Chères spectatrices, chers spectateurs,

« On va boire un coup ? ». La phrase est quasi rituelle en sortant d’une salle de cinéma. Autour d’un verre, on refait le film, on le commente, on l’analyse, on dit ce qu’on a aimé ou ce qui n’a pas plu. On retrouve la parole après le silence de la projection, car le cinéma est aussi un sujet de conversation qui, souvent, en amène d’autres.
Après des mois de travaux, le Grand Action est heureux de vous annoncer que son Grand Bar, tout de rouge et noir vêtu est désormais ouvert les mercredi et samedi après-midi et avant chaque séance spéciale.

Deux événement ponctuent notre semaine : Jeudi à 19h, le Ciné-Club de Sciences-Po réunit les nombreux fans du Big Lebowsky, mythe vivant du cinéma inventé par les frères Coen et magistralement incarné par Jeff Bridges. On peut voir, dans l’aventure délirante de ce dieu des glandeurs et roi du bowling, un parallèle avec le Grand Sommeil de Hawks.
Le second rendez-vous de la semaine se tiendra vendredi à 20h à l’instigation des membres du Al Pacino Fan Club. Nous nous retrouverons devant Donnie Brasco, un film « based on a true story » de Mike Newell, où leur idole interprète un maffieux looser, dupé par un agent du FBI (Johnny Depp) qu’il introduit dans l’Organisation. La projection sera présentée par Christophe Damour, auteur de Al Pacino, le Dernier Tragédien (Editions Scope), est suivie d’une signature- cocktail… Au Grand Bar, bien sûr !

N’allez toutefois pas croire que votre cinéma s’est transformé en débit de boisson. Le programme continue avec, toujours en vedette, My Own Private Idaho, où Gus Van Sant suit la fuite des nuages et la chute des anges. Keanu Reeves et River Phoenix sont les héros blessés de ce film qui joue sur différents registres. Entre fable trash, mélodrame gay, expérimentation cinématographique et road movie souvent drôle, Gus évite l’écueil du glauque pour raconter l’amour impossible de deux prostitués toxicomanes et homosexuels. Nous retrouverons River Phoenix dans Stand by Me, film initiatique de Rob Reiner, où quatre jeunes garçons découvrent la vie en partant à la recherche d’un cinquième. Ces deux productions débutent le cycle River For Ever, pendant lequel vous aurez l’occasion de voir ou revoir les trop rares apparitions de cet éternellement jeune et brillant acteur, qui s’est brûlé dans la drogue à 23 ans.

Encore à l’affiche, nos deux grands films de l’été. D’un côté, la violence débridée et burlesque des Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino, en lutte contre le méchant nazi que « l’on adore détester » : Christopher Waltz, alias Colonel Hans Landa. De l’autre, la mystérieuse évanescence des jeunes filles évanouies du Pique-Nique à Hanging Rock. Peter Weir réalisait en 1975 un film hypnotique et étrange, en évoquant une tragique disparition dans l’Australie Victorienne.

Mercredi à 14h, séance de rattrapage de l’Enfance de l’Art, qui repasse l’excellent Coraline de Henry Selick, brillant réalisateur et complice de Tim Burton. Dans ce très joli conte d’animation, une petite fille délaissée par ses parents explore sa nouvelle maison et, comme Alice, passe de l’autre côté du miroir. Mais le séduisant monde parallèle qu’elle découvre va vite se révélé inquiétant, puis effrayant.

Bonne semaine, et on se retrouve au bar

Isabelle Gibbal-Hardy et l'équipe du Grand Action