Deux salles seulement, mais tous les cinémas.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Certes, le Grand Action ne possède que deux salles. Mais ça ne l'empêche pas d'y accueillir le cinéma dans toute sa diversité, et d'accompagner les films par des débats et des rencontres. Ainsi, entre un cycle Richard Linklater et un autre Abel Ferrara, chacun motivé par une réédition (Slacker) et une sortie (Tommaso), pas moins de 6 événements rythmeront la semaine, autour de fictions et de documentaires américains, russes, grecs ou français.

Le programme des réjouissances débute jeudi avec Ciné-Ma-Russie. Les amis réunis autour de Macha Méril nous proposent Steppe, adapté d'une nouvelle de Tchekhov par Serguei Bondarchouk. Dix ans après son colossal Guerre et Paix (oscar du meilleur film étranger en 1969), ce grand cinéaste soviétique suivait le parcours initiatique d'un jeune garçon dans la Steppe ukrainienne. Projection en 35mm et coupe à 19h30, avant la séance.

Le lendemain (vendredi si vous suivez) à 20h, Les Rendez-vous du Cinéma Grec montreront Notias, réalisé en 2016 par Tassos Boulmetis. Il nous entraîne dans la psyché érotique des années 70 où un gamin réinvente aussi la mythologie à sa manière.

Samedi, à 18h, et comme toutes les semaines jusqu'au 22 février, Quentin Delcourt sera avec les Pygmalionnes, ces femmes de cinéma qu'il a filmées.

A 20h, la programmatrice du Centre Pompidou et instigatrice d'une rétrospective Richard Linklaker viendra nous introduire la séance de Slacker, ressorti mercredi dernier et qualifié par The Gardian de "meilleur film à budget zéro de tous les temps". Non sans remercier Judith Revault d'Allonnes de sa présence samedi, nous en profitons pour vous annoncer qu'un nouveau cycle Richard Linklater (avec notamment Boyhood, Last Flag Flying, A Scanner Darkly, et d'autres) arrive dans nos salles.

Cash est un fanzine cinéphile pointu et exigeant qui organise régulièrement des projections au Grand Action. Dimanche à 18h, l'équipe du magazine y sera pour nous présenter Mad Love in New-York (Heaven Knows What, en VO) dans le cadre de son Ciné-Club Cash. Disciples du Mumblecore, ce courant fauché mais novateur du cinéma new-yorkais, Josh et Benny Safdie ont incité une toxicomane SDF à leur raconter son histoire qu'ils ont ensuite adaptée. Réalisée dans l'urgence et dopée à l'énergie brute d'acteurs non professionnels, son errance tient de la fiction documentaire, tout en revendiquant les influences poisseuses de Schatzberg ou Zulawski. On en parlera lors du débat à suivre.

Le dernier événement aura logiquement lieu mardi soir à 20h, avec un Ciné-club Louis Lumière. Petit changement d'habitudes puisque ce n'est pas un chef opérateur mais le réalisateur Bruno Podalydès, premier responsable de l'image, qui débattra après la projection de son film réalisé en 2009, Bancs Publics, sous-titré Versailles-Rive-Droite, en réponse à son Versailles-Chantiers (Dieu seul me voit) de 1997. Ce grand auteur de comédies douces-amères s'appuie toujours sur sa complicité avec son frère Denis pour poser son regard tendre mais acide sur la vie qui passe. Nous pourrons continuer à échanger avec lui lors du cocktail qui suivra au Grand Bar.

A côté de tous ces événements, vous pourrez retrouver les formidables feignants de Slacker, le cycle Richard Linklater déjà cités, les 10 films d'Abel Ferrara réunis dans son cycle, plus un, son dernier, Tommaso, artiste déglingue et revenu de tout, sauf de la jalousie, incarné par Willem Dafoe. Le même est aussi à l'affiche de The Lighthouse, de Robert Eggers, tandis que Leo DiCaprio et Brad Pitt se partagent celle de Once Upon a Time in Hollywood.

Et nous conclurons avec l'Enfance de l'art. Mercredi à 14h30 et dès 3 ans, on se régalera devant la série d'animation de La Petite Fabrique de Nuages. Dimanche à 14h, ce sera un dessin-animé plus adulte, où Sunao Katabuchi évoque le destin d'une jeune japonaise d'Hiroshima en 1945… Ça s'appelle Dans un Recoin de ce Monde et c'est très beau.

Bonne semaine.

Isabelle Gibbal Hardy et l'équipe du Grand Action.