Menu complet

Chères spectatrices, chers spectateurs,

À la carte du Grand Action cette semaine, un programme goûtu qui se conclura mardi par une soirée gastronomique au féminin dont nous parlons plus loin. En guise de plats principaux, nos tubes du moment, dont We Blew it , que Jean-Baptiste Thoret viendra nous servir lui-même dimanche après-midi. L'apéro se prendra jeudi et vendredi, avec la suite des projections des courts-métrages du Festival Faire un Film en 48h. Et, toute la semaine, l'on dégustera les délices du Cycle Fritz Lang, comme autant d'amuse-bouches pour apprécier la sortie, sur copie neuve, mercredi prochain, de Les Bourreaux meurent aussi.

Mardi 28 à 19h30, débutera un moment qui réjouira les gourmettes et les gourmands. Car cette soirée gastronomique est placée sous les auspices de cheffes avec, pour point d'orgue, la projection de À la Recherche des femmes chefs, que sa réalisatrice Vérane Frédiani, viendra nous présenter. Cette jeune documentariste a fait le tour du monde pour rencontrer des femmes formidables qui imposent leur style et leur genre dans la haute cuisine ; un milieu, comme tant d'autres, plutôt dominé par les mâles. Certaines de ces cheffes seront parmi nous pour réjouir nos palais. Julie Bavant régalera nos papilles de ses bouchées végétales, complétées par les délicieux granolas salés de Catherine Klugel, célèbre créatrice des Tartes Klugel. Elodie et Delphine, nos amies des Trois Chouettes, co-organisatrices de la soirée, ont aussi convoqué nos historiques partenaires de bouches : le Champagne Veuve-Cheurlin, les jus de grenade bio de J.C. Biguine et Bruno, de L'Intendance Suivra. Avis donc aux amatrices et amateurs de bonnes choses : bloquez votre soirée de mardi et bon appétit.

Les fans de courts-métrages bricolés en deux jours chrono se retrouveront jeudi et vendredi soir pour la suite des projections des films que les équipes participant au Festival Faire un Film en 48h ont réussi à boucler dans le temps imparti. Il y a de tout, des merveilles et des films approximatifs, des bijoux et des plantades, des "presque bien" et des "où il manque un truc", mais tous méritent nos applaudissements car le défi de boucler scénario, casting, tournage, montage et post-production de quelques minutes de cinéma en 48 heures est une gentille folie créatrice.

Beaucoup de ces débutants cinéastes se réfèrent à des maîtres, comme Fritz Lang. C'est une bonne idée. Et pour s'en inspirer vraiment, le mieux est encore de revoir certains de ses films sur grand écran. Le Cycle Fritz Lang propose le meilleur de la production de cet immense réalisateur, né Austro-hongrois, devenu Allemand, puis Américain en fuyant la nazisme qu'il ne cessera de dénoncer (c'est le thème des Bourreaux meurent aussi qui sort donc mercredi prochain). Cette semaine, nous pourrons redécouvrir son génie noir et visionnaire, issu de l'expressionisme et irrigué de

Flanquer des coups de poings dans l'œil du public

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Ainsi parlait Eisenstein, cinéaste soviétique et pape du montage. Cet art de couper et d'ordonner les plans apporte sens, émotion et force au cinéma. Sans toujours aller jusqu'au projet radical d'Eiseinstein, le montage façonne les films et sera en vedette cette semaine avec une Master Class de Paul Hirsch, l'un des orfèvres de la chose. Mais un bon montage est le secret d'un film réussi et peut même en sauver un médiocre. Ce fut sans doute le cas pour certains des quelques 121 courts-métrages du Festival Faire un Film en 48h - The 48 Hour Film Project, 48HFP pour les intimes) que nous présenterons jeudi, vendredi et samedi. Mercredi, nous aurons lancé le nouveau Ciné-club Présences Extraterrestres, lors duquel des scientifiques débattront autour de Rencontres du troisième type et d'autres formes de vies. A ce riche programme, s'ajoutent évidemment nos précédents succès et notamment We Blew it , le formidable road-documentaire de Jean-Baptiste Thoret qui, sur la route du Nouvel Hollywood, rencontre des Trumpistes ; pire que le troisième type !

Quand un anthropologue (Perig Pitrou), un paléontologue (Jean-Sébastien Steyer) et un physicien (Roland Lehoucq) se rencontrent, ils parlent forcément de sciences. En l'occurrence, c'est celle du vivant qui les intéresse et, pour les débuts de leur Ciné-club Présences Extraterrestres au Grand Action, ils font des Rencontres du troisième type. Le film de Spielberg est particulièrement bien choisi puisque nos amis veulent évoquer les formes de vies extraterrestres, et la façon dont la SF les aborde. Après la projection de mercredi à 20h, un débat, également en présence des astronomes Franck Marchis et Stéphane Mazevet, envisagera les cœurs qui pourraient battre à des années-lumières des nôtres. Mais sont-ce des cœurs ? Nous pourrons noyer nos interrogations métaphysiques lors du cocktail à suivre au Grand Bar.

L'on connait désormais le principe du Festival Faire un Film en 48h, d'ailleurs énoncé dans son intitulé. Un vendredi soir de septembre, une petite centaine d'équipes de cinéastes amateurs et professionnels ont reçu les contraintes des organisateurs. 121 d'entre elles ont réussi à boucler leur projet avant dimanche à 19h, validant ainsi leur participation au 48HFP 2017. Lors des soirées de jeudi, vendredi et samedi, nous verrons, en présence des équipes et donc dans une chaude ambiance, ces productions de l'urgence, tripales, étonnantes, hétéroclites, iconoclastes, parfois brillantes et parfois ratées, mais toujours respectables car la gageure du festival est une douce folie.

Lors du 48HFP, le dimanche est forcément consacré au montage. Ce sera aussi le cas ce dimanche au Grand Action qui, grâce à notre ami et collaborateur Pierre Filmon, recevra Paul Hirsch pour un beau programme. Star du montage - il a travaillé pour les premiers Star Wars ce qui lui a d'ailleurs valu un oscar - Paul est le monteur attitré de Brian De Palma (dont la version restaurée de Carrie est toujours à l'affiche). A 16h, Obsession lancera une Master Class de Paul Hirsch, qui introduira aussi la projection de Chute Libre de Joel Schumacher. Un grand moment d'échange et

D'Easy Rider à Donald Trump

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Comment sommes-nous passé de l'un à l'autre ? s'interroge Jean-Baptiste Thoret  lors de son road trip américain à la recherche du Nouvel Hollywood et des utopies des 60's. We blew it , son nouveau film qui sort cette semaine sur nos écrans et sera projeté en sa présence vendredi à 20h, interroge l'histoire désillusionnée des USA, devenus trumpistes. Jeudi, la soirée Ciné-ma Russie nous propose deux films qui ont pour point commun de mettre en scène Marcello Mastroianni dans le rôle d'un mari ayant raté son mariage. Pour Divorce à l'Italienne, Marcello obtint le Golden Globe et le Bafta du meilleur acteur 1964, et, pour Les Yeux Noirs, il eut le Prix d'Interprétation à Cannes en 1987. Entre les deux projections, nous célébrerons son talent en trinquant au Grand Bar. Mardi soir, après un autre cocktail à 19h30, nous verrons la famille anglaise en lambeaux de All or nothing. Yann Tobin, aux manettes de ce Ciné-Club Positif, nous présentera cette comédie amère de Mike Leigh. Vous retrouverez par ailleurs certains films des précédentes semaines, et notamment Carrie, sanglant cauchemar adolescent de De Palma.

C'est donc le grand Marcello que Ciné-ma Russie a décidé d'honorer pour sa soirée de novembre, s'autorisant pour l'occasion une incartade vers le cinéma transalpin. Avec Divorce à l'Italienne, de Pietro Germi, nous verrons l'une des pièces importantes de la comédie des années 60, où un homme cherche un prétexte pour tuer sa femme afin d'en épouser une autre. Dans Les Yeux Noirs, libre adaptation de Tchekhov par Nikita Mikhalkov, un mari confie ses déboires conjugaux à une femme sur le pont d'un paquebot. Cette double projection mastroiannesque sera présentée par la scénariste et productrice Silvia D'Amico, rejointe par Marthe Keller après le cocktail d'entre-deux-films, donc à 21h30.

Vendredi à 20h, nous aurons la joie d'accueillir Jean-Baptiste Thoret, réalisateur de We blew it . Il présentera la séance et animera ensuite un débat pour nous raconter son film-voyage à travers les États-Unis. Mais le sont-ils encore vraiment ? Par les interviews de (presque) tous les survivants du Nouvel Hollywood, ce courant qui fit souffler un vent frais sur le cinéma américain, et en donnant

Il faut que jeunesse se passe

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Les élans de la jeunesse vont encore animer notre semaine avec la fin du Smells Like Teen Spirit d’une part, qui proposera une dernière séance de La folle journée de Ferris Bueller de John Hugues, une rencontre avec Patricia Mazuy après la projection de son film Saint-Cyr, en clôture le documentaire Inutile de fuir de Kevin Elamrani-Lince en sa présence et d’autre part la ressortie du classique de Brian De Palma : Carrie. Comme souvent avec De Palma on frémira d’angoisse devant cette adaptation du terrible premier livre de Stephen King. Autre portrait d’une jeunesse qui va subir de plein fouet l’Historie : Detroit, que nous continuons de vous proposer. Kathryn Bigelow s’attache une nouvelle fois à la reconstitution terriblement précise d’une part sombre de l’histoire américaine : les émeutes qui ont agité la Motor City en 1967. Par ailleurs, Phase IV, Les Proies, et Certain Women conservent quelques séances.

Brian De Palma est loin d’en être à son coup d’essai quand il s’attaque à l’adaptation du premier roman d’un jeune auteur nommé Stephen King. Pourtant on peut considérer Carrie comme un des ses premiers coup de maître. Réalisé quelques mois à peine après Obsession, Carrie est un pur film d’horreur, qui même si il s’éloigne du roman de King en restitue parfaitement son atmosphère, tout en renvoyant toujours à l’un de ses modèles, Alfred Hitchcock, notamment dans la partition musicale de Pino Donaggio (elle aurait dû être de Bernard Herrmann), avec qui De Palma travaille pour la première fois mais qu’il retrouvera de nombreuses fois de Pulsions à Passion, en passant par Body Double et bien d’autres grands films. Mais au-delà de sa maitrise parfaite des codes de l’épouvante,  c’est en faisant le portrait d’une adolescente en pleine souffrance que De Palma fait du film plus qu’un simple film d’horreur. Sissy Spacek, toute en fragilité derrière ses taches de rousseurs, incarne avec une agilité stupéfiante cette jeune fille, balloté entre une mère étouffante et des camarades d’une cruauté sans nom.

C’est déjà la fin du Smells Like Teen Spirit, il vous reste encore une journée pour profiter de cette deuxième édition

L'esprit de la jeunesse

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Grand coup de jeune cette semaine avec la deuxième édition du Festival Smells Like Teen Spirit qui célèbre un cinéma un peu méprisé : le teen movie. Le programme riche et animé de nombreux débats ravira les fans du genre, et se conclura par l'avant-première de la réédition de Carrie. Dans Detroit, qui poursuit sa carrière, Kathryn Bigelow évoque aussi la jeunesse. Mais celle que les Noirs des années 60 voulaient vivre librement dans la grande ville du Michigan fut injustement et impitoyablement réprimée. Un film coup de poing, comme c'est souvent le cas chez Bigelow ; la preuve avec son Cycle . Par ailleurs, Phase IV, Les Proies, et Certain Women conservent quelques séances.

Deuxième saison donc pour le Smells Like Teen Spirit qui veut donner ses lettres de noblesses à un genre populaire mais souvent déconsidéré par les cinéphiles. Nous avons de samedi à mardi pour les faire changer d'avis sur le teen movie et, vu le programme, nous sommes optimistes. On débute donc samedi à 19h et en fanfare avec la dernière production Blumhouse. Ces surdoués de l'horreur made in USA, responsables de Get Out et Split, reviennent nous faire frémir avec Happy Birthdead, de Christopher Landon. La soirée se prolongera au Supersonic, 9 rue Biscornet, pour un Bal de Promo qui nous emmènera jusqu'à l'heure d'hiver. On vous invite à voir le détail des horaires, mais sachez que nous verrons Rose Bonbon, d'Howard Deutch, et rendrons hommage à John Hugues, père du teen movie moderne, en deux films :

Panic in Detroit

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Les émeutes de Detroit en 1967, qu'Iggy Pop lui avait racontées, ont inspiré une géniale chanson à David Bowie (dans l'album Aladdin Sane) et le titre de cette lettre. 50 ans plus tard, elles offrent un sujet en or à Kathryn Bigelow qui, avec Detroit, met toute la presse d'accord : on parle du film de l'année et il sera dès mercredi à l'affiche du Grand Action. Detroit n'est pas le seul événement de la semaine, puisqu'après la soirée d'ouverture de mardi 8, le Festival des cinémas différents et expérimentaux bat son plein jusqu'à dimanche, avec des projections qui sortent le cinéphile de sa routine. Autre temps fort, mardi 17 à 20h, un Ciné-Club Positif animé par le charmant et cultivé Emmanuel Raspiengas. Il viendra nous parler de Snow Therapy, les étranges vacances montagnardes d'une famille suédoise, projeté après notre rituel cocktail d'ouverture. Quelques rescapés des précédentes semaines (Phase IV, Les Proies, Upstream Color et Certain Women) partagent le reste du programme avec un petit Cycle Kathryn Bigelow,

Dans Zero Dark Thirty, son précédent film (à l'affiche de son Cycle avec Strange Days et Le Poids de l'eau), Kathryn Bigelow ouvrait sur une scène d'interrogatoire musclée et assez marquante (avec Reda Kateb dans le rôle de l’interrogé). Une longue séquence du même ordre est au centre (dans tous les sens du terme) de son nouvel opus, Detroit, un film sur les émeutes qui ensanglantèrent la grande ville du Michigan en 1967. Alors que l'Amérique vit le traumatisme du Viet Nam et que la ségrégation, officiellement abolie, demeure forte, des coups de feu, tirés depuis un motel, mettent le feu aux poudres. La police, essentiellement blanche, va en profiter pour maltraiter la population noire en toute impunité. Accumulant les descentes violentes, les bavures et, comme on dit euphémiquement, les vices de procédures, les bad cops vont attiser les braises... C'est en filmant la guerre que Kathryn Bigelow a taillé sa réputation. Avec sa caméra nerveuse et mobile, elle excelle à créer et maintenir une incroyable tension dans toutes ses scènes. Dans Detroit, la guérilla remplace le conflit déclaré, mais la violence est la même. Voir pire car la ville est censée vivre en paix. Reconstitution minutieuse, interprétation puissante et mise en scène virtuose font de Detroit le

Invisibilité

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Pendant longtemps, les fils des esclaves Noirs furent les grands invisibles de la société Américaine et leurs tentatives d'y trouver leur place furent impitoyablement et impunément réprimées. Ainsi, à Detroit en 1967, un mouvement revendicatif a été violemment étouffé par les policiers Blancs de la ville qui ne furent jamais condamnés. Le dernier film de Kathryn Bigelow donne à voir cette peu glorieuse page d'histoire, qui demeure assez méconnue. Une invisibilité beaucoup plus légère, celle d'Alice, la bourgeoise frustrée de Woody Allen, ouvrira, jeudi soir, le Ciné-Club des Écoles et introduira la rencontre-cocktail avec le critique Jean-Max Méjean. Le reste de notre programme de la semaine se partage entre le Cycle Kathryn Bigelow et nos autres succès récents (Phase IV, Les Proies, et les inaltérables Certain Women).

En 1990, le Woody Allen de l'année offrait un rôle charmant à Mia Farrow, qui était alors la compagne du réalisateur avant qu'une vilaine tromperie ne les sépare à jamais. Mia prêtait son physique d'ancien mannequin à Alice, une newyorkaise frivole, délaissée par son mari (William Hurt) et légèrement dépressive. Mais une potion d'invisibilité prescrite par un médecin chinois allait élargir son horizon... Woody Allen est un grand cinéaste, mais surtout un remarquable fabuliste. Par la parabole, il nous propose souvent de réfléchir au monde en souriant et, avec son Alice invisible, nous offre un moment de magie au cinéma. Jeudi, après la projection de 20h30 qu'il présentera, notre grand ami Jean-Max Méjean nous fera une passionnante et foisonnante critique de ce film, puis nous accompagnera boire un dernier verre au Grand Bar.

Le mouvement Black Lives Matter (les vies des Noirs comptent) est né sur Twitter en 2012, suite à l'acquittement d'un vigile qui avait assassiné un adolescent Afro-Américain, Trayvon Martin. Ce fait divers raciste de plus, d'une grande banalité aux USA, avait lancé une nouvelle vague de protestation, prouvant que l'impunité des forces de l'ordre était encore totale lorsqu'il s'agissait de faire feu sur un homme noir. Ainsi donc, plusieurs décennies après les émeutes de Detroit et le comportement inique des flics dans l'Algiers Motel, peu de choses avaient (ont) changé. La scène du motel,

Le temps, le temps, le temps et rien d'autre

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Si nous citons Aznavour, c'est d'abord pour le plaisir. Mais aussi pour parler du temps qui sera la vedette de cette semaine, même s'il y a beaucoup d'autres sujets traités dans notre riche programme. Le temps qui passe rend l'espace possible, et un film propose toujours un bond dans l'espace-temps. Thème fascinant, le voyage spacio-temporel a inspiré de nombreux auteurs, dont H.G. Wells. Son roman Time Machine a été adapté par Hollywood en 1960 et sera montré samedi à 16h lors d'une projection-débat du Festival Pariscience. Les Festivaliers parisiens scientifiques organisent d'autres séances spéciales : une présentée par le physicien Etienne Klein (How to build a Time Machine, samedi 19h), l'autre animée par la chercheuse Marie Pruvost-Deslapre (Paprika, lundi 19h), la troisième avec un film de Shane Carruth (Primer), rejoignant Upstream Color ; vous pourrez d'ailleurs enchaîner les deux dimanche soir. Il sera aussi question de temps lors du Ciné-Club Louis Lumière de mardi 20h, où nous verrons défiler Les Saisons en présence du Chef-opérateur Eric Guichard. Le Cycle Saul Bass, qui montre le talent protéiforme de ce graphisme du cinéma réalisateur d'un seul film (Phase IV), occupe le reste notre programme. Il les partage toutefois avec des œuvres sur lesquelles le temps n'a pas prise : Les Proies, Le Privé, et Certain Women, à l'affiche depuis 30 semaines !

Prendre la hauteur, envisager de nouvelles perspectives, s'offrir une respiration, voyage loin, expérimenter, s'amuser, faire des rencontres et mieux comprendre le monde, c'est le projet du Festival Pariscience dont nous accueillons quelques films-débats. Samedi après-midi, les fans de SF et de recherches saugrenues pourront s'offrir deux voyages  temporels. La Machine à explorer le temps, féérique adaptation du roman de H.G. Wells par Georges Pal, ouvrira le bal. A l'issue du débat, l'on pourra poursuivre par la séance suivante : projection de How to build a Time Machine, un documentaire étonnant de Jay Cheel sur la folle expérience pleine de sagesse de deux copains, et échange avec Etienne Klein

L'expérience d'un cinéma différent

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Aller au cinéma est toujours une expérience. Et, lorsque l'on vient la vivre au Grand Action, c'est que l'on recherche des expériences un peu différentes, avec ce petit supplément d'âme que possèdent les cinémas indépendants. En accueillant le ciné-concert de la soirée d'ouverture  du Festival des cinémas différents et expérimentaux de Paris, nous franchissons une nouvelle étape vers l'étrangeté de l'objet filmique, mais on sait que vous allez nous suivre. Ce sera mardi 10 octobre à 19h, et l'on vous donne plus loin le détail de cet événement qui se poursuivra la semaine prochaine. Avant, il y aura eu jeudi et le Ciné-Club des Alumnis de Sciences Po, où nous rencontrerons Bertrand Tavernier pour un débat après Le Capitaine Conan et son approche assez radicale de la politique. Hormis une séance de Upstream Color présentée par le critique Jordan Mintzer, notre programme régulier est proche de celui de la semaine dernière avec Phase IV et le Cycle Saul Bass, Les Proies et Certain Women, qui persistent, signent et restent. Petite nouveauté, un Cycle Kathryn Bigelow, car la réalisatrice qui tient la dragée haute aux réalisateurs s'apprête à sortir son nouveau film, Detroit, sur notre écran.

Le Capitaine Conan est un guerrier redoutable que même la paix ne peut arrêter. Mais, après l'armistice de 1918, ses exactions, tolérées au combat, deviennent des crimes de guerre. Bertrand Tavernier qui, tout comme son acteur Philippe Torreton, obtint un Cesar pour ce film de 1996, viendra nous en parler après la projection. Affutez vos questions car Bertrand n'a pas oublié qu'il fut critique et demeure un remarquable cinéphile. Un cocktail prolongera cette belle soirée que nous propose le Ciné-Club des Alumnis de Sciences Po. Réservez vite vos places.

Shane Carruth fait partie des cinéastes hommes orchestre, puisqu'il tient quasi tous les

Bass en haut de l'affiche.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Saul Bass, mythique graphiste du cinéma et réalisateur d'un unique long-métrage, Phase IV, naturellement devenu culte et réédité sur copie neuve, est la vedette de la semaine avec l'arrivée d'un Cycle. Forcément éclectique, le Cycle Saul Bass regroupe certains films de grands cinéastes (Wilder, Preminger, Scorsese...) avec lesquels le graphiste a travaillés. La vague Bass qui submerge nos écrans cette semaine laisse tout de même quelques places à nos précédents succès, dont Les Proies, le dernier Sofia Coppola qui obtint le Prix de la mise en scène à Cannes 2017, Upstream Color, ovni de science-fiction de Shane Carruth, Wilson, comédie grinçante et incorrecte de Craig Johnson, Fight Club, incontournable de David Fincher, Le Privé, polar décalé de Robert Altman et les touchantes Certain Women de Kelly Reichardt.

Otto Preminger - nonobstant son talent et ses films phares, dont Autopsie d'un meurtre - marqua aussi l'histoire du cinéma en ouvrant les portes d'Hollywood à un jeune graphiste new-yorkais qui venait de créer son agence de publicité à Los Angeles. En 1954, Saul Bass commença par concevoir l'affiche, puis le générique de Carmen Jones, avant de devenir le collaborateur attitré de Preminger. Le style de Bass, très symbolique et épuré, rompait radicalement avec l'ambiance plan-plan de la communication cinématographique d'alors. Il séduisit rapidement d'autres réalisateurs qui voulurent que la pure patte du graphiste s'inscrivît dans leurs œuvres. Ainsi, outre avec Hitchcock, Saul travailla avec John Frankenheimer (Seconds), Robert Wise (West Side Story) ou Billy Wilder (Sept ans de reflexion), devenant ainsi le plus grand créateur de génériques des années 60. Trente ans plus tard, l'exigeant Martin Scorsese rappela le graphiste pour qu'il collabore sur ses films. Bass interviendra à quatre reprises (pour Les Affranchis, Les Nerfs à vif, Le Temps de l'innocence, et Casino, qui sera sa dernière œuvre avant son décès en 1996 pour le grand Martin, contribuant à la dynamique et la beauté de ses films. Les films cités constituent le Cycle que nous consacrons à cet artiste. Entre ces deux périodes de gloires génériques, Saul Bass, tout en poursuivant une prolifique carrière publicitaire, s'était lancé dans la réalisation. Après un prometteur court-métrage documentaire, il passa directement au long-métrage de fiction avec Phase IV en 1974. Ce film exigeant et

Les proies : phase IV.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

La première phase de cette série sur la prédation est Les Proies, le nouveau Sofia Coppola où elle nous plonge avec un soldat blessé dans le huis clos d'un pensionnat de jeunes filles pendant la Guerre de Sécession. La deuxième arrive avec Upstream Color, un film de Shane Carruth dont les personnages sont les proies d'un mal étrange et métaphysique venu du parasite d'une plante. Jeudi de cette semaine, le Ciné-club des Écoles fait sa rentrée avec un modèle de la dialectique traqueur-traqué : La Nuit du chasseur, unique chef d'œuvre de Charles Laughton, présentée par la critique Sandrine Marques. Ce troisième temps de prédation annonce le suivant : Phase IV, film mythique réédité sur copie neuve cette semaine, où Saul Bass nous annonce comment nous, les tout-puissants Humains, pourrions devenir les victimes des minuscules fourmis. Superbement glaçant. Heureusement, certains de nos précédents films permettent de se détendre un peu. Pas Fight Club, bien sûr, mais on rira avec le cycle Buster Keaton, rire qui se teintera de jaune avec Le Privé et Wilson, on rêvera de Lost City of Z, on sera touchés par Certain Women et on comprendra le spleen des jeunes filles avec le cycle Sofia Coppola.

C'est toujours un plaisir étrange de revoir La Nuit du chasseur, seul film réalisé par l'acteur Charles Laughton, et interprété par un terrifiant Robert Mitchum, pasteur mais surtout prédateur de deux enfants qui fuient dans un décor d'une beauté fantastique. Jeudi à 20h30, pour sa première soirée de la saison, le Ciné-club des Écoles a invité la critique Sandrine Marques afin de présenter ce film. Et comme il y a beaucoup à en dire, elle animera aussi le débat qui suivra la projection et nous accompagnera certainement boire un dernier verre au Grand Bar.

Il y a deux façons de regarder les fourmis : avant d'avoir vu Phase IV, ou après. Saul Bass, mort en 1996 à 76 ans, est un graphiste formé au Brooklyn College où il découvre le Constructivisme et le Bauhaus. Il devient publicitaire, et part monter son propre studio à Los Angeles. Dans la capitale du cinéma, il rencontre Otto Preminger en 1954 afin de concevoir l'affiche de Carmen Jones. Le réalisateur est tellement séduit par l'approche symbolique du graphiste, en rupture totale avec les standards de l'époque, qu'il lui demande de travailler sur le générique du film, puis sur celui de L'Homme au bras d'or et de tous ses films suivants. La modernité du travail singulier de Bass attire d'autres grands réalisateurs : Hitchcock (pour le

Reprises estivales.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Cette semaine, les années 70 sont en vedette au Grand Action avec les ressorties de Equus , de Sidney Lumet, et du Privé, complété par un Cycle Robert Altman. Nous rendrons hommage la semaine prochaine à la décennie 90, avec la réédition d'un film clé, culte et choc de ces années-là : Fight Club. Pour vous préparer au combat, un Cycle David Fincher débute dès ce mercredi.

Venu du clip, de la publicité et des effets spéciaux, David Fincher a imposé une nouvelle esthétique au thriller, notamment avec Se7en et Zodiac, deux histoires de serial killers aussi obsessionnels dans le crime que le réalisateur l'est derrière sa caméra. Cinéaste méticuleux et d'une précision helvétique, il débute dans le long-métrage en 1992 avec une grosse pression, puisqu'il est chargé d'Alien3, prenant la suite de Ridley Scott et James Cameron. Il relève la gageure avec un film d'une grande noirceur, même si la production imposera de retourner la fin, privant Fincher du "final cut". Il prend totalement la main pour le suivant, Se7en, qui marque le début d'une collaboration fructueuse avec Brad Pitt. Il le retrouve d'ailleurs pour Fight Club, puis pour L'étrange Histoire de Benjamin Button. Cette adaptation d'un court roman surréaliste de Francis Scott Fitzgerald montre la vie à contre courant d'un homme né vieillard, et qui rajeunira jusqu'à mourir bébé. Après avoir co-créé la série House of Card, il réalise aussi

Un été 2017.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Si la lettre hebdomadaire de votre cinéma préféré va prendre quelques congés, le Grand Action, lui, continue de tourner, et avec une nouvelle offre alléchante : la carte CIP. Regroupant 25 salles parisiennes indépendantes, dont la nôtre, cette carte non nominative permet de bénéficier de tarifs intéressants (30€/5 places ou 48€/9 places). Elle sera en vente-test à notre caisse à partir du 10 août, avant d'être généralisée le 23 août. Au-delà de l'offre, la Carte CIP est une façon de marquer votre attachement et votre soutien aux cinémas indépendants. Qui vous en remercient et vous souhaitent un bel été. Et pour le prouver, laissez-nous vous raconter notre programme jusqu'au 23 août, que nous fêterons par une sortie majeure. Révélation à la fin, et commençons par le début.

On commence donc, le 26 juillet, par de la baston philosophique avec Fight Club, film clé des années 90 et œuvre majeure de David Fincher. Deux amis (Edward Norton, dépressif, et Brad Pitt, vendeur de savonnettes), trouvant une forme de rédemption lors de combats sauvages, fondent le Fight Club, bientôt rejoints par d'autres amateurs d'ultraviolence. Mais le "club" prend une étrange tournure, virant à la milice révolutionnaire. Et l'on n'est pas au bout de nos surprises... Hallucinant film à tiroirs adapté d'un roman de Chuck Palahniuk et magistralement mis en scène, Fight Club divisa critique, profession et public lors de sa sortie. Il fallut quelque temps pour qu'on le considère comme un film culte que nous sommes ravis de vous inviter à revoir sur grand écran. Cette ressortie estivale est accompagnée d'un Cycle David Fincher, avec notamment Se7en, Alien 3 et Zodiac projetés en pellicule.

Fincher et son Fight Club seront, avec quelques uns de nos films de ces derniers mois (The Lost City of Z, Certain Women, Equus, Le Privé et l'inénarrable The Big Lebowski), les vedettes de la fin juillet. A partir du 9 août, ils partageront l'affiche avec un Keaton, l'acrobate du rire. On ne présente plus Buster Keaton, maître du burlesque et incroyable performer qui ne sourit jamais. Après avoir débuté en duo avec Roscoe Arbuckle, Keaton prend son envol  avec une série de "deux bobines". Réalisés entre 1920 et 1923, quatre de ses courts-métrages ont été restaurés par Lobster Films et rassemblés en une séance Keaton en quatre. L'artiste passa

Les Proies pour l'ombre.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Voici donc la rentrée et la fin de l'été où l'on part chercher le soleil pour trouver un coin à l'ombre. L'ombre, c'est donc fini et voilà venir Les Proies, le dernier film de Sofia Coppola en sortie nationale, qu'accompagne un Cycle consacré à cette talentueuse jeune cinéaste. Outre ce beau cadeau de rentrée, vous retrouverez aussi notre programme estival avec Wilson, le râleur de bédé inventé par Daniel Clowes et mis en images par Craig Johnson, le burlesque Keaton, l'acrobate du rire, ainsi que le Fight Club de Pitt et Norton arbitré par Fincher, Equus, la folie équestre de Lumet, Le Privé, polar décalé d'Altman, L'extraordinaire Big Lebowski des Coen, la The Lost City of Z de James Gray et Certain Women de Kelly Reichardt. Que de films ! Heureusement, pour tous les voir sans vous ruiner, vous pouvez désormais vous offrir la nouvelle carte CIP. La presse a largement parlé de cette offre des 25 salles parisiennes indépendantes dont, bien sûr, le Grand Action. Non nominative, la carte CIP permet de bénéficier de tarifs préférentiels (de 5 à 6 € par entrée), tout en marquant son attachement à l'indépendance de la programmation. Une bonne action, et une bonne affaire !

Pas sûr que ce soldat Yankee blessé pendant la Guerre de Sécession (Colin Farrell) fasse, lui, une bonne affaire en étant recueilli par les pensionnaires d'un internat du Sud Profond. A l'ombre de ces jeunes filles en fleurs (Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning...), il pourrait bien être une proie… Les Proies, un roman de Thomas Cullinan publié en 1966, fut d'abord adapté au cinéma par Don Siegel qui, en 1971, donna le rôle principal

Des frissons, des rires et des larmes.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Le cinéma partage avec l'amour l'extraordinaire pouvoir de nous faire frissonner et passer du rire aux larmes. Ainsi, on frémit devant Les Proies, le nouveau film de Sofia Coppola, accompagné d'une rétrospective complète de la réalisatrice. Les rires, nous en aurons avec Wilson ou le Cycle Buster Keaton, l'acrobate du rire, et nous verserons quelques larmes sur Le Scaphandre et le papillon, bouleversant film de Julian Schnabel, choisi par le premier Ciné-club Louis Lumière de la saison et projeté mardi 5 septembre en présence du cadreur Berto. Quand au reste de notre programme (Fight Club, Le Privé, The Big Lebowski, The Lost City of Z, Certain Women), il passe allègrement de l'un à l'autre des sentiments pour notre plus grand bonheur.

C'est donc le Ciné-club Louis Lumière qui fait la rentrée des événements de la saison, le mardi 5 à 20h avec Le Scaphandre et le papillon. Jean-Dominique Bauby était un brillant journaliste qui, suite à un AVC, resta prisonnier du locked-in-syndrome : conscient mais totalement paralysé, à l'exception d'une paupière. Il s'en servit pour dicter lettre par lettre son livre, et faire partager cette terrible expérience de l'intérieur. Bauby mourut en 1997, deux jours après la sortie du livre qu'adapta Julian Schnabel 10 ans plus tard. Merveilleusement servi par le duo Seigner-Amalric, ce film, dont le cadreur Berto viendra nous raconter le tournage après la projection, fut un immense succès et obtint le Prix de la Mise en Scène au Festival de Cannes.

En 2017, Sofia Coppola reçut la même récompense pour Les Proies, remake d'un film de Don Siegel d'après un roman de Thomas Cullinan.  Alors que la Guerre de Sécession tonne

Éloge du vide.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Le cinéma peut remplir nos rêves tout en se nourrissant du vide ; un concept qui mérite qu'on s'y arrête. Ainsi, Sofia Coppola montre la vacuité de la vie des jeunes filles du Pensionnat Farnworth dans Les Proies, son dernier film, et dans Upstream Color, notre sortie de la semaine, Shane Carruth nous égare dans une curieuse expérience cinématographique où les personnages sont psychologiquement vidés d'eux-mêmes. Deux exclusivités à découvrir donc, et plein d'autres films des précédents programmes qui tiennent encore l'affiche : les CyclesSofia Coppola et Buster Keaton, ainsi que Wilson Fight Club, Le Privé et les indéboulonnables The Lost City of Z et Certain Women. Le temps fort de la semaine la clôturera mardi 12 avec la reprise du Ciné-club Positif, un grand moment animé par Philippe Rouyer pour présenter Le Samouraï, l'un des chefs d'œuvre de Jean-Pierre Melville filmant un hypnotique Delon.

Tueur froid, mutique et solitaire, Jef Costello, dit Le Samouraï, n'a jamais été condamné. Mais, sévèrement marqué par un commissaire de police pugnace (François Périer) et semblant être au centre d'une machination qui lui échappe, son dernier contrat pourrait bien être... le dernier ! Le Samouraï résume l'immense talent de mise en scène de Melville, tant l'on y retrouve la patte fluide et âpre de ce cinéaste qui filmait comme personne la noirceur baignant la vie des hommes. Philippe Rouyer, passionnant et vibrionnant orateur, viendra nous l'expliquer lors de la présentation de ce Ciné-club Positif de rentrée. Rendez-vous mardi à partir de 19h30, pour un cocktail de bienvenue orchestré par Bruno, de l'Intendance Suivra, avec le Champagne Veuve Cheurlin, les jus bios de Biguine Beauty et les pickles des 3 Chouettes.  Vous serez ainsi à température pour revoir Alain Delon, le plus magnétique des grands fauves du cinéma français dans l'un de ses films emblématiques.

Ingénieur et mathématicien de formation, Shane Carruth est devenu homme orchestre de cinéma, écrivant, produisant, réalisant, montant, éclairant et interprétant ses films, dont il compose également la musique. Ce fut le cas pour Primer, petit bijou que nous projetterons