Mange tes morts - Tu ne diras point

Jean-Charles Hue

Avec
Jason François, Michaël Dauber, Frédéric Dorkel

Club Louis Lumière 08/09

 
Sweet or not sweet
Mardi, 01 Septembre 2015 00:00

Chères spectatrices, chers spectateurs,
L'événement sweet de ce début septembre, c'est la réédition de Sweetie, le premier long-métrage de Jane Campion. Beaucoup moins sweet, Mange tes Morts, remarquable incursion de Jean-Charles Hue dans la Communauté du Voyage, est le film retenu par le Ciné-Club Louis Lumière de la cette rentrée. Mardi soir, la projection se fera en présence du chef-opérateur Jonathan Ricquebourg qui, il n'y a pas si longtemps, animait ce Ciné-Club. Dans la même rubrique "moins sweet", on peut aussi glisser French Connection et les autres œuvres du cycle William Friedkin, dont le fameux Sorcerer ou le terrifiant Killer Joe. En ajoutant Le Complexe de la Salamandre et À l’Ombre des Potences, nous avons le programme de la semaine dont voici le détail.

Bons chrétiens vivant en tribu, la famille Dorkel habite dans des caravanes posées dans une improbable campagne. Alors qu'elle s'apprête à baptiser le petit dernier, le retour de prison du frère ainé, l'impulsivité du second et l'opportunité d'un larcin vont entrainer la fratrie dans une épopée pathétique et violente, loin des valeurs évangélistes de la communauté. Jean-Charles Hue partage la vie des Gens du Voyage et c'est ainsi qu'il peut pénétrer le monde des Yéniches, un univers complexe, codé, et parfaitement inconnu des "gadjos". Pour son deuxième film, Mange tes Morts, il retrouve la famille de La BM du Seigneur, acteurs aussi amateurs qu'incroyablement justes pour jouer leur (presque) propre rôle. Film de gangsters serré et formidable documentaire anthropologique, Mange tes Morts a été éclairé par le jeune chef-opérateur Jonathan Ricquebourg, qui sera présent lors du débat après la projection. Oui, oui, notre pote Jonathan qui, ancien élève de ENS Louis Lumière, animait le Ciné-Club de l'école au Grand Action. Nous sommes ravis de le retrouver de l'autre côté du miroir, et aussi accoudé au Grand Bar pour le cocktail post-débat.

Brillante étudiante multidiplômée (anthropologie, art, cinéma...), la Néo-Zélandaise Jane Campion est une cinéaste qui compte. Ne serait-ce que parce qu'elle est, à ce jour (et au moins jusqu'à mai prochain), la seule femme a avoir obtenu une Palme d'Or à Cannes. C'était en 1993 pour La Leçon de Piano. Quatre ans plus tôt, Jane réalisait son premier long-métrage, Sweetie. Sweetie, c'est le surnom de Dawn, une jeune femme complètement cinglée et anticonformiste qui débarque dans la vie de sa sœur totalement névrosée, Kay. L'énorme énergie "no limit" de Sweetie va tout balayer, et permettre à la cinéaste Jane d'aborder les thèmes qui deviendront ses sujets de prédilection : le désir féminin, les héroïnes singulières, la quête d'identité et les carcans sociaux. Baignée de lumière et de vie, Sweetie a retrouvé ses couleurs d'origine sur la copie restaurée que nous vous proposons. L'occasion de revivre l'émotion des premiers pas d'une grande réalisatrice.

French Connection est basé sur une histoire vraie. Celle d'un flamboyant trafic de drogue international dont le modèle économique (si l'on peut s'exprimer ainsi) allait faire florès. En 1971, le film, qui fut un énorme succès tant critique que public, allait lancer la carrière de William Friedkin, et celle de Gene Hackman en détective "Popeye" Doyle. Nous vous invitons à redécouvrir ce somptueux polar sur copie neuve, et revivre la fameuse course-poursuite en voiture qui partage la vedette avec Hackman. Un cycle William Friedkin accompagne cette ressortie de prestige. Nous pourrons y revoir Cruising, où un jeune flic, Al Pacino, doit infiltrer le milieu gay SM, Killer Joe, alias Matthew McConaughey, le plus tordu des policiers texans, et surtout Sorcerer, hommage au Salaire de la peur de Clouzot, voyage éreintant au cœur de la jungle et des ténèbres, avec le regretté Bruno Cremer.

Alors que l’Enfance de l’Art nous propose la vision Chaplinienne des Temps Modernes., redisons que À l’Ombre des Potences, western de Nicholas Ray avec James Cagney, est toujours à l'affiche, et que Le Complexe de la Salamandre, le documentaire de Serge Steyer et Stéphane Manchematin consacré à l'artiste Patrick Neu, joue les prolongations samedi à 14h.

Bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l'équipe du Grand Action.

 

Prochainement

Sweetie
Jane Campion

Avec Genevieve Lemon, Karen Colston, Tom Lycos

 

Queen of Earth

Alex Ross Perry

Avec
Elisabeth Moss, Katherine Waterston, Patrick Fugit

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