Bass en haut de l'affiche.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Saul Bass, mythique graphiste du cinéma et réalisateur d'un unique long-métrage, Phase IV, naturellement devenu culte et réédité sur copie neuve, est la vedette de la semaine avec l'arrivée d'un Cycle. Forcément éclectique, le Cycle Saul Bass regroupe certains films de grands cinéastes (Wilder, Preminger, Scorsese...) avec lesquels le graphiste a travaillés. La vague Bass qui submerge nos écrans cette semaine laisse tout de même quelques places à nos précédents succès, dont Les Proies, le dernier Sofia Coppola qui obtint le Prix de la mise en scène à Cannes 2017, Upstream Color, ovni de science-fiction de Shane Carruth, Wilson, comédie grinçante et incorrecte de Craig Johnson, Fight Club, incontournable de David Fincher, Le Privé, polar décalé de Robert Altman et les touchantes Certain Women de Kelly Reichardt.

Otto Preminger - nonobstant son talent et ses films phares, dont Autopsie d'un meurtre - marqua aussi l'histoire du cinéma en ouvrant les portes d'Hollywood à un jeune graphiste new-yorkais qui venait de créer son agence de publicité à Los Angeles. En 1954, Saul Bass commença par concevoir l'affiche, puis le générique de Carmen Jones, avant de devenir le collaborateur attitré de Preminger. Le style de Bass, très symbolique et épuré, rompait radicalement avec l'ambiance plan-plan de la communication cinématographique d'alors. Il séduisit rapidement d'autres réalisateurs qui voulurent que la pure patte du graphiste s'inscrivît dans leurs œuvres. Ainsi, outre avec Hitchcock, Saul travailla avec John Frankenheimer (Seconds), Robert Wise (West Side Story) ou Billy Wilder (Sept ans de reflexion), devenant ainsi le plus grand créateur de génériques des années 60. Trente ans plus tard, l'exigeant Martin Scorsese rappela le graphiste pour qu'il collabore sur ses films. Bass interviendra à quatre reprises (pour Les Affranchis, Les Nerfs à vif, Le Temps de l'innocence, et Casino, qui sera sa dernière œuvre avant son décès en 1996 pour le grand Martin, contribuant à la dynamique et la beauté de ses films. Les films cités constituent le Cycle que nous consacrons à cet artiste. Entre ces deux périodes de gloires génériques, Saul Bass, tout en poursuivant une prolifique carrière publicitaire, s'était lancé dans la réalisation. Après un prometteur court-métrage documentaire, il passa directement au long-métrage de fiction avec Phase IV en 1974. Ce film exigeant et

Les proies : phase IV.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

La première phase de cette série sur la prédation est Les Proies, le nouveau Sofia Coppola où elle nous plonge avec un soldat blessé dans le huis clos d'un pensionnat de jeunes filles pendant la Guerre de Sécession. La deuxième arrive avec Upstream Color, un film de Shane Carruth dont les personnages sont les proies d'un mal étrange et métaphysique venu du parasite d'une plante. Jeudi de cette semaine, le Ciné-club des Écoles fait sa rentrée avec un modèle de la dialectique traqueur-traqué : La Nuit du chasseur, unique chef d'œuvre de Charles Laughton, présentée par la critique Sandrine Marques. Ce troisième temps de prédation annonce le suivant : Phase IV, film mythique réédité sur copie neuve cette semaine, où Saul Bass nous annonce comment nous, les tout-puissants Humains, pourrions devenir les victimes des minuscules fourmis. Superbement glaçant. Heureusement, certains de nos précédents films permettent de se détendre un peu. Pas Fight Club, bien sûr, mais on rira avec le cycle Buster Keaton, rire qui se teintera de jaune avec Le Privé et Wilson, on rêvera de Lost City of Z, on sera touchés par Certain Women et on comprendra le spleen des jeunes filles avec le cycle Sofia Coppola.

C'est toujours un plaisir étrange de revoir La Nuit du chasseur, seul film réalisé par l'acteur Charles Laughton, et interprété par un terrifiant Robert Mitchum, pasteur mais surtout prédateur de deux enfants qui fuient dans un décor d'une beauté fantastique. Jeudi à 20h30, pour sa première soirée de la saison, le Ciné-club des Écoles a invité la critique Sandrine Marques afin de présenter ce film. Et comme il y a beaucoup à en dire, elle animera aussi le débat qui suivra la projection et nous accompagnera certainement boire un dernier verre au Grand Bar.

Il y a deux façons de regarder les fourmis : avant d'avoir vu Phase IV, ou après. Saul Bass, mort en 1996 à 76 ans, est un graphiste formé au Brooklyn College où il découvre le Constructivisme et le Bauhaus. Il devient publicitaire, et part monter son propre studio à Los Angeles. Dans la capitale du cinéma, il rencontre Otto Preminger en 1954 afin de concevoir l'affiche de Carmen Jones. Le réalisateur est tellement séduit par l'approche symbolique du graphiste, en rupture totale avec les standards de l'époque, qu'il lui demande de travailler sur le générique du film, puis sur celui de L'Homme au bras d'or et de tous ses films suivants. La modernité du travail singulier de Bass attire d'autres grands réalisateurs : Hitchcock (pour le

Reprises estivales.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Cette semaine, les années 70 sont en vedette au Grand Action avec les ressorties de Equus , de Sidney Lumet, et du Privé, complété par un Cycle Robert Altman. Nous rendrons hommage la semaine prochaine à la décennie 90, avec la réédition d'un film clé, culte et choc de ces années-là : Fight Club. Pour vous préparer au combat, un Cycle David Fincher débute dès ce mercredi.

Venu du clip, de la publicité et des effets spéciaux, David Fincher a imposé une nouvelle esthétique au thriller, notamment avec Se7en et Zodiac, deux histoires de serial killers aussi obsessionnels dans le crime que le réalisateur l'est derrière sa caméra. Cinéaste méticuleux et d'une précision helvétique, il débute dans le long-métrage en 1992 avec une grosse pression, puisqu'il est chargé d'Alien3, prenant la suite de Ridley Scott et James Cameron. Il relève la gageure avec un film d'une grande noirceur, même si la production imposera de retourner la fin, privant Fincher du "final cut". Il prend totalement la main pour le suivant, Se7en, qui marque le début d'une collaboration fructueuse avec Brad Pitt. Il le retrouve d'ailleurs pour Fight Club, puis pour L'étrange Histoire de Benjamin Button. Cette adaptation d'un court roman surréaliste de Francis Scott Fitzgerald montre la vie à contre courant d'un homme né vieillard, et qui rajeunira jusqu'à mourir bébé. Après avoir co-créé la série House of Card, il réalise aussi

Un été 2017.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Si la lettre hebdomadaire de votre cinéma préféré va prendre quelques congés, le Grand Action, lui, continue de tourner, et avec une nouvelle offre alléchante : la carte CIP. Regroupant 25 salles parisiennes indépendantes, dont la nôtre, cette carte non nominative permet de bénéficier de tarifs intéressants (30€/5 places ou 48€/9 places). Elle sera en vente-test à notre caisse à partir du 10 août, avant d'être généralisée le 23 août. Au-delà de l'offre, la Carte CIP est une façon de marquer votre attachement et votre soutien aux cinémas indépendants. Qui vous en remercient et vous souhaitent un bel été. Et pour le prouver, laissez-nous vous raconter notre programme jusqu'au 23 août, que nous fêterons par une sortie majeure. Révélation à la fin, et commençons par le début.

On commence donc, le 26 juillet, par de la baston philosophique avec Fight Club, film clé des années 90 et œuvre majeure de David Fincher. Deux amis (Edward Norton, dépressif, et Brad Pitt, vendeur de savonnettes), trouvant une forme de rédemption lors de combats sauvages, fondent le Fight Club, bientôt rejoints par d'autres amateurs d'ultraviolence. Mais le "club" prend une étrange tournure, virant à la milice révolutionnaire. Et l'on n'est pas au bout de nos surprises... Hallucinant film à tiroirs adapté d'un roman de Chuck Palahniuk et magistralement mis en scène, Fight Club divisa critique, profession et public lors de sa sortie. Il fallut quelque temps pour qu'on le considère comme un film culte que nous sommes ravis de vous inviter à revoir sur grand écran. Cette ressortie estivale est accompagnée d'un Cycle David Fincher, avec notamment Se7en, Alien 3 et Zodiac projetés en pellicule.

Fincher et son Fight Club seront, avec quelques uns de nos films de ces derniers mois (The Lost City of Z, Certain Women, Equus, Le Privé et l'inénarrable The Big Lebowski), les vedettes de la fin juillet. A partir du 9 août, ils partageront l'affiche avec un Keaton, l'acrobate du rire. On ne présente plus Buster Keaton, maître du burlesque et incroyable performer qui ne sourit jamais. Après avoir débuté en duo avec Roscoe Arbuckle, Keaton prend son envol  avec une série de "deux bobines". Réalisés entre 1920 et 1923, quatre de ses courts-métrages ont été restaurés par Lobster Films et rassemblés en une séance Keaton en quatre. L'artiste passa

Les Proies pour l'ombre.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Voici donc la rentrée et la fin de l'été où l'on part chercher le soleil pour trouver un coin à l'ombre. L'ombre, c'est donc fini et voilà venir Les Proies, le dernier film de Sofia Coppola en sortie nationale, qu'accompagne un Cycle consacré à cette talentueuse jeune cinéaste. Outre ce beau cadeau de rentrée, vous retrouverez aussi notre programme estival avec Wilson, le râleur de bédé inventé par Daniel Clowes et mis en images par Craig Johnson, le burlesque Keaton, l'acrobate du rire, ainsi que le Fight Club de Pitt et Norton arbitré par Fincher, Equus, la folie équestre de Lumet, Le Privé, polar décalé d'Altman, L'extraordinaire Big Lebowski des Coen, la The Lost City of Z de James Gray et Certain Women de Kelly Reichardt. Que de films ! Heureusement, pour tous les voir sans vous ruiner, vous pouvez désormais vous offrir la nouvelle carte CIP. La presse a largement parlé de cette offre des 25 salles parisiennes indépendantes dont, bien sûr, le Grand Action. Non nominative, la carte CIP permet de bénéficier de tarifs préférentiels (de 5 à 6 € par entrée), tout en marquant son attachement à l'indépendance de la programmation. Une bonne action, et une bonne affaire !

Pas sûr que ce soldat Yankee blessé pendant la Guerre de Sécession (Colin Farrell) fasse, lui, une bonne affaire en étant recueilli par les pensionnaires d'un internat du Sud Profond. A l'ombre de ces jeunes filles en fleurs (Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning...), il pourrait bien être une proie… Les Proies, un roman de Thomas Cullinan publié en 1966, fut d'abord adapté au cinéma par Don Siegel qui, en 1971, donna le rôle principal

Des frissons, des rires et des larmes.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Le cinéma partage avec l'amour l'extraordinaire pouvoir de nous faire frissonner et passer du rire aux larmes. Ainsi, on frémit devant Les Proies, le nouveau film de Sofia Coppola, accompagné d'une rétrospective complète de la réalisatrice. Les rires, nous en aurons avec Wilson ou le Cycle Buster Keaton, l'acrobate du rire, et nous verserons quelques larmes sur Le Scaphandre et le papillon, bouleversant film de Julian Schnabel, choisi par le premier Ciné-club Louis Lumière de la saison et projeté mardi 5 septembre en présence du cadreur Berto. Quand au reste de notre programme (Fight Club, Le Privé, The Big Lebowski, The Lost City of Z, Certain Women), il passe allègrement de l'un à l'autre des sentiments pour notre plus grand bonheur.

C'est donc le Ciné-club Louis Lumière qui fait la rentrée des événements de la saison, le mardi 5 à 20h avec Le Scaphandre et le papillon. Jean-Dominique Bauby était un brillant journaliste qui, suite à un AVC, resta prisonnier du locked-in-syndrome : conscient mais totalement paralysé, à l'exception d'une paupière. Il s'en servit pour dicter lettre par lettre son livre, et faire partager cette terrible expérience de l'intérieur. Bauby mourut en 1997, deux jours après la sortie du livre qu'adapta Julian Schnabel 10 ans plus tard. Merveilleusement servi par le duo Seigner-Amalric, ce film, dont le cadreur Berto viendra nous raconter le tournage après la projection, fut un immense succès et obtint le Prix de la Mise en Scène au Festival de Cannes.

En 2017, Sofia Coppola reçut la même récompense pour Les Proies, remake d'un film de Don Siegel d'après un roman de Thomas Cullinan.  Alors que la Guerre de Sécession tonne

Éloge du vide.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Le cinéma peut remplir nos rêves tout en se nourrissant du vide ; un concept qui mérite qu'on s'y arrête. Ainsi, Sofia Coppola montre la vacuité de la vie des jeunes filles du Pensionnat Farnworth dans Les Proies, son dernier film, et dans Upstream Color, notre sortie de la semaine, Shane Carruth nous égare dans une curieuse expérience cinématographique où les personnages sont psychologiquement vidés d'eux-mêmes. Deux exclusivités à découvrir donc, et plein d'autres films des précédents programmes qui tiennent encore l'affiche : les CyclesSofia Coppola et Buster Keaton, ainsi que Wilson Fight Club, Le Privé et les indéboulonnables The Lost City of Z et Certain Women. Le temps fort de la semaine la clôturera mardi 12 avec la reprise du Ciné-club Positif, un grand moment animé par Philippe Rouyer pour présenter Le Samouraï, l'un des chefs d'œuvre de Jean-Pierre Melville filmant un hypnotique Delon.

Tueur froid, mutique et solitaire, Jef Costello, dit Le Samouraï, n'a jamais été condamné. Mais, sévèrement marqué par un commissaire de police pugnace (François Périer) et semblant être au centre d'une machination qui lui échappe, son dernier contrat pourrait bien être... le dernier ! Le Samouraï résume l'immense talent de mise en scène de Melville, tant l'on y retrouve la patte fluide et âpre de ce cinéaste qui filmait comme personne la noirceur baignant la vie des hommes. Philippe Rouyer, passionnant et vibrionnant orateur, viendra nous l'expliquer lors de la présentation de ce Ciné-club Positif de rentrée. Rendez-vous mardi à partir de 19h30, pour un cocktail de bienvenue orchestré par Bruno, de l'Intendance Suivra, avec le Champagne Veuve Cheurlin, les jus bios de Biguine Beauty et les pickles des 3 Chouettes.  Vous serez ainsi à température pour revoir Alain Delon, le plus magnétique des grands fauves du cinéma français dans l'un de ses films emblématiques.

Ingénieur et mathématicien de formation, Shane Carruth est devenu homme orchestre de cinéma, écrivant, produisant, réalisant, montant, éclairant et interprétant ses films, dont il compose également la musique. Ce fut le cas pour Primer, petit bijou que nous projetterons

Altman, casseur de genre.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Avec la ressortie sur copie neuve du Privé et un Cycle pour l'accompagner, Robert Altman est la vedette de cette semaine au Grand Action. Mais ce pourfendeur des grands genres hollywoodiens qui n'aime rien tant qu'en briser les codes, doit partager l'affiche avec deux événements et quatre films.

Nous retrouverons d'abord, dès mercredi soir, nos amis d'Harvard in Paris pour leur dernière séance de la saison autour des 400 Coups. François Truffaut, à sa manière "Nouvelle Vague", fut aussi un révolutionnaire du cinéma. Après la projection, nous aurons l'occasion de parler, avec les pédagogues François Taddei et Ange Ansour, de l'éducation d'Antoine Doinel, l'ado rebelle habité par le formidable Jean-Pierre Léaud. Il faisait alors ses premiers pas à l'écran et allait bientôt grandir au point de nous devenir incroyablement familier.

L'autre événement de la semaine aura lieu vendredi, avec l'adaptation de Madame Bovary de Claude Chabrol, un ami de Truffaut que nous venons de célébrer par un Cycle. Isabelle Huppert incarne à merveille l'insatisfaite héroïne flaubertienne, et la critique Murielle Joudet nous le confirmera lors de sa présentation.

Né en 1925 et mort en 2006, Robert Altman descend d'une famille de pèlerins du Mayflower. S'il appartient par cette filiation à la légende américaine, il n'eut de cesse de casser les mythes du cinéma national. D'abord brièvement acteur puis réalisateur de télévision, notamment pour la série Alfred Hitchcock Presents,  Altman obtient son premier succès (Palme d'Or, Oscar et 2 Golden Globes) pour M.A.S.H., où il dénonce la Guerre du Vietnam en racontant un épisode de celle de Corée. Mais le réalisateur dynamite surtout le genre "film de guerre" en réalisant une comédie iconoclaste et contestataire. Rebelote avec John McCabe, un western poétique et contemplatif totalement en rupture avec le "johnfordisme". En faisant du détective Marlowe, héros de Raymond Chandler, jadis incarné par Mitchum et Bogart, un "born loser", il retrouve Elliott Gould, le Capitaine McIntyre de M.A.S.H. Il poursuit ainsi sa grande œuvre de démythification des genres américains en s'attaquant au film noir. Dans Le Privé, adaptation seventies et totalement décalée de The Long Good Bye, Marlowe, obsédé

Marlowe, Bonnie, Clyde et the Dude : des vies violentes.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Voici un titre qui résume presque totalement l'affiche de la semaine. Elle sera marquée par l'ubuesque enquête du Privé Marlowe vue par Altman, et les tribulations farfelues du Dude, alias The Big Lebowski des Coen, nos deux grandes ressorties du moment. Deux événements, l'Avant-première d'Une Vie violente, et un Ciné-Club Positif autour de Bonnie and Clyde s'immisceront dans notre programme, où l'on verra aussi certains de nos précédents succès comme The Warriors, The Lost City of Z et Certain Women, ainsi qu'un Cycle Robert Altman.

Pour la deuxième édition d'Avant-premières !, les Cinémas Indépendants Parisiens (CIP) vous proposent plus de films car l'association compte maintenant 32 salles. Les CIP invitent, pour la modique somme de 5€ la séance, les spectateurs au voyage et à la découverte des salles parisiennes indépendantes. C'est dans ce cadre que, jeudi à 20h, nous recevrons Thierry de Peretti et son équipe pour Une Vie violente. Thierry est Ajaccien, acteur et metteur en scène au théâtre. Après Les Apaches, son précédent long métrage présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, il continue d'ausculter la Corse. Il évoque ici les années de plomb qui, au tournant du millénaire, plongèrent son île dans la spirale mortelle d'une vendetta. Une Vie violente, titre inspiré par Pasolini, c'est celle d'un intellectuel qui, après avoir tenté d'éviter le piège mafieux des dérives nationalistes, revient se jeter dans la nasse. Favorablement repéré lors de la Semaine de la Critique du dernier Festival de Cannes, Une Vie violente sortira le 7 août en salle. Prenez donc un mois d'avance avec notre avant-première de jeudi, complétée par la projection de L'Ingérable, court-métrage primé au dernier FF48H (Faire un Film en 48 Heures).

Mardi à 20h, nous fermerons la saison du Ciné-Club Positif avec Bonnie and Clyde - Faye Dunaway et Warren Beaty - dans le film d'Arthur Penn. Ces gangsters amoureux eurent aussi une vie violente, qui se conclut d'ailleurs tragiquement. Penn, avec son sens de la dramaturgie et la beauté de sa mise en scène, sut donner une dimension mythique à ce couple qui fuit la grande dépression des années 30 en pillant des banques. Un film clé des années 60, tout plein de la folle liberté de l'époque, mâtinée par la violence de celle qu'elle raconte. Pierre Eisenreich, rédacteur à la revue, nous commentera la projection, qui sera précédée à 19h30 d'un cocktail offert par L'Intendance Suivra, le Champagne Veuve Cheurlin et le jus de grenade Biguine Beauty.

Sauf en s'inspirant de la réalité - comme les deux films dont on vient de parler - ou de la littérature, peu de cinéastes inventent des mythes. Lucas, avec Star Wars ou, dans un autre genre, Truffaut et son Antoine Doinel y parvinrent. Avec Le Dude, surnom de The Big Lebowski, les frères Coen relevèrent le défi en créant une légende des glandeurs, une idole du cool et un dieu des joueurs

Étymologie.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Cette semaine nous propose de remonter à une source importante de l'étymologie écranique : le cinéma américain des années 70. Ainsi, Le Privé et le cycle Robert Altman sont rejoints par un nouveau venu, exhumé de l'an 1977. Equus est le mot latin pour "cheval" qui, en français zoologique, regroupe la famille des équidés. C'est aussi le titre d'un film psychiatrique de Sidney Lumet que nous ressortons cette semaine sur copie neuve. Le reste de notre programme nous ramène au temps présent avec la poursuite de nos dernières exclusivités (The Lost City of Z et Certain Women), en faisant un crochet par les années 90, portées avec grandeur et nonchalance par le Dude, alias The Big Lebowski.

L'on sait - et l'on apprécie - l'importance de l'apport de Sidney Lumet au cinéma américain qui, après lui avoir 5 fois refusé l'Oscar, lui en décerna un d'honneur en 2005, 6 ans avant sa disparition à 86 ans. De Twelve Angry Men (1957) à The Verdict (1982), Lumet a toujours eu un faible pour les films de procès et d'enquête. En 1977, il choisit d'adapter Equus, une pièce de théâtre de Peter Shaffer, futur scénariste de l'Amadeus de Forman. En 1973, ce dramaturge britannique avait imaginé une histoire atroce - un ado crève les yeux de six chevaux - dont l'enquête nécessite l'intervention d'un psychiatre pour tenter de défaire l'écheveau (c'est lacanien !) des psychoses du jeune homme. Peter Firth, alors juvénile comédien anglais qui refusa ensuite de céder aux sirènes hollywoodiennes mais fit tout de même une belle carrière (notamment dans la série M.I-5), interprète l'adolescent perturbé. Face à lui, une légende vieillissante et en plein doute (mais qui allait renaître de ses cendres avant de mourir en 1984) pour incarner le médecin : Richard Burton. Dans deux registres très différents, les deux acteurs prennent beaucoup de risques, physiquement (nombreuses scènes de nu pour Firth) et psychologiquement pour ce film tordu et assez bouleversant. La mise en scène réglée au cordeau par Lumet est évidemment pour beaucoup dans la puissance des images. Equus est donc un grand film à redécouvrir, mais n'y emmenez pas votre nièce de 12 ans passionnée d'équitation. Elle risquerait de vous détester.

L'année où Peter Shaffer montait Equus au théâtre, Robert Altman présentait Le Privé à l'écran. Librement adapté de Raymond Chandler, The Long Good Bye (titre original du livre et du film) propose un Marlowe radicalement décalé. Elliott Gould incarne avec brio et distance le

Un flot d'événements

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Alors que Cannes remballe son tapis rouge, que les lauréats repartent palmés et les festivaliers emballés ou dubitatifs, la fête  continue au Grand Action. Quatre événements cette semaine, qui se glissent dans le doux flot du film Et au milieu coule une rivière, de Robert Redford, dont la magnifique copie neuve conserve l'affiche. Vous retrouverez aussi la première partie de notre Cycle Claude Chabrol et certains succès de nos précédentes semaines : Faster Pussycat ! Kill ! Kill !, The Lost City of Z, Certaines femmes et l'indéboulonnable Manchester by the Sea. Mais place aux événements par ordre d'entrée en scène.

Jeudi à 20h, Ciné-Ma Russie nous offre sa dernière séance de la saison avec Elena, une femme simple au cœur d'un drame familial qui se bat pour que son riche mari sauve son fils de la ruine. Réalisé par en 2011 par Andreï Zviaguintsev, cinéaste exigeant, ce film fut suivi par Leviathan et Faute d'Amour, tous deux couronnés à Cannes. Le premier obtint le Prix du Scénario en 2014, et le second vient de décrocher un largement mérité Prix du Jury. Grâce au sens de l'accueil de nos amis franco-russes, venez déguster le cocktail offert à partir de 19h30 avant d'écouter Macha Méril nous présenter Elena.

Samedi à 19h, Imagine Science creuse le sillon de nos ciné-clubs Univers Divergents et Convergents. Initiée par le cinéaste chercheur Aurélien Peilloux, cette soirée crée des points de rencontre autour de la créativité entre sciences et imaginaire, à travers un programme de 7 courts-métrages. La projection sera suivie d'un échange avec les réalisateurs, le compositeur Karol Beffa et le biologiste François Taddei.

Dimanche à 16h30, rituel rendez-vous hommage au chef-opérateur Zsigmond, lors du Vilmos Tribute du mois. Comme lors des précédentes éditions, après la projection de Close encounters with Vilmos Zsigmond, passionnant documentaire de Pierre Filmon montré en sa présence, nous verrons un des films éclairés par le maître. En l'occurrence Le Privé, génial clin d'œil

Débarquement allié.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Il y a 73 ans, de jeunes Américains débarquaient sur les plages de Normandie pour libérer la France du joug nazi. Qu'ils en soient remerciés, comme tous les participants et les morts de toute nationalité de cet acte fascinant et héroïque. Aujourd'hui, d'autres Américains débarquent au Grand Action, de façon beaucoup plus pacifiste et moins dramatique. Les étudiants d'Harvard in Paris reviennent ce jeudi pour leurs annuelles rencontres urbano-cinématographiques avec Alphaville de Jean-Luc Godard. Autre temps fort de la semaine mardi 13 avec un Ciné-club Louis Lumière autour de Amer, d'Hélène Cattet et Bruno Forzani, suivi d'un débat et d'un cocktail avec Manu Dacosse. Par ailleurs, le courant du film Et au milieu coule une rivière continue de passer, tout comme le Cycle Claude Chabrol, qui attaque sa seconde partie. Signalons aussi que nos films des précédentes semaines conservent quelques séances.

Chaque année en juin et sous la houlette d'Aurélien Peilloux, cinéaste-chercheur, de brillants jeunes étudiants traversent l'Atlantique pour participer à des projections-débats autour du thème de la ville et de son organisation. Nous sommes ravis de recevoir nos amis Harvard in Paris, et aussi de revoir, jeudi à 20h, Alphaville, expérimental film de Jean-Luc Godard où un agent-secret (Eddie Constantine) enquête dans une ville étrange et déshumanisée. Le débat à suivre sera animé par l'historien du cinéma Antoine de Baecque et l'urbaniste Sabine Romon, avant de se poursuivre autour d'un cocktail au Grand Bar.

Mardi, le Ciné-club Louis Lumière nous propose un autre film étrange, hommage au giallo, ce genre hybride inventé dans les années 60 par Mario Bava et Dario Argento, qui mêle horreur, érotisme et polar. Dans Amera, Hélène Cattet et Bruno Forzani confrontent leur héroïne à ses peurs et ses désirs, entre fantasme et réalité. Manu Dacosse, chef-opérateur

Quinze jours de bagarres et d'événements.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Exceptionnellement, cette lettre hebdomadaire va durer deux semaines, n'hésitez donc pas à la lire deux fois. Elle sera marquée par les bagarres de The Warriors, film culte de Walter Hill datant de 1979 réédité sur copie neuve, et d'un certain nombre d'événements que nous allons aborder derechef. Mais précisons d'abord que nos derniers succès (Et au milieu coule une rivière, Faster Pussycat ! Kill ! Kill !, Certain Women et The Lost City of Z), ainsi que notre Cycle Claude Chabrol, quitteront nos écrans le 27 juin (et même le 20 pour certains). Il ne vous reste donc que quelques jours pour les voir.

Et ça commence dès mercredi soir avec les étudiants d'Harvard in Paris et leurs rencontres cinématographiques sur le thème de la ville et l'urbanisme. Le 14, ils ont invité l'écrivain Dan Franck et la décoratrice Anne Siebel pour débattre après la projection de Midnight in Paris, délicieuse fantaisie nostalgique de Woody Allen. Nos amis Américains reviendront pour le Harvard in Paris de jeudi 22 juin en compagnie de l'acteur Marc-Antoine Vaugeois. Il nous parlera de La Bataille de Solferino, le joyeux boxon socialisto-familial filmé avec vie et talent par Justine Triet. Ces deux soirées franco-américaines se poursuivront par un cocktail.

Retour arrière, en l'occurrence jeudi 15 juin à 20h30 pour un Ciné-club des Ecoles. L'historien du cinéma Michel Etcheverry interviendra à l'issue de la projection de Que la fête commence, où Bertrand Tavernier filme Philippe Noiret en Régent débauché, assisté de l'ineffable Jean Rochefort, Abbé et satyre. Merveilleux tableau d'un monde finissant, que nous évoquerons lors du cocktail qui suivra le débat.

Nous enchainons dès le vendredi 16 avec le Festival des Nouveaux Cinémas qui fait escale

Le fond des bois.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Le Ciné-club Positif de mardi 16 nous entraîne Au Fond des bois, un très beau film de Benoît Jacquot, projeté en sa présence et celle de son compositeur Bruno Coulais, sous la férule de Pierre Eisenreich qui animera le débat. Dès 19h30, un cocktail servi au Grand Bar nous mettra en jambe. Cette semaine, nous suivrons aussi les généreuses héroïnes de Faster Pussycat ! Kill ! Kill ! au fond de la cambrousse américaine. Inventées et mises en scène en 1965 par l'étonnant Russ Meyer, les femmes fatales de ce film culte reviennent à l'écran sur copie neuve. Le reste du programme poursuit les sillons tracées les semaines précédentes : cycles David Cronenberg et James Gray pour accompagner The Lost City of Z, son dernier opus, ainsi que les indéboulonnables Valmont, Manchester by the Sea, Loving, Certaines femmes.

Commençons cette semaine par la fin, avec le Ciné-club Positif de mardi 16 qui la clôturera. Au XIXe siècle, une jeune bourgeoise tombe sous l'empire d'un vagabond magnétique qui abuse d'elle. Mais n'est-elle pas parfaitement consentante ? Film ambigu et envoûtant, Au Fond des bois est servi par la mise en scène rigoureusement élégante de Benoît Jacquot et la bande son de Bruno Coulais, aussi hypnotique que le regard du jeune Nahuel Perez Biscayart qui fascine la belle Isild Le Besco. Le réalisateur et le musicien seront avec nous pour une rencontre animée par le journaliste Pierre Eisenreich. Dès 19h30, un cocktail de prestige, co-produit par le champagne Veuve-Cheurlin et L'intendance Suivra, nos deux partenaires de ce ciné-club, sera servi au Grand Bar.

Russ Meyer, né en 1922 et décédé en 2004, occupe une place à part dans la cinéphilie mondiale. Autodidacte de la caméra et adolescent tourmenté par les fortes poitrines, il deviendra

Et au milieu, coulent Cannes et Chabrol…

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Cannes ! Comme chaque année, la quinzaine cannoise va être le centre névralgique du cinéma mondial. Comme chaque année, le Grand Action y sera afin de préparer les sorties des mois suivants. Mais nos salles restent évidemment ouvertes et continuent de vous proposer exclusivités, rééditions et cycles. Samedi à 16h, en parfaite synchronisation avec sa présentation à Cannes Classic, nous verrons l'avant-première du film Et au milieu coule une rivière, troisième opus de Robert Redford superbement restauré par Pathé. L'autre nouveauté de notre programme est un hommage à un immense réalisateur, malicieux pilier de la Nouvelle Vague qui anima 4 décennies de cinéma. Pendant 6 semaines, en 2 temps et 28 films, nous vous proposons un Cycle Claude Chabrol. Par ailleurs, nous gardons nos dernières sorties, à commencer par Faster Pussycat ! Kill ! Kill ! et The Lost City of Z.

Talentueux acteur sex symbol oscarisé, Robert Redford réussit sa conversion en réalisateur en 1981 en glanant un Oscar pour son premier film, Ordinary People. En 1992, il adapte une nouvelle autobiographique de Norman MacLean en lui donnant le très joli titre de Et au milieu coule une rivière. Au début du XXe siècle dans le Montana, un pasteur initie ses enfants à la pêche à la mouche. Pitché comme ça, ça ne fait pas rêver ; pourtant cette ode à la nature, sujet de prédilection de Redford, magnifiquement éclairée par Philippe Rousselot (Oscar de la meilleure photo) est aussi une riche histoire de famille, notamment entre deux frères. Le film révéla Brad Pitt, que beaucoup virent comme un héritier de Redford, et offrit ses premiers pas cinématographiques à Joseph Gordon-Lewitt, dans le rôle de Norman MacLean enfant. Et au milieu coule une rivière sera au programme à partir du 24 mai.

Si la nature inspire Redford, c'est la vie provinciale qui irrigue le cinéma de Chabrol. Après des études avortées de droit et de pharmacie, le jeune Claude débute comme attaché de presse à la Fox et critique de films, notamment pour les Cahiers du Cinéma aux côtés de Truffaut et Rivette. Il défend la politique des auteurs et, grâce à l'héritage de sa première épouse, peut lancer sa maison de production qui lui permettra de tourner ses premiers films, dont Les Cousins, l'un des manifestes de la Nouvelle Vague

The lost city of succès.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Tout le monde (ou presque) était certain que le dernier James Gray, The Lost City of Z, un film d'aventure plein d'allant, de beauté et de vanité, cartonnerait. Nous étions également convaincus que talentueux Jeff Nichols, muni d'un sujet aussi puissamment lyrique et symbolique que la bataille civique des Loving, trouverait son public. Parier sur Certain Women, de la contemplative Kelly Reichardt, semblait plus aléatoire. Mais la délicatesse de ces Certaines Femmes emportèrent nos réserves. Une flatteuse réputation festivalière avait précédé l'arrivée de Manchester by the Sea que nous accueillîmes avec espoir et enthousiasme.
The Lost City of Z est un tel succès qu'il mérite un Cycle James Gray ; grâce à leur noblesse, les Touchants Loving restent stables et les Certaines Femmes s'envolent, tout comme les autres films du Cycle Kelly Reichardt. Et nous entamons notre quinzième semaine à Manchester, illuminée par l'oscarisé Casey. Ces quatre films de qualité sont portés par des personnages puissants et la vision d'un auteur, deux clés essentielles d'une bonne histoire. Ils reflètent aussi le large spectre du cinéma américain que nous aimons et défendons ; un cinéma libre, innovant, ambitieux et vivant, à l'image du cinéma indépendant qui nous plait. Et à vous aussi, ce dont on vous remercie.

Nos "succès" laissent un peu de place à plusieurs événements qui vont animer cette semaine. ça commence dès mercredi à 18h avec une avant-première militante et goûtue. Après le documentaire Zéro Phyto 100% Bio, le réalisateur Guillaume Bodin continuera de promouvoir