Manipulations.

Chères spectatrices, chers spectateurs

Le cinéma est un art trompeur qui puise ses racines dans la magie des fantasmagories, ces spectacles forains où, par le jeu de la lumière, des illusionnistes faisaient apparaître des personnages et des monstres. Aujourd'hui, ce sont la mise en scène et le montage qui créent l'illusion et manipulent les spectateurs pour leur plus grand bonheur ! Ainsi, ils apprécient les manipulations temporelles de Tenet, nouveau tour de force du magicien Christopher Nolan, qui cartonne sur nos écrans. Tout comme les explosions de cerveau du Scanners de Cronenberg. D'autres manipulateurs s'amusent à mélanger les genres, les images et les sons avec une totale irrévérence, et c'est tout le projet du Mashup Film Festival (MFF), dont une soirée de prestige se tiendra samedi à 20h au Grand Action. Notre salle est, dans un tout autre registre, plébiscitée par l'ami Vecchiali qui, mardi à 20h, nous fait l'honneur de venir nous présenter son nouveau film : Un Soupçon d'Amour.

Le Mashup, c'est un genre de production qui, né de la rencontre fortuite du cinéma et du numérique, permet toutes les fantaisies. Manipulations de montage, dialogues décalés, collages surréalistes, juxtapositions farfelues - le tout sans aucune limite - crée un nouvel objet filmique, souvent réjouissant. Ainsi, le film vedette du Mashup Film Festival réunit, par un simple montage pirate, le plus incroyable casting hollywoodien. La fine fleur de la castagne (Stallone, Schwartzy, Willis, Van Damme, Norris…), accompagnée de Ford, Cage et Connery, part chasser le T-Rex, dans Dinosaur Hunters, irrésistible délire de Antonio Maria Da Silva. Plein d'autres surprises samedi à 20h, pour la soirée monstres du MFF. Un grand moment de pop-culture.

A moins de revenir de la planète Mars, vous n'avez pas pu échapper à Tenet, le film événement de la rentrée, où des agents naviguent dans le temps pour sauver le monde de la destruction. Le virtuose Christopher Nolan poursuit dans la veine du blockbuster métaphysique et, après Inception et Interstellar, creuse son sillon du film dans le film. La mise en abyme de Tenet se joue en mettant en cause la flèche entropique du temps, qui avancerait de façon inexorable et linéaire. Il est plus important de ressentir que de comprendre. La théorie des multiples temporalités est étudiée en vrai par Julian Barbour. Ce physicien britannique a imaginé le concept d'entaxie - en opposition à l'entropie -, où deux futurs opposés se dérouleraient de chaque côté du big bang. Bon. On va éviter de se prononcer, mais notre seule certitude, c'est que Tenet, qui confirme le talent de John David Washington et Robert Pattinson, est un film à ne pas rater. Un grand spectacle et une étonnante mise en cause de nos certitudes…

Perturber les évidences, c'est aussi ce que fait David Cronenberg dans Scanners, sorti en 1981 et réédité sur une magnifique copie neuve. Cette trouble histoire de médiums qui se mettent le cerveau en surchauffe fut un film culte des années 80. Près de 40 ans plus tard, il n'a rien perdu de son pouvoir de fascination.

Enfin, nous en parlions en début de lettre, mardi 8 septembre à 20h, nous recevrons Paul Vecchiali, merveilleux cinéaste libre qui, à 90 ans passés, sort un nouveau film : Un Soupçon d'Amour. Un Soupçon d'Amour donc, entre Marianne Basler, Fabienne Babe et Jean-Philippe Puymartin, mais aussi bien d'autres choses, car c'est un film de Vecchiali. Nous le verrons mardi en avant-première et en présence de l'équipe, avant de le retrouver, dès le lendemain, sur nos écrans.

Non sans vous dire que Light of my Life, second film de Casey Affleck, conserve quelques séances, terminons avec l'Enfance de l'Art. Mercredi à 14h30, les tout-petits visiteront La Petite Fabrique de Nuages, délicieuse série de dessins-animés aériens, et, dimanche à 14h15, nous suivrons l'apprentissage de Okko et les Fantômes, qui vont aider la jeune fille à grandir. Une merveille de l'animation japonaise signée Kitarō Kōsaka. Excellente semaine.

Belle semaine.

Isabelle Gibbal Hardy et l'équipe du Grand Action.