Chères spectatrices, chers spectateurs,

Sortez robes de soirée, escarpins griffés, smokings décalés ! Voici revenu le temps du Festival de Cannes où la planète cinéma se retrouve sur le tapis rouge de la Croisette. Pour fêter les premiers pas de l’édition 2012, le Grand Action vous propose de suivre en direct son ouverture, montée des marches et projection comprises. Rendez-vous à partir de 19h15 dans notre salle panoramique pour l’arrivée des stars, filmée par Canal + (que nous remercions) et, à 20h, Moonrise Kingdom, montré aux festivaliers et à vous, public-chéri-mon-amour, comme disait Pierre Desproges. Moonrise Kingdom, dernier film de Wes Anderson, l’un de nos réalisateurs culte, sera, bien sûr la vedette de la semaine au Grand Action. Mais Le Solitaire, le polar tendu et premier long-métrage de Michael Mann, et Chroniques Sexuelles d’une Famille d’Aujourd’hui, l’étonnante dissection de la sexualité contemporaine par Jean-Marc Barr et Pascal Arnold, demeurent à l’affiche.

Nous n’avons pas pu voir Moonrise Kingdom qui, selon la tradition du film d’ouverture, ne sera projeté que mercredi à 20h à Cannes, et simultanément au Grand Action. Mais on a largement confiance en Wes Anderson et en sa délicieuse manière de filmer. Nous pouvons toutefois vous dire que l’action se déroule en 1965 ; l’histoire d’amour d’un petit scout à lunette et d’une jolie jeune fille qui partent ensemble pour vivre leur passion dans la baie de Moonrise Kingdom. Le soin apporté à la reconstitution des sixties américaines a poussé le réalisateur à obliger ses deux jeunes vedettes – Kara Hayward et Jared Gilman, que l’on n’a logiquement pas eu l’occasion de beaucoup voir auparavant - à tenir une vraie correspondance, avec des vrais mots écrits à la vraie plume sur une vraie feuille. Vintage ! Comme d’habitude, Anderson, accompagné de Roman Coppola (fils et sœur de), son co-auteur attitré depuis 3 films, a donné au sujet une dimension poétique et fantaisiste, tout en composant des cadres d’une grande beauté. Il a aussi convié d’autres membres de sa bande. Si Owen Wilson manque à l’appel, Bill Murray et Jason Schwartzman ont répondu présent. Ils ont été rejoints par Bruce Willis, Edward Norton, Frances McDormand, Tilda Swinton et même Harvey Keitel pour une brève apparition. Wahou ! Difficile de vous en dire plus, mais on sera ravis de découvrir ce film à vos côtés mercredi soir. Mesdames et messieurs, robes de soirée et smokings sont les bienvenus !

Pendant que Wes Anderson, tout auréolé de son prestige cannois, fait le beau en salle panoramique, en salle Club, on ne s’ennuie pas non plus. D’abord en visionnant la très belle copie numérique du Solitaire, incarné par James Caan devant la caméra de Michael Mann. Ce nouveau tirage a redonné tout son lustre aux couleurs primaires employées par Mann pour son premier long métrage, tourné en 1981. Si le stylisme et les décors évoquent bien ces années 80, le propos - violence, braquage, corruption - n’a pas pris une ride. Tout comme la mise en scène serrée de Mann.

En alternance, nous vous proposons les Chroniques Sexuelles d’une Famille d’Aujourd’hui, cosignées par Jean-Marc Barr et Pascal Arnold. Une petite masturbation du benjamin au lycée, surprise et sanctionnée par l’administration, lève le voile sur la sexualité d’une famille assez ordinaire. La mère s’interroge, le père se rassure, l’ainé se cherche, la cadette s’envoie en l’air à peu près partout et le papy console son veuvage avec une professionnelle. Curieux film, franc, direct et sans concession, que ces Chroniques. Si le dépucelage du jeune onaniste est l’enjeu de départ, il est surtout le prétexte à parler de la sexualité, telle que la pratique les générations d’aujourd’hui. Un sujet fort, trop peu traité, si ce n’est sous l’angle du porno ou de la pure gaudriole, par le cinéma contemporain. Avec son approche presque documentaire et un jeune acteur promis à un bel avenir, Mathias Melloul, les réalisateurs ont lancé un pari intéressant. Bravo messieurs pour cette initiative.

Quant à l’Enfance de l’Art, elle nous invite à suivre Les Aventures de Pinocchio, version réalisée en 1972 par Luigi Comencini, grand cinéaste de l’enfance.

Bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action