Entendu sur France Inter : le Paris Gay Football Club a du annuler son dernier match car l’équipe adverse, une association sportive musulmane de Créteil, refusait de jouer contre des homosexuels pour des motifs religieux. Ça laisse rêveur et illustre le récent ouvrage que Franck Chaumont, ex-collaborateur de Fadela Amara, consacre aux homos des cités (Homo-ghetto, Ed. Cherche Midi). Bref, voilà de bonnes raisons de parodier Nietzsche et de consacrer un festival à l’homosexualité, plus aisé à vivre de ce côté ci du périphérique. L’attirance pour son sexe a provoqué de très beaux films de cinéma. D’autant que le thème supporte tous les traitements. De la comédie comme Victor Victoria, virevoltante fantaisie de Blake Edwards, ou Priscilla, folle du désert, road-movie excentrique de Stephan Elliot, au drame psychologique comme le terrible Boy’s don’t Cry de Kimberly Peirce, le troublant M. Butterfly, de David Cronenberg ou La Rumeur, une de nos ressorties de l’été, où William Wyler filme avec subtilité l’étrange amitié d’Audrey Hepburn et Shirley MacLaine. L’homosexualité peut-être traitée comme une chronique de l’errance sentimentale – voir Happy Together, de Wong Kar-Wai, Palme du Réalisateur à Cannes en 1997 - ou bien de façon plus politique, fut-elle un peu ambigüe, comme dans Fraise et chocolat de Juan Carlos Tabio et Tomas Guiterrez Alea. Le thème tolère même de flirter avec le fantastique, comme dans Les Prédateurs, de Tony Scott, avec le couple le plus glamour des années 80 : Catherine Deneuve et David Bowie.

My Own Private Idaho est une passerelle aisée entre notre festival Gay Cinéma et celui que nous consacrons à River Phoenix (River Forever). La réédition de cette bouleversante fable trash, filmée de façon expérimentale par Gus Van Sant qui inventait alors son style, met en scène l’amour absolu et déglingué de deux jeunes gays de Portland. Aux côtés de Keanu Reeves, River Phoenix confirmait dans ce film son jeune talent et annonçait sa brillante carrière, écourtée en 1993 pour cause de décès suite à un abus de stupéfiants. En 1985, après être apparu dans des séries télévisées, River Phoenix débutait au cinéma dans Explorers, où Joe Dante racontait l’histoire d’une bande de gamins qui rêvent de rencontres intersidérales. On le retrouvait dans Stand by Me, errance initiatique de Rob Reiner, puis dans Running on Empty (A bout de Course), une de nos autres récentes rééditions, celle d’un film rare de Sidney Lumet qui filmait l’impossible vie d’une famille de fuyards. Son rôle dans Les Experts (Sneakers), polar au casting prestigieux (Robert Redford, Dan Aykroyd, Sidney Poitier, Ben Kingsley) fut l’une des dernières apparitions de River.

Outre ces deux programmations thématiques, nous avons finalement décidé de laisser les Inglourious Basterds de Quentin Tarantino régler leur compte aux nazis pendant encore quelques projections. Si vous avez raté Christoph Waltz en méchant Colonel SS et Brad Pitt en chef texan d’une bande de tueurs juifs, profitez-en. Toujours à la rubrique « mince, je l’ai raté ! », nous projetterons samedi et dimanche Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé, le dernier épisode des aventures du plus célèbres sorciers à lunettes, sorti cet été.
Mercredi à 14h, l’Enfance de l’Art nous régale avec une sélection des meilleurs courts-métrages de Laurel et Hardy, extraordinaire couple de cinéma, parfois parodié, souvent galvaudé, mais jamais égalé. Et ce sera tout pour cette semaine, que nous vous souhaitons excellente.

Isabelle Gibbal-Hardy et l'équipe du Grand Action