Chères spectatrices, chers spectateurs,

Nous évoquions la semaine dernière la filmographie de Sergio Leone, dont deux films célèbres, Il était une Fois la Révolution et Et pour Quelques Dollars de Plus, tenaient l’affiche. A la demande générale, nous en avons ajouté un troisième : Le Bon, la Brute et le Truand.
Mais les cowboys spaghetti laissent un peu de place aux Inglourious Basterds de Quentin Tarantino (dont Leone est l’une des nombreuses influences), qui vont terminer leur carrière dans notre salle ce week-end. Mardi soir, le Club Positif du mois se fraiera un chemin parmi toute cette violence pour en évoquer une autre forme.

Il existe au moins deux points communs entre les westerns de Leone et le film choisi avec nos amis de Positif : l’origine italienne et l’anticonformiste. Dans le Sourire de ma Mère (L'Ora di religione: Il sorriso di mia madre), le réalisateur Marco Bellocchio raconte la drôle d’aventure d’un artiste libre penseur, dont l’église, dépeinte comme une secte ésotérique, envisage de béatifier la mère. Sergio Castellitto, dans le rôle principal, entre alors en conflit avec sa famille et les autorités chrétiennes pour défendre ses valeurs et même la mémoire de sa mère. Bellocchio est un cinéaste engagé, qui a bien souvent attaqué frontalement les institutions italienne. Le Sourire de ma Mère lui attirera d’ailleurs les foudres du Vatican. Le débat qui suivra la projection de mardi à 20h, animé par Jean A. Gili, journaliste de Positif, sera l’occasion de revenir sur la filmographie, parfois teintée de psychanalyse, de l’auteur. Ce sera aussi l’occasion de voir un film au vitriol, un peu méconnu et magistralement interprété.

Leone, malgré ce que peuvent en dire ses détracteurs, est un cinéaste important. Deux preuves : il a souvent été copié et un seul plan permet d’identifier un de ses films. La plus grande partie de son œuvre a été, du moins en France, répertoriée en deux trilogies, bien que les films n’aient parfois aucun rapport entre eux. Nous vous proposons cette semaine les deux dernières parties de celle dite « du dollar ». Et pour quelques Dollars de Plus est une sorte de suite de Pour une Poignée de Dollars, film au budget ridicule qui avait fait un carton au box office. On y retrouve les mêmes personnages – tueurs crasseux et vénaux - mais dans un luxe de réalisation bien supérieur, sublimé par la restauration que la Cinémathèque de Bologne a offert à la copie. Le Bon, la Brute et le Truand, est le troisième opus, le plus connu, et sans doute le plus abouti, grâce à l’adjonction d’une bonne dose d’humour, plus assumée que dans les deux premiers volets. Vous ne vous y êtes d’ailleurs pas trompés en nous demandant de projeter ce film. C’est chose faite.

Dans l’autre trilogie, celle des « il était une fois », Il Etait une Fois la Révolution est notre préféré, notamment par la force de l’opposition des deux personnages incarnés par James Coburn et Rod Steiger. Egalement restauré, ce western spaghetti à la sauce bolognaise est un pur régal.

Dans un genre plus classique, l’Enfance de l’Art poursuit, après la Flèche Brisée, son exploration du Moyen-Age vu par Hollywood. Dans ce registre, force est de constater que les Aventures de Robin des Bois, réalisé par Michael Curtiz et William Keighley est un must. Le couple Errol Flynn-Olivia de Havilland, sublimé par le technicolor, demeure un grand souvenir cinématographique.

Bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l'équipe du Grand Action