Des chefs-d’œuvre incontournables restaurés aux films injustement méconnus, les ressorties de l’été en copie neuve et en avant-première, pour (re)découvrir le patrimoine cinématographique mondial.

Pulsions
Brian De Palma

Une jeune femme sexuellement frustrée consulte un psychiatre pour se rassurer. Suite à cette entrevue, elle rencontre un inconnu et passe la nuit avec lui. Alors qu’elle retourne chez lui pour récupérer sa bague oubliée, elle se fait sauvagement assassiner par une mystérieuse femme blonde. Fortement sexué, Pulsions est l’un des premiers films à aborder la question de la représentation du transgenre. La scène du meurtre n’a rien à envier à celle de la douche de Psychose et des séquences hantées par le fantôme de Kim Novak font de ce film un sincère hommage à l’œuvre d’Hitchcock. Un véritable concentré du savoir-faire de Brian De Palma…


La Garçonnière
Billy Wilder

C.C Baxter, employé d’une compagnie d’assurance, prête sa garçonnière à ses collègues infidèles dans l’espoir d’une promotion. Son supérieur y emmènera la jeune et jolie Fran, dont Baxter est secrètement amoureux... Un an après le délicieux et mythique Certains l’aiment chaud, Billy Wilder évoque la faiblesse et la solitude de l’homme, perdu dans l’immensité de bureaux anonymes. Regard acerbe sur l’American Way of Life, cette comédie dramatique drôle et émouvante met en scène Jack Lemmon en « monsieur tout le monde » d’une lâcheté attachante face à une Shirley MacLaine éblouissante de fragilité. Un petit bijou aigre-doux couronné de cinq oscars en 1960.


Le Quai des brumes
Marcel Carné

À la veille de la Seconde Guerre Mondiale, Jean - un soldat déserteur - se rend au Havre dans l’espoir de quitter le pays. Il trouve refuge dans une baraque du port et rencontre Nelly, belle jeune femme sous la coupe d’un misérable tuteur. Emblème du réalisme poétique ; « baromètre de l’orage à venir », dit Carné, Le Quai des Brumes est celui des chiens perdus, des clochards et des criminels. Les dialogues ont la couleur du temps qui englue et la langue de Prévert, étrange et familière, dit les choses essentielles en frappant des mots les plus simples. Rarement la solitude des êtres avait été traduite avec autant de cœur.


Monsieur Verdoux
Charles Chaplin

Employé de banque modèle, Henri Verdoux est réduit au chômage par la crise de 1929. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il épouse de riches veuves qu’il s’empresse de tuer après les noces. Premier film entièrement parlant de Chaplin, Monsieur Verdoux marque la disparition définitive du personnage de Charlot. Le cinéaste règle ses comptes avec la société en faisant de Verdoux un meurtrier raffiné, plus sympathique que ses victimes. Le crime ici prend des airs de routine et cette rengaine dans la méthode n’est pas sans rappeler Les Temps modernes. Une danse macabre donc, mais avant tout une danse, avec son lot d’humour et de dialogues savoureux.


Gloria
John Cassavetes

La famille Dawn vient d’être assassinée par la mafia. Ne restent donc que le petit Phil, confié par ses parents juste avant le massacre à cette étrange voisine, Gloria Swenson, et le legs laissé par le père à son fils. Ce testament empoisonné met les deux rescapés en danger de mort et les conduit dans une fuite sans relâche. Grand retour de Cassavetes sur la côte Est, le film est à la gloire de Gena Rowlands, la muse du cinéaste. Mélo et crudité documentaire se mêlent dans cette géographie urbaine mouvante à la fois réaliste et onirique. Film vital sur l’impossibilité à trouver le repos.


Le Cirque
Charles Chaplin

Pris en chasse par un policier, Charlot se réfugie dans un cirque et déboule sur la piste. Suscitant l’enthousiasme du public, il devient malgré lui la star d’un spectacle et se fait engager comme clown. Dès lors, il tombe follement amoureux de Merna, la belle écuyère. Après La Ruée vers l’or, Le Cirque, propulse l’emblématique Charlot dans un « univers de sciure, de rires et de larmes ». D'abord décrié par Chaplin qui refuse sa projection pendant 40 ans en raison des conditions chaotiques de son tournage, il est aujourd’hui considéré comme un monument du septième art. Parfait équilibre entre burlesque et drame, une œuvre à savourer sans retenue !


La Servante
Kim Ki-Young

Pour soulager sa femme enceinte, Dong-sik, un professeur de piano, embauche une jeune servante. Malgré son apparence de famille modèle, le couple ne résiste pas à cette nouvelle arrivée. La domestique entame un jeu démoniaque dans le but de s’approprier le mari. « Pour un Occidental, la découverte d’un film comme La Servante, plus de 40 ans après, offre un sentiment merveilleux. Merveilleux non seulement parce qu’on découvre un extraordinaire faiseur d’images en la personne de Kim Ki-young, à la fois auteur et réalisateur, mais aussi parce qu’il s’agit d’une œuvre absolument imprévisible. Luis Buñuel possédait donc un frère coréen !» – Jean-Michel Frodon


L'Important c'est d'aimer
Andrzej Zulawski

Nadine Chevalier joue dans des films de seconde zone. Lors d’un tournage, la détresse de cette actrice brisée est captée par le photographe Servais, décidé à tout mettre en œuvre pour l’aider. Une histoire d’amour passionnelle dans un univers violent, pervers et charnel. Adapté du roman La Nuit américaine de Christopher Frank, ce long métrage a permis à Andrzej Zulawski de revenir travailler en Pologne où son précédent film, Le diable, avait été censuré. La femme abattue et le clown triste qu’incarnent Romy Schneider et Jacques Dutronc entrainent ensemble cette œuvre au rang des films cultes.


Stella Femme libre
Michael Cacoyannis

Stella, célèbre chanteuse de cabaret éprise de liberté, mène une vie sans concessions. Aleko, un jeune homme de bonne famille et Milto, star du football issu des quartiers populaires, se disputent son amour dans le but de l’épouser. Présenté à Cannes en 1955, Stella, femme libre est une adaptation d'une pièce d’Iakovos Kambanellis. Hommage à la tragédie grecque autant qu’au film noir américain, le film est avant tout le portrait d’une femme qui s’affranchit du carcan de la société traditionnelle et machiste. Michael Cacoyannis, réalisateur de Zorba le Grec, révèle Melina Mercouri, magistrale dans son premier rôle au cinéma.


Cléo de 5 à 7
Agnès Varda

Cléo, une jeune et belle chanteuse, craint d’être atteinte d’un cancer. Il est 17h et elle doit attendre deux heures avant de récupérer ses résultats d’analyses. Pour tromper sa peur, elle déambule dans Paris et se réfugie auprès de son entourage dont elle ne reçoit que peu de soutien. Alors que la Nouvelle Vague bat son plein, Agnès Varda se fait maîtresse du temps et aborde le deuil de la peur avec l’optimisme des flâneurs. En temps réel, les yeux de Cléo s’ouvrent, le point d’horizon s’estompe et la forme de Varda prend vie.


 

Toutes les séances

Semaine du 22/05 au 28/05/13

Salle Panoramique Henri Langlois

Gatsby le magnifique

Jack Clayton

Avec
Robert Redford, Mia Farrow, Bruce Dern

Salle Club Henri Ginet

Promised Land

Gus Van Sant

Avec
Matt Damon, Rosemarie DeWitt, Frances McDormand

 
 

Passion

Brian De Palma

Avec
Rachel McAdams, Noomi Rapace, Karoline Herfurth

 

Spring Breakers

Harmony Korine

Avec
James Franco, Vanessa Hudgens, Selena Gomez

 

Django Unchained

Quentin Tarantino

Avec
Christoph Waltz, Jamie Foxx, Leonardo DiCaprio

 

Khroustaliov, ma voiture !

Alexei Guerman

Avec
Y. Yarvet, Nina Rouslanova, Y. Tsourilo

 

César doit mourir

Paolo Taviani, Vittorio Taviani

Avec
Cosimo Rega, Salvatore Striano, Giovanni Arcuri

 

L'Etrange créature du lac noir

Jack Arnold

Avec
Richard Carlson, Julie Adams, Antonio Moreno


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