirant l'écheveau de souvenirs enfouis. Dans Sur la Plage de Belfast, il cherche en Irlande une famille aperçue sur des bobines oubliées dans une caméra Super 8. Dans No Pasarán, Album souvenir, sa quête démarre avec d'anciennes photos de la Guerre d'Espagne trouvées chez son grand-père. Ce réalisateur solitaire nous parlera de son travail sur l'intime et expliquera sa démarche lors du Ciné-club Sciences-Po de mercredi soir où nous verrons ses deux documentaires.

Hitler et Goebbels adoraient Fritz Lang. La réciproque n'était pas vraie, mais cela leur fait un point commun avec nous. On ne résiste d'ailleurs pas à vous rappeler l'anecdote (parlante bien que contestée par certains spécialistes) de la rencontre, dès l'avènement du Reich en 1933, du nouveau Ministre de la Propagande avec le réalisateur, qui avait déjà signé Metropolis et M le Maudit. Alors que le premier proposait au second de prendre la responsabilité du cinéma de son ministère, Lang fit remarquer que sa mère était d'origine juive. Goebbels lui répondit que "c'était (lui) qui décidait qui était Aryen". Lang quitta rapidement le pays, divorçant au passage de Théa von Harbou, son épouse et monteuse, tentée par les théories nazies. Après un bref séjour à Paris, il s'envola vers les USA en 1934, et commença rapidement sa deuxième carrière.  Entre drame social (Désirs Humains), film noir (La Femme au portrait, la Femme au gardénia, le Secret derrière la porte), et œuvre engagée, comme Cape et poignard ou

No surrender

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Ne jamais se rendre. Cette profession de foi n'est pas celle des cinémas indépendants, mais le cri que la Résistance Tchèque adresse aux nazis dans Les Bourreaux meurent aussi, film de Fritz Lang de 1943 que nous sortons sur copie neuve avec la complicité de Théâtre du Temple, son distributeur. Au contraire, le criminel malheureux de Juste avant la nuit, film de Claude Chabrol que le critique Thierry Jousse viendra nous présenter dans le cadre du Ciné-club des Ecoles de jeudi, est empêché de se rendre à la police par ses proches et ceux de sa victime. En revanche, la fière exhortation de notre titre correspond à l'état d'esprit des pugilistes de Boxing Gym, magistralement (comme d'habitude) mis en scène par Frederick Wiseman et que le Ciné-club Louis Lumière, nous propose mardi, en présence de son mixeur Emmanuel Croset. Hormis ces nouveautés, le reste de notre programme, toujours mené par We Blew it, poursuit son petit bonhomme de chemin.

Le Ciné-club des Ecoles de jeudi 20h est le premier événement de notre semaine cinématographique. Revoir un Chabrol est toujours un plaisir, car ce vieux Claude demeure l'orfèvre dostoïevskien des turpitudes provinciales, décrivant avec jubilation la façon dont, sous la braise éteinte de vies étriquées, bourgeoises et conventionnelles, couve le feu de la perversion, du mensonge et souvent du crime. Juste avant la nuit, sorti en 1971, est une réponse à La Femme infidèle, réalisé deux ans plus tôt. On y retrouve Stéphane Audran et Michel Bouquet, meurtrier malgré lui de sa maîtresse, que sa femme et le mari cocufié, son meilleur ami, exhortent de ne pas se dénoncer par peur du scandale. Un amer régal, dont le critique Thierry Jousse viendra nous parler après la projection et avant le cocktail au Grand Bar.

Mardi 5 décembre, le Ciné-club Louis Lumière a invité un talentueux artisan du son, le mixeur Emmanuel Croset, pour évoquer l'un des films sur lequel il a travaillé : Boxing Gym. Pour faire simple, Frederick Wiseman est une sorte de Depardon américain. Les deux partagent le talent de poser leur caméra et de la laisser saisir des moments de vie incroyablement puissants. Wiseman a filmé ici le Lord's Gym, club de boxe texan où toutes les populations viennent se taper sur le ring avant d'échanger dans les vestiaires. C'est simple, beau et évident car le documentariste sait tirer, d'une matière brute, 91 minutes de diamant cinématographique. Parmi l'équipe qui l'aide à extirper ces pépites, notre ami Emmanuel nous expliquera son travail, et prolongera le débat lors du cocktail à suivre.

Nous vous avons rapidement rappelé la semaine dernière le parcours de Fritz Lang. Exilé en Amérique, il retrouva un autre Allemand qui avait fui le nazisme pour des raisons politiques, Bertolt Brecht. Le grand dramaturge, qui y écrivit une bonne partie de son œuvre théâtrale, fut évidemment sollicité par la machine hollywoodienne. Mais la greffe prit moins bien que celle de Lang et Les Bourreaux meurent aussi fut finalement son seul scénario. Pourtant - et malgré la liberté que BB s'autorisa avec l'histoire puisque Heydrich ne fut pas assassiné dans

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À la carte du Grand Action cette semaine, un programme goûtu qui se conclura mardi par une soirée gastronomique au féminin dont nous parlons plus loin. En guise de plats principaux, nos tubes du moment, dont We Blew it , que Jean-Baptiste Thoret viendra nous servir lui-même dimanche après-midi. L'apéro se prendra jeudi et vendredi, avec la suite des projections des courts-métrages du Festival Faire un Film en 48h. Et, toute la semaine, l'on dégustera les délices du Cycle Fritz Lang, comme autant d'amuse-bouches pour apprécier la sortie, sur copie neuve, mercredi prochain, de Les Bourreaux meurent aussi.

Mardi 28 à 19h30, débutera un moment qui réjouira les gourmettes et les gourmands. Car cette soirée gastronomique est placée sous les auspices de cheffes avec, pour point d'orgue, la projection de À la Recherche des femmes chefs, que sa réalisatrice Vérane Frédiani, viendra nous présenter. Cette jeune documentariste a fait le tour du monde pour rencontrer des femmes formidables qui imposent leur style et leur genre dans la haute cuisine ; un milieu, comme tant d'autres, plutôt dominé par les mâles. Certaines de ces cheffes seront parmi nous pour réjouir nos palais. Julie Bavant régalera nos papilles de ses bouchées végétales, complétées par les délicieux granolas salés de Catherine Klugel, célèbre créatrice des Tartes Klugel. Elodie et Delphine, nos amies des Trois Chouettes, co-organisatrices de la soirée, ont aussi convoqué nos historiques partenaires de bouches : le Champagne Veuve-Cheurlin, les jus de grenade bio de J.C. Biguine et Bruno, de L'Intendance Suivra. Avis donc aux amatrices et amateurs de bonnes choses : bloquez votre soirée de mardi et bon appétit.

Les fans de courts-métrages bricolés en deux jours chrono se retrouveront jeudi et vendredi soir pour la suite des projections des films que les équipes participant au Festival Faire un Film en 48h ont réussi à boucler dans le temps imparti. Il y a de tout, des merveilles et des films approximatifs, des bijoux et des plantades, des "presque bien" et des "où il manque un truc", mais tous méritent nos applaudissements car le défi de boucler scénario, casting, tournage, montage et post-production de quelques minutes de cinéma en 48 heures est une gentille folie créatrice.

Beaucoup de ces débutants cinéastes se réfèrent à des maîtres, comme Fritz Lang. C'est une bonne idée. Et pour s'en inspirer vraiment, le mieux est encore de revoir certains de ses films sur grand écran. Le Cycle Fritz Lang propose le meilleur de la production de cet immense réalisateur, né Austro-hongrois, devenu Allemand, puis Américain en fuyant la nazisme qu'il ne cessera de dénoncer (c'est le thème des Bourreaux meurent aussi qui sort donc mercredi prochain). Cette semaine, nous pourrons redécouvrir son génie noir et visionnaire, issu de l'expressionisme et irrigué de

Flanquer des coups de poings dans l'œil du public

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Ainsi parlait Eisenstein, cinéaste soviétique et pape du montage. Cet art de couper et d'ordonner les plans apporte sens, émotion et force au cinéma. Sans toujours aller jusqu'au projet radical d'Eiseinstein, le montage façonne les films et sera en vedette cette semaine avec une Master Class de Paul Hirsch, l'un des orfèvres de la chose. Mais un bon montage est le secret d'un film réussi et peut même en sauver un médiocre. Ce fut sans doute le cas pour certains des quelques 121 courts-métrages du Festival Faire un Film en 48h - The 48 Hour Film Project, 48HFP pour les intimes) que nous présenterons jeudi, vendredi et samedi. Mercredi, nous aurons lancé le nouveau Ciné-club Présences Extraterrestres, lors duquel des scientifiques débattront autour de Rencontres du troisième type et d'autres formes de vies. A ce riche programme, s'ajoutent évidemment nos précédents succès et notamment We Blew it , le formidable road-documentaire de Jean-Baptiste Thoret qui, sur la route du Nouvel Hollywood, rencontre des Trumpistes ; pire que le troisième type !

Quand un anthropologue (Perig Pitrou), un paléontologue (Jean-Sébastien Steyer) et un physicien (Roland Lehoucq) se rencontrent, ils parlent forcément de sciences. En l'occurrence, c'est celle du vivant qui les intéresse et, pour les débuts de leur Ciné-club Présences Extraterrestres au Grand Action, ils font des Rencontres du troisième type. Le film de Spielberg est particulièrement bien choisi puisque nos amis veulent évoquer les formes de vies extraterrestres, et la façon dont la SF les aborde. Après la projection de mercredi à 20h, un débat, également en présence des astronomes Franck Marchis et Stéphane Mazevet, envisagera les cœurs qui pourraient battre à des années-lumières des nôtres. Mais sont-ce des cœurs ? Nous pourrons noyer nos interrogations métaphysiques lors du cocktail à suivre au Grand Bar.

L'on connait désormais le principe du Festival Faire un Film en 48h, d'ailleurs énoncé dans son intitulé. Un vendredi soir de septembre, une petite centaine d'équipes de cinéastes amateurs et professionnels ont reçu les contraintes des organisateurs. 121 d'entre elles ont réussi à boucler leur projet avant dimanche à 19h, validant ainsi leur participation au 48HFP 2017. Lors des soirées de jeudi, vendredi et samedi, nous verrons, en présence des équipes et donc dans une chaude ambiance, ces productions de l'urgence, tripales, étonnantes, hétéroclites, iconoclastes, parfois brillantes et parfois ratées, mais toujours respectables car la gageure du festival est une douce folie.

Lors du 48HFP, le dimanche est forcément consacré au montage. Ce sera aussi le cas ce dimanche au Grand Action qui, grâce à notre ami et collaborateur Pierre Filmon, recevra Paul Hirsch pour un beau programme. Star du montage - il a travaillé pour les premiers Star Wars ce qui lui a d'ailleurs valu un oscar - Paul est le monteur attitré de Brian De Palma (dont la version restaurée de Carrie est toujours à l'affiche). A 16h, Obsession lancera une Master Class de Paul Hirsch, qui introduira aussi la projection de Chute Libre de Joel Schumacher. Un grand moment d'échange et

D'Easy Rider à Donald Trump

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Comment sommes-nous passé de l'un à l'autre ? s'interroge Jean-Baptiste Thoret  lors de son road trip américain à la recherche du Nouvel Hollywood et des utopies des 60's. We blew it , son nouveau film qui sort cette semaine sur nos écrans et sera projeté en sa présence vendredi à 20h, interroge l'histoire désillusionnée des USA, devenus trumpistes. Jeudi, la soirée Ciné-ma Russie nous propose deux films qui ont pour point commun de mettre en scène Marcello Mastroianni dans le rôle d'un mari ayant raté son mariage. Pour Divorce à l'Italienne, Marcello obtint le Golden Globe et le Bafta du meilleur acteur 1964, et, pour Les Yeux Noirs, il eut le Prix d'Interprétation à Cannes en 1987. Entre les deux projections, nous célébrerons son talent en trinquant au Grand Bar. Mardi soir, après un autre cocktail à 19h30, nous verrons la famille anglaise en lambeaux de All or nothing. Yann Tobin, aux manettes de ce Ciné-Club Positif, nous présentera cette comédie amère de Mike Leigh. Vous retrouverez par ailleurs certains films des précédentes semaines, et notamment Carrie, sanglant cauchemar adolescent de De Palma.

C'est donc le grand Marcello que Ciné-ma Russie a décidé d'honorer pour sa soirée de novembre, s'autorisant pour l'occasion une incartade vers le cinéma transalpin. Avec Divorce à l'Italienne, de Pietro Germi, nous verrons l'une des pièces importantes de la comédie des années 60, où un homme cherche un prétexte pour tuer sa femme afin d'en épouser une autre. Dans Les Yeux Noirs, libre adaptation de Tchekhov par Nikita Mikhalkov, un mari confie ses déboires conjugaux à une femme sur le pont d'un paquebot. Cette double projection mastroiannesque sera présentée par la scénariste et productrice Silvia D'Amico, rejointe par Marthe Keller après le cocktail d'entre-deux-films, donc à 21h30.

Vendredi à 20h, nous aurons la joie d'accueillir Jean-Baptiste Thoret, réalisateur de We blew it . Il présentera la séance et animera ensuite un débat pour nous raconter son film-voyage à travers les États-Unis. Mais le sont-ils encore vraiment ? Par les interviews de (presque) tous les survivants du Nouvel Hollywood, ce courant qui fit souffler un vent frais sur le cinéma américain, et en donnant