Film américain.
Genre : Comédie
Durée : 1h 31min.
Année
de production : 2007 Titre original : The Darjeeling
Limited
A bord du Darjeeling Limited (The
Darjeeling Limited )
Dans un grand hôtel parisien,
un homme, vaguement dépressif, voit débarquer
sa girl-friend avec laquelle il a une relation complexe
et charnelle. Fin de la première partie, un
court-métrage déjà déroutant,
rythmé par une étrange rengaine-hommage à la
ville lumière. Nous retrouvons le dépressif
dans un train en Inde, en compagnie de ses deux frères :
l’un, leader contesté de la fratrie, est
défiguré par un accident de moto, l’autre,
fragile mais élégant, s’apprête à devenir
père dans la douleur. Car la paternité n’est
manifestement pas chose aisée dans cette famille
encore troublée par la disparition du géniteur,
figure que l’on imagine tutélaire et qui
a transmis à ses fils d’improbables et
encombrantes valises, au propre comme au figuré.
L’objectif avoué de ce trip initiatique,
supervisé par l’aîné, est
de recréer le lien entre les frères et
de retrouver leur mère, retirée dans
un couvent indien. Mais ce voyage les conduira d’abord
vers eux-mêmes, en les débarrassant de
leurs valises.
Wes Anderson est un jeune homme élégant
qui accorde un grand soin à l’apparence.
Ici les trois frères, dans leur costume de belle
facture, sont en rupture visuelle (et culturelle) parmi
les Indiens en sari. Mais n’allez pas croire
qu’Anderson ne s’attache qu’à la
surface. Son obsession, c’est la famille. Film
après film, il s’amuse à en inventer
de plus curieuses les unes que les autres. Les trois
fils Whitman sont aussi chics et déroutants
que leur auteur, et leur mère – formidable
Anjelica Huston – est inattendue… comme
un personnage d’Anderson. Car c’est bien
l’inventivité, en dehors des conventions
habituelles, qui conduit le Darjeeling Limited. Œuvre
libre, attachante, esthétique, touchante, le
Darjeeling Limited filme à hauteur d’âme,
sans donner toutes les clés de la compréhension.
Au contraire, la caméra, fluide et légère,
invente des arabesques pour faire sentir plutôt
qu’expliquer. Citons le court-métrage
d’ouverture qui trouve sa justification à la
fin du film, ou bien le beau travelling imaginaire
où défile tout le petit monde des trois
frères. Parfois un peu largué, comme
les personnages, le spectateur prend un grand plaisir à participer à ce
périple et à suivre la bande d’Anderson
(Owen Wilson, Jason Schwartzman, Bill Murray, qui fait
une petite apparition, tout comme Nathalie Portman),
dans laquelle Adrien Brody et Amara Karan font une
entrée remarquée. Et en plus, ça
donne drôlement envie d’aller en Inde !
Bon voyage.