Harvey Milk

Gus Van Sant

Avec Sean Penn, Josh Brolin, Emile Hirsch

Biopic, Drame US
Durée : 2h 8min
Année de production : 2008
Titre original : Milk

Synopsis

C’est un film dédié à la mémoire d’Harvey Milk, 1930-1978, premier homme politique ouvertement gay à avoir été élu à des fonctions officielles. Pourtant, au début des années 70 à New York, Harvey doit cacher son homosexualité, considérée comme un délit. Profitons en pour rappeler que, jusqu’en 1981, il était de même en France. Les images d’archive qui ouvrent le film rappellent comment l’on traitait alors les « pédés ». L’arrivée d’Harvey et de son amant à San Francisco, La Mecque des hippies, des freaks et des gays, leur permet de vivre au grand jour, puis de plaider la cause de leur communauté. Rapidement, la boutique de photo qu’ils ouvrent dans l’emblématique quartier de Castro, devient l’épicentre de la communauté qu’Harvey Milk va mobiliser pour obtenir des droits. En flash back et grâce au fil rouge d’un enregistrement qu’il réalisa peu avant sa mort, le film retrace les dernières années, publiques et privées, de ce héros gay, de sa prise de conscience à son engagement en politique, puis de son élection à son assassinat. Au travers de cet homme charismatique, fragile et fort à la fois, voici aussi le portrait d’une génération, d’une époque et d’un lieu symbolique. Quelques années après la disparition d’Harvey Milk, le Sida allait faire des ravages à Castro.

« Fascinant », « exaltant », « extraordinaire », la presse s’est chargée de trouver tous les superlatifs pour qualifier le film de Gus Van Sant et la performance de Sean Penn, couronnée par un Oscar. Nous n’en rajouterons pas, même si le scrupuleux et brillant scénario du jeune Dustin Lance Black, parfaitement intégré par Gus Van Sant, le mérite largement. Ce réalisateur éclectique trouve ici la synthèse entre son cinéma d’auteur intransigeant (Last Days) et les productions plus classiques où il parvient également à se glisser (Prête à Tout, Forrester). Van Sant trouve aussi dans Harvey Milk certains de ses sujets de prédilection : la marge et l’homosexualité, qui fut le thème de son premier long métrage expérimental, Mala Noche, en 1987, puis de My Own Private Idaho. Observateur subtil de la société américaine, et particulièrement de sa jeunesse déboussolée, Van Sant réalise pour la troisième fois la chronique d’une mort annoncée. Après les ados tueurs de Colombine (Elephant), le suicide de Kurt Cobain (Last Days), voici l’assassinat d’Harvey Milk. Loin du classique « biopic », le film de Van Sant est un hymne à la tolérance et l’occasion pour Sean Penn d’incarner profondément Harvey Milk. La justesse de son attitude, la précision de son déplacement, sa tenue, son phrasé font oublier l’acteur derrière son personnage. Parmi les autres interprètes, signalons dans le rôle de l’activiste Cleve Jones, Emile Hirsch, le révolté solitaire d’Into the Wild. « Harvey Milk est le meilleur film de l’année » titrait le magazine Rolling Stone. N’exagérons rien, 2009 ne fait que commencer. Mais espérons que les mois à venir nous apportent d’autres chefs d’œuvre de cette trempe.

Bernard-Pierre Molin

Séances

Commentaires   

0 #1 milky wayne 17-03-2009 19:02
excellente critique du film de Franck Kausch dans le positif de ce mois ci
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